RécitFerme & prairiesMilieu urbainMiséricorde envers les animaux
Maltraiter un animal peut-il conduire au châtiment ?
Une femme fut punie pour avoir laissé mourir de faim une simple chatte. Ce hadith rapporté par Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim rappelle que la cruauté envers les animaux n'est jamais anodine devant Dieu.
4 min de lecture · Publié il y a 2 semaines · 12 vues
Le Prophète Muhammad ﷺ raconta un jour à ses compagnons l'histoire d'une femme qui fut punie à cause d'une chatte. Elle l'avait enfermée jusqu'à ce qu'elle meure de faim, sans lui donner à manger ni la laisser libre de chercher elle-même sa nourriture parmi les bestioles de la terre. Ce récit, rapporté à la fois par Sahih al-Bukhari et par Sahih Muslim, est l'un des enseignements les plus connus de la tradition islamique concernant le traitement des animaux.
Le hadith de la femme et de la chatte
Selon la version transmise par les deux recueils, le Prophète ﷺ dit : « Une femme fut châtiée à cause d'un chat qu'elle avait enfermé jusqu'à ce qu'il meure ; elle entra en enfer pour cela. Elle ne lui avait donné ni à manger ni à boire quand elle l'avait enfermé, et elle ne l'avait pas non plus laissé libre de manger les insectes de la terre. » Ce texte, d'une clarté saisissante, ne laisse aucune place à l'ambiguïté : priver un animal de nourriture et de liberté, par simple négligence ou par cruauté, est présenté comme une faute grave.
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Ce hadith est souvent cité aux côtés d'un autre récit, celui de l'homme pardonné pour avoir donné à boire à un chien assoiffé dans un puits, rapporté également dans Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim. Les deux histoires se répondent : l'une montre qu'un geste de bonté envers un animal peut être source de miséricorde divine, l'autre qu'un geste de cruauté peut être source de châtiment. Ensemble, elles dessinent une même leçon, celle d'une responsabilité morale qui ne s'arrête pas aux seuls êtres humains.
Une responsabilité qui dépasse l'utilité
Il est rapporté que les Compagnons, en entendant ce récit, demandèrent au Prophète ﷺ si l'on serait récompensé pour la bonté envers les animaux, tant ce sujet leur semblait nouveau à mettre au même niveau que la bonté envers les hommes. La réponse du Prophète ﷺ, telle que transmise dans ces mêmes recueils, fut affirmative : il existe une récompense pour tout être vivant doté d'un cœur qui souffre ou qui se réjouit. Cette parole élargit considérablement la portée du hadith de la chatte : il ne s'agit pas seulement d'un interdit ponctuel, mais d'un principe général selon lequel la souffrance infligée à un animal, sans nécessité ni raison légitime, engage une responsabilité devant Dieu.
Selon certains commentateurs, ce hadith enseigne aussi que la faute de cette femme ne résidait pas dans le fait d'avoir capturé ou gardé un animal chez elle, mais dans le fait de l'avoir privé des moyens élémentaires de survie tout en l'empêchant de se nourrir par lui-même. La cruauté ne se limite donc pas aux coups ou aux blessures visibles : l'abandon, la négligence et l'indifférence face à la souffrance d'un être vivant peuvent, eux aussi, être considérés comme des formes de maltraitance.
Un fil rouge pour notre rapport aux animaux
Ce hadith continue d'être médité aujourd'hui, notamment par ceux qui s'interrogent sur la juste manière de traiter les animaux domestiques, qu'il s'agisse de chats, de chiens ou de tout autre animal placé sous la garde de l'homme. Il rappelle qu'un animal confié à nos soins n'est pas un objet dont on dispose librement, mais un être vivant dont le bien-être engage notre conscience.
Ainsi, ce récit invite chacun, aujourd'hui comme hier, à veiller avec sérieux au bien-être des animaux qui croisent son chemin : leur offrir nourriture, eau et liberté de mouvement n'est pas un geste accessoire, mais un acte de miséricorde qui trouve un écho profond dans l'enseignement prophétique. Prendre soin d'un animal, même le plus modeste, c'est répondre à un appel à la bonté qui ne connaît pas de frontière entre les espèces.