Non : les souris domestiques (Mus musculus domesticus) ne raffolent pas particulièrement du fromage. Les tests de préférence alimentaire montrent qu'elles privilégient nettement les graines, céréales et aliments sucrés, riches en glucides, plutôt que les produits laitiers fermentés comme le fromage.
Ce que révèlent les tests de préférence
Des études comportementales en laboratoire, où l'on propose simultanément plusieurs aliments à des souris, montrent une attirance marquée pour le sucre, le beurre de cacahuète, le chocolat ou les graines de céréales. Le fromage, quand il est comparé à ces options, arrive généralement en position secondaire : son odeur forte peut même être perçue comme repoussante par certains individus, l'odorat étant le sens dominant chez cette espèce pour l'exploration alimentaire. Physiologiquement, la souris est un rongeur granivore et omnivore opportuniste dont le régime naturel est composé majoritairement de graines, de fruits et d'insectes, ce qui explique cette préférence pour les sucres rapides et l'amidon.
L'origine de l'image du « fromage préféré des souris » est probablement culturelle et historique plutôt que biologique. Dans les celliers et garde-mangers traditionnels, le fromage était souvent l'un des seuls aliments laissés à l'air libre ou mal protégé, à la différence des céréales et farines conservées dans des sacs ou des jarres fermées. Les souris venaient donc au fromage non par goût prononcé, mais parce que c'était l'aliment le plus accessible et détectable par son odeur puissante, facilement repérable même à distance.
Conséquence pratique pour la lutte contre les rongeurs
Cette réalité biologique a une implication concrète pour le piégeage et la prévention des invasions : un appât à base de céréales, de beurre de cacahuète ou de chocolat est statistiquement plus efficace qu'un morceau de fromage pour attirer une souris domestique. Pour la gestion durable des populations de rongeurs autour des habitations ou des exploitations agricoles, mieux vaut donc s'appuyer sur ces préférences réelles plutôt que sur l'image populaire, et solliciter si besoin un professionnel de la lutte antiparasitaire pour un diagnostic adapté.
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