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Bronchopneumonie du chat
La bronchopneumonie est une infection du tissu pulmonaire lui-même, et non plus seulement du nez ou de la gorge. Les alvéoles, minuscules sacs où l'oxygène passe dans le sang, se remplissent de liquide et de cellules inflammatoires : la sur...
De quoi s'agit-il ?
La bronchopneumonie est une infection du tissu pulmonaire lui-même, et non plus seulement du nez ou de la gorge. Les alvéoles, minuscules sacs où l'oxygène passe dans le sang, se remplissent de liquide et de cellules inflammatoires : la surface d'échange diminue et le chat manque d'air.
Chez le chat, elle est rarement primitive : elle survient presque toujours à la suite d'autre chose, une infection respiratoire haute qui descend, une fausse route alimentaire, des parasites pulmonaires ou une maladie affaiblissante.
C'est une affection sérieuse, qui demande une prise en charge rapide.
À retenir
Une difficulté respiratoire chez le chat est toujours une urgence. Le chat compense longtemps puis décompense brutalement : entre le moment où il respire seulement un peu vite et celui où il est en détresse, il peut ne s'écouler que quelques heures. Ne temporisez jamais une nuit.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Respiration rapide et superficielle au repos, effort visible du ventre à chaque mouvement.
Toux, parfois discrète voire absente : contrairement au chien, un chat peut avoir une pneumonie sans tousser beaucoup.
Fièvre, abattement marqué, chat prostré qui se cache.
Perte d'appétit et déshydratation en un ou deux jours.
Écoulement nasal, souvent épais, quand l'infection vient des voies hautes.
Dans les formes avancées : respiration bouche ouverte, muqueuses grises ou bleutées, position assise avec les coudes écartés. Il s'agit alors d'une urgence vitale.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
Des bactéries s'installent dans les poumons, le plus souvent après un événement qui a ouvert la voie.
Descente d'une infection respiratoire haute, notamment un coryza mal soigné, chez le chaton et le chat fragile.
Fausse route : liquide ou aliment inhalé lors d'un vomissement, d'une régurgitation, d'un gavage forcé ou d'une administration de médicament liquide mal réalisée.
Parasites pulmonaires, qui abîment le tissu et laissent la place aux bactéries.
Corps étranger inhalé, comme un brin d'herbe.
Affaiblissement des défenses : FIV, leucose féline, maladie chronique, traitement immunosuppresseur.
Chaton et chat âgé, dont les défenses sont moins efficaces.
Antécédent récent de coryza.
Chat qui vomit ou régurgite souvent, ou qui a du mal à avaler.
Administration de nourriture ou de médicament liquide à la seringue sans technique adaptée.
Anesthésie récente, alitement, maladie chronique.
Accès à l'extérieur, avec exposition aux parasites pulmonaires.
Vie en collectivité et stress.
Transmission
La bronchopneumonie en elle-même ne se transmet pas d'un chat à l'autre.
En revanche, l'infection respiratoire haute qui l'a précédée, elle, est très contagieuse entre chats : c'est elle qu'il faut isoler et prévenir.
Elle ne se transmet pas à l'être humain.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire commence par évaluer l'urgence : fréquence respiratoire, couleur des muqueuses, effort respiratoire. Un chat très gêné est d'abord mis sous oxygène et stabilisé avant tout examen.
Les radiographies du thorax confirment l'atteinte pulmonaire et précisent son étendue.
Une prise de sang évalue l'infection, l'hydratation et l'état général.
Un prélèvement des voies respiratoires basses peut être réalisé pour identifier les bactéries en cause et déterminer les antibiotiques efficaces.
Un examen des selles recherche les parasites pulmonaires.
Un dépistage du FIV et de la leucose est fréquemment proposé.
Traitement
Le traitement associe une antibiothérapie prescrite par le vétérinaire, choisie si possible d'après les prélèvements, et des soins de soutien.
L'oxygénothérapie est mise en place dès que la respiration est difficile ; une hospitalisation est souvent nécessaire les premiers jours.
Une perfusion corrige la déshydratation et fluidifie les sécrétions ; à l'inverse, un chat asséché évacue mal ce qu'il a dans les poumons.
La nébulisation, suivie de petites tapes sur le thorax pour aider à décoller les sécrétions, fait partie des soins classiques : la technique s'apprend auprès du vétérinaire.
Un antiparasitaire est ajouté lorsqu'une origine parasitaire est retrouvée.
Le traitement antibiotique se poursuit souvent plusieurs semaines, bien au-delà de l'amélioration visible : ne l'interrompez jamais de vous-même.
Les antitussifs sont à proscrire ici : la toux sert à évacuer les sécrétions.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Vacciner et soigner correctement les infections respiratoires hautes, avant qu'elles ne descendent.
Ne jamais donner d'aliment ou de médicament liquide de force et rapidement : demandez au vétérinaire de vous montrer la bonne technique, la fausse route est un accident fréquent et évitable.
Traiter régulièrement contre les parasites, selon le protocole adapté au mode de vie du chat.
Surveiller de près un chat qui régurgite ou peine à avaler, et en chercher la cause.
Supprimer la fumée et les irritants du logement.
Complications possibles
Manque d'oxygène sévère, avec risque vital à court terme.
Accumulation de pus autour des poumons : voir la fiche Épanchement pleural du chat.
Diffusion de l'infection dans tout l'organisme.
Dilatation définitive de certaines bronches, source de toux et d'infections à répétition.
Rechute en cas de traitement antibiotique écourté.
Quand consulter un vétérinaire
Votre chat respire vite au repos, avec effort, ou bouche ouverte : urgence vitale, allez immédiatement chez un vétérinaire.
Ses gencives sont pâles, grises ou bleutées.
Il est fiévreux, prostré, et ne mange plus.
Il tousse depuis plus de deux jours, ou tousse et respire mal en même temps.
Il a récemment vomi ou reçu un liquide à la seringue et se met à tousser dans les heures qui suivent.
Pronostic
Pris en charge tôt, un chat adulte par ailleurs en bonne santé récupère le plus souvent bien, en quelques semaines de traitement.
Le pronostic est plus réservé chez le chaton, le chat âgé, le chat immunodéprimé, et lorsque l'infection fait suite à une fausse route étendue.
Un traitement interrompu trop tôt expose à une rechute plus difficile à traiter que l'épisode initial.
Questions fréquentes
Mon chat ne tousse presque pas, cela peut-il quand même être une pneumonie ?
Oui. Beaucoup de chats atteints toussent peu ou pas du tout. Le signe le plus fiable est la respiration : comptez les mouvements du thorax quand votre chat dort paisiblement. Une respiration nettement plus rapide que d'habitude au repos justifie une consultation.
Est-ce que je peux attraper la maladie de mon chat ?
Non. Les bactéries en cause dans la bronchopneumonie du chat ne se transmettent pas à l'être humain dans les conditions habituelles de la vie domestique.
Pourquoi le traitement dure-t-il si longtemps alors qu'il va déjà mieux ?
Le tissu pulmonaire met beaucoup plus de temps à s'assainir que les signes à disparaître. Arrêter dès que le chat va bien laisse une infection résiduelle qui repart, souvent avec des bactéries devenues plus difficiles à traiter.
Comment éviter une fausse route quand je donne un médicament liquide ?
Ne visez jamais le fond de la gorge : la seringue se place sur le côté, derrière les crocs, et le liquide se donne lentement, par petites quantités, en laissant le chat déglutir. Faites-vous montrer le geste en consultation, cela évite un accident sérieux.
Références
AAFP — American Association of Feline Practitioners
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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