Deux jours d'efforts pour ramener un géant vers le large.
Un matin d'hiver, des pêcheurs du Cap Bon signalent une masse sombre dans les petits fonds près de Kélibia : un cétacé désorienté, incapable de regagner le large. Très vite, gardes maritimes, vétérinaires et bénévoles s'organisent.
Deux jours à tenir la marée
Pendant deux jours, l'animal est maintenu humide, éloigné des rochers et guidé à chaque marée vers les profondeurs. Les cétacés qui s'approchent des côtes tunisiennes sont souvent affaiblis ou déroutés par le bruit sous-marin.
Le travail est méthodique : on protège la peau du soleil, on dégage les évents, on évite tout appui sur les nageoires, et on limite le bruit autour de l'animal. Chaque geste de trop coûte de l'énergie à une bête qui n'en a plus beaucoup.
En Méditerranée, chaque sauvetage est une course contre la montre où chaque heure compte.
Ce que l'échouage raconte de la mer
Au troisième matin, portée par une mer plus calme, la baleine franchit enfin la barre et disparaît vers le large. Sur la plage, l'équipe épuisée retiendra surtout la fragilité de ces géants une fois privés de fond.
Chaque échouage est aussi une information : les équipes relèvent l'espèce, la taille, l'état de l'animal et les circonstances. Mis bout à bout, ces relevés dessinent la santé d'une mer où le trafic maritime, les filets et le bruit pèsent de plus en plus.