Un petit moineau perché sur un buisson dans un paysage désertique baigné de lumière dorée.
Récit Ferme & prairies Milieu urbain Histoires des hadiths

Le moineau pris comme cible : pourquoi le Prophète ﷺ l’a-t-il condamné ?

Un jeune homme tue un moineau sans raison, par simple jeu, et le laisse gisant dans le sable. Ce geste anodin en apparence allait recevoir une mise en garde sévère du Prophète ﷺ.

3 min de lecture · Publié il y a 2 semaines · 80 vues

Un jour, un homme s'amusa à viser un moineau avec un instrument de jet, sans intention de le manger ni de s'en servir pour une quelconque utilité. L'oiseau mourut sur le coup, abandonné là où il était tombé, victime d'un divertissement passager. Cette scène, en apparence insignifiante, allait pourtant devenir l'objet d'un enseignement prophétique d'une grande portée.

Un hadith qui interpelle

Il est rapporté, selon une tradition authentifiée, que le Prophète ﷺ a mis en garde contre le fait de tuer un animal « en vain », c'est-à-dire sans but légitime. Il est ainsi rapporté dans les recueils de hadiths, notamment par l'imam An-Nasa'i, que quiconque tue un moineau ou tout autre petit animal sans raison valable sera questionné par Allah au Jour du Jugement sur cet acte. Le Prophète ﷺ aurait précisé qu'un tel animal viendrait se plaindre à Allah, disant : « Ô Seigneur, untel m'a tué en vain, sans aucune utilité. »

Publicité
Publicité

Ce hadith, consigné également dans d'autres sources transmises par les compagnons, insiste sur une distinction essentielle : il ne s'agit pas d'interdire la chasse ou l'abattage des animaux pour se nourrir, ce qui demeure permis dans le cadre fixé par la loi islamique. Ce qui est condamné, c'est l'acte gratuit, le jeu cruel, le fait d'ôter une vie sans nécessité ni bénéfice, uniquement pour se divertir ou tester son adresse.

La portée de cet enseignement

Les savants qui ont commenté ce hadith soulignent qu'il révèle une vision globale de la création dans l'islam : chaque être vivant, aussi petit soit-il, possède une valeur devant Allah. Le moineau, cet oiseau modeste que l'on croise partout sans y prêter attention, devient ici le symbole de toutes les créatures vulnérables, celles dont la vie peut sembler sans conséquence aux yeux des hommes, mais qui ne le sont jamais aux yeux du Créateur.

Il est également rapporté, dans un hadith authentique relaté par l'imam Muslim, que le Prophète ﷺ a évoqué le cas d'une femme damnée pour avoir enfermé une chatte jusqu'à ce qu'elle meure de faim, sans la nourrir ni la laisser chercher sa propre nourriture. Ces deux récits, celui du moineau et celui de la chatte, se répondent : l'un condamne l'acte violent et gratuit, l'autre la négligence et l'abandon. Ensemble, ils dessinent les contours d'une éthique animale exigeante, où la responsabilité humaine envers les créatures ne s'arrête jamais, qu'il s'agisse d'agir avec cruauté ou de simplement détourner le regard.

Une leçon pour notre rapport aux animaux

Ce que cet enseignement nous rappelle, c'est que la bienveillance envers les animaux ne relève pas d'un choix accessoire, mais d'une dimension essentielle de la foi. Tuer sans but, blesser par jeu, s'amuser de la souffrance d'un être vivant : voilà ce que la tradition prophétique désigne clairement comme répréhensible. À l'inverse, épargner, nourrir, protéger — même la plus petite des créatures — compte parmi les actes qui rapprochent le croyant de la miséricorde divine.

Aujourd'hui encore, cette histoire du moineau résonne comme une invitation simple mais profonde : observer la vie autour de nous avec respect, ne jamais considérer un animal comme un jouet ou une cible, et se rappeler que chaque geste envers une créature, aussi discrète soit-elle, laisse une trace dans la balance des actes.

Sources

Récit relu par l'équipe éditoriale Animalia.

Commentaires (0)

Pas encore de commentaire.

Publicité
Haut
Actualités

🚩 Signaler ce contenu

Pourquoi le signalez-vous ?

Les signalements sont anonymes. Un contenu contraire aux règles est retiré.