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Endocardose mitrale

L'endocardose mitrale est la maladie cardiaque la plus fréquente du chien, surtout chez les petites races vieillissantes. La valve mitrale, qui sépare les deux cavités gauches du cœur, s'épaissit et se déforme avec le temps. Elle ne se refe...

De quoi s'agit-il ?

L'endocardose mitrale est la maladie cardiaque la plus fréquente du chien, surtout chez les petites races vieillissantes. La valve mitrale, qui sépare les deux cavités gauches du cœur, s'épaissit et se déforme avec le temps.

Elle ne se referme plus correctement : à chaque battement, une partie du sang repart en arrière au lieu d'être envoyée vers le corps. C'est ce reflux que le vétérinaire entend au stéthoscope sous la forme d'un souffle.

La maladie évolue très lentement. Beaucoup de chiens vivent des années avec un souffle sans jamais montrer le moindre signe ; chez d'autres, le cœur finit par ne plus compenser et l'insuffisance cardiaque s'installe.

À retenir

Une détresse respiratoire chez un chien connu cardiaque est une urgence vitale : ne pas attendre le lendemain.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Au début, aucun signe : la maladie est découverte lors d'une visite de routine, quand le vétérinaire entend un souffle.

Plus tard, une toux sèche, souvent le soir, la nuit ou après un effort.

Une fatigue nouvelle : le chien traîne en promenade, s'arrête, réclame de rentrer.

Une respiration plus rapide, même au repos et pendant le sommeil.

Un essoufflement pour des efforts qui ne posaient aucun problème auparavant.

Aux stades avancés, une gêne respiratoire marquée, une perte d'appétit et un abattement, parfois un malaise bref avec perte de connaissance.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

La valve se transforme progressivement : son tissu s'épaissit, se charge d'un matériel gélatineux et perd sa souplesse. Les cordages qui la retiennent s'allongent et peuvent se rompre.

C'est un phénomène de vieillissement du tissu valvulaire, très largement influencé par la génétique de la race.

Aucune infection ni alimentation particulière n'en est responsable ; il ne s'agit pas d'une maladie que le chien attrape.

L'âge : la fréquence augmente nettement à partir de la maturité et concerne une grande partie des petits chiens âgés.

La race et la taille : les petites races sont de loin les plus touchées, avec une prédisposition marquée et précoce chez le Cavalier King Charles, et une fréquence élevée chez le Caniche, le Teckel, le Chihuahua, le Yorkshire, le Bichon et leurs croisements.

Le sexe mâle est un peu plus représenté.

Un chien issu de parents atteints jeunes a plus de risque de développer la maladie tôt.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Tout commence par l'auscultation : le souffle est le premier indice, et sa découverte justifie un bilan même chez un chien qui va bien.

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Une radiographie du thorax permet de juger la taille du cœur et de rechercher du liquide dans les poumons.

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L'échographie cardiaque est l'examen de référence : elle confirme l'atteinte de la valve, mesure le retentissement sur les cavités du cœur et détermine le stade exact, ce qui conditionne la décision de traiter ou non.

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Un électrocardiogramme est ajouté si le rythme est irrégulier, et une prise de sang évalue les reins avant tout traitement.

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À la maison, le vétérinaire vous demandera souvent de compter les mouvements respiratoires du chien pendant son sommeil : c'est un indicateur simple et précieux pour repérer une aggravation avant les signes visibles.

Traitement

Il n'existe pas de moyen de réparer la valve en pratique courante ; l'objectif est de ralentir l'évolution puis de soulager le cœur.

Tant que le cœur n'est pas dilaté, aucun médicament n'est nécessaire : on surveille avec des contrôles réguliers.

Lorsque l'échographie montre un cœur qui commence à se dilater, un médicament de la famille des inodilatateurs est prescrit : il retarde de façon démontrée l'apparition de l'insuffisance cardiaque.

Quand du liquide s'accumule dans les poumons, le traitement associe des diurétiques et des médicaments qui allègent le travail du cœur, dont des inhibiteurs de l'enzyme de conversion.

Une alimentation modérément réduite en sel et le maintien d'un poids correct font partie du traitement.

Toutes les doses sont fixées par le vétérinaire, réévaluées à chaque contrôle, et ne doivent jamais être modifiées de votre propre initiative : un excès de diurétique abîme les reins, un arrêt brutal peut déclencher une crise.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

On ne peut pas empêcher la dégénérescence de la valve.

Le levier le plus efficace est la sélection : ne pas faire reproduire un chien atteint jeune, et privilégier les lignées dépistées dans les races à risque.

Pour un chien déjà porteur d'un souffle, la prévention consiste à éviter l'aggravation : poids de forme, exercice régulier mais sans excès, détartrage et soins dentaires réguliers, traitement antiparasitaire à jour, et surtout respect du rythme de contrôles fixé par le vétérinaire.

Une auscultation à chaque visite annuelle, et deux fois par an chez le petit chien âgé, permet de détecter le souffle avant les symptômes.

Complications possibles

L'œdème pulmonaire : le liquide passe dans les poumons et provoque une détresse respiratoire, qui est une urgence.

La rupture d'un cordage valvulaire, qui aggrave brutalement le reflux et peut faire basculer un chien stable en quelques heures.

Des troubles du rythme cardiaque, à l'origine de malaises ou de pertes de connaissance.

Une hypertension pulmonaire, qui accentue la fatigue et l'essoufflement.

Plus rarement, une déchirure de la paroi de l'oreillette gauche, de pronostic très sombre.

Quand consulter un vétérinaire

Votre chien respire plus de trente à quarante fois par minute pendant son sommeil, plusieurs soirs de suite.

Il tousse la nuit, ou une toux ancienne devient plus fréquente.

Il se fatigue en promenade alors qu'il tenait le rythme il y a peu.

Il a fait un malaise, s'est écroulé quelques secondes puis s'est relevé.

Il respire la bouche ouverte, le cou tendu, ou ses gencives virent au bleu : c'est une urgence, allez chez le vétérinaire immédiatement.

Pronostic

Un chien porteur d'un souffle sans dilatation du cœur peut vivre des années sans aucun traitement ni gêne.

Une fois le traitement instauré au bon stade, l'apparition de l'insuffisance cardiaque est retardée de façon significative.

Après le premier épisode d'œdème pulmonaire, l'espérance de vie est plus limitée, mais une qualité de vie confortable reste possible plusieurs mois à plusieurs années lorsque le traitement est bien suivi.

Le pronostic dépend surtout du stade au moment du diagnostic et de la régularité des contrôles.

Questions fréquentes

Mon vétérinaire a entendu un souffle mais mon chien va très bien : faut-il s'inquiéter ?

Non, mais il faut le suivre. Beaucoup de chiens vivent longtemps avec un souffle sans jamais tomber malades. Une échographie permet de savoir si le cœur commence à se dilater : c'est ce stade précis qui déclenche la mise sous traitement, et le traiter au bon moment change réellement l'évolution.

Comment compter la respiration de mon chien à la maison ?

Quand il dort calmement, comptez pendant une minute le nombre de fois où sa poitrine se soulève. Notez le chiffre sur un carnet ou votre téléphone. Une valeur qui monte nettement au fil des jours est un signal d'alerte fiable, souvent plus précoce que la toux.

Mon chien tousse : c'est forcément le cœur ?

Pas du tout. Chez un petit chien âgé, la toux peut venir du cœur, mais aussi d'un collapsus trachéal ou d'une bronchite chronique, et les trois coexistent souvent. Seul un examen avec radiographie permet de faire la différence, et le traitement n'est pas le même.

Faut-il arrêter les promenades ?

Non. L'exercice régulier et modéré est bénéfique. Ce qu'il faut éviter, ce sont les efforts intenses, les jeux essoufflants et les sorties aux heures chaudes. Laissez votre chien donner le rythme et arrêtez-vous dès qu'il ralentit.

Références

MSD Veterinary Manual

WSAVA — World Small Animal Veterinary Association

AVMA — American Veterinary Medical Association

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026

EN BREF

AgentAutre
EspèceChien
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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