RécitFerme & prairiesMilieu urbainMiséricorde envers les animaux
Pourquoi ne faut-il pas faire souffrir un animal inutilement ?
Un jour, une femme fut vouée à la Géhenne pour avoir laissé mourir de faim un chat qu'elle avait enfermé. Ce récit rapporté par le Prophète ﷺ enseigne pourquoi la souffrance animale inutile n'est jamais anodine en islam.
4 min de lecture · Publié il y a 1 semaine · 13 vues
Un jour, le Prophète Muhammad ﷺ raconta à ses compagnons l'histoire d'une femme qui fut punie à cause d'un chat. Elle l'avait enfermé jusqu'à ce qu'il meure de faim, sans lui donner à manger ni à boire, et sans même le libérer pour qu'il puisse chasser de quoi se nourrir par lui-même. Ce hadith, rapporté dans Sahih al-Bukhari et dans Sahih Muslim, montre avec une clarté saisissante que la cruauté envers un animal, même de petite taille, a un poids réel devant Dieu.
Un châtiment pour une cruauté gratuite
Ce qui frappe dans ce récit, ce n'est pas seulement la mort de l'animal, mais l'intention et la négligence qui l'ont causée. La femme n'a pas tué le chat par nécessité, ni pour se nourrir, ni pour se protéger d'un danger : elle l'a simplement laissé souffrir, enfermé, impuissant. C'est cette souffrance inutile, évitable, qui est condamnée. Le Prophète ﷺ précise qu'elle ne lui donna ni à boire ni à manger et qu'elle ne le laissa pas non plus chercher sa nourriture parmi les insectes de la terre. Chaque option lui était pourtant accessible : nourrir l'animal, ou simplement le laisser partir. Elle n'a choisi ni l'une ni l'autre.
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À l'inverse, dans un autre hadith bien connu rapporté également par Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim, un homme assoiffé descendit dans un puits pour boire, puis remonta et vit un chien haletant de soif, léchant la terre humide. Touché de compassion, il redescendit, remplit sa chaussure d'eau, la tint dans sa bouche pour remonter, et donna à boire au chien. Le Prophète ﷺ enseigna que Dieu lui pardonna ses péchés grâce à ce geste. Ces deux récits, mis côte à côte, dessinent une même leçon sous deux visages opposés : l'un montre la conséquence de l'indifférence cruelle, l'autre la récompense de la miséricorde silencieuse.
Une règle qui dépasse l'utilité immédiate
Ces enseignements ne se limitent pas à des cas isolés. Ils posent un principe général : la vie et le bien-être d'un animal ne sont jamais négligeables, même lorsque cet animal ne « sert » à rien pour l'être humain. Le chat de la femme n'avait pas de valeur économique ou pratique évidente à ses yeux, et c'est précisément pour cela que son sort révèle une vérité profonde : la miséricorde ne se mesure pas à l'utilité de celui qui la reçoit. Un animal souffrant n'a pas besoin d'être « utile » pour mériter d'être secouru.
Il est rapporté que le Prophète ﷺ a également interdit de faire souffrir les animaux par jeu ou par négligence, rappelant que chaque créature obéit à sa manière à son Créateur. Le Coran évoque d'ailleurs, dans la sourate An-Nur, que toutes les créatures glorifient Dieu chacune à sa façon, ce qui invite à considérer les animaux non comme de simples objets, mais comme des êtres ayant leur propre place dans la création.
Ce que cela nous enseigne aujourd'hui
Ces récits nous rappellent une chose simple mais essentielle : infliger une souffrance évitable à un animal, que ce soit par cruauté, par jeu ou par simple négligence, est incompatible avec l'esprit de miséricorde enseigné par le Prophète ﷺ. Cela concerne aussi bien les animaux domestiques que les animaux sauvages, les grands comme les petits.
Prendre soin des animaux qui dépendent de nous, leur assurer nourriture, eau et liberté de mouvement, ou simplement les laisser vivre sans leur causer de tort inutile, s'inscrit dans une bienveillance que l'islam place très haut. Chaque geste de compassion envers une créature, même minuscule, compte ; et chaque négligence qui cause une souffrance évitable en porte le poids. C'est cette conscience-là que le fil rouge de notre miséricorde envers les animaux cherche à raviver au quotidien.