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Épilepsie du chat
Une crise d'épilepsie est une décharge électrique anormale et brutale dans le cerveau. Elle se traduit le plus souvent par une perte de contact avec l'environnement et des mouvements incontrôlés. Chez le chat, une crise n'est pas une maladi...
De quoi s'agit-il ?
Une crise d'épilepsie est une décharge électrique anormale et brutale dans le cerveau. Elle se traduit le plus souvent par une perte de contact avec l'environnement et des mouvements incontrôlés.
Chez le chat, une crise n'est pas une maladie en soi mais un symptôme : elle impose de rechercher ce qui l'a provoquée, dans le cerveau ou ailleurs dans l'organisme.
Une crise isolée est impressionnante mais dure généralement moins de deux minutes. La situation devient dangereuse quand les crises se répètent ou se prolongent.
À retenir
Une crise qui se prolonge au-delà de quelques minutes, ou des crises qui s'enchaînent sans réveil entre elles, mettent la vie du chat en jeu : c'est une urgence immédiate.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Perte de contact : le chat ne répond plus, le regard est fixe.
Chute sur le côté, raidissement puis mouvements de pédalage des quatre pattes.
Tremblements, contractions du visage, mâchonnements.
Salivation abondante, émission d'urine ou de selles pendant la crise.
Certaines crises restent partielles : contractions d'une partie du corps, secousses d'une paupière, chat qui semble poursuivre quelque chose d'invisible, se lèche ou se mord sans raison.
Avant la crise, le chat peut paraître inquiet, coller son propriétaire ou se cacher.
Après la crise vient une phase de récupération : démarche titubante, désorientation, agitation, faim ou soif intenses, parfois une agressivité inhabituelle qui n'a rien d'intentionnel. Elle peut durer de quelques minutes à plusieurs heures.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
Les causes se répartissent en deux grands groupes.
Les causes situées dans le cerveau lui-même : tumeur, inflammation ou infection du système nerveux, séquelle d'un traumatisme crânien, malformation, accident vasculaire.
Les causes extérieures au cerveau, qui le perturbent à distance : chute du sucre sanguin, maladie du foie, insuffisance rénale, troubles minéraux, hypertension artérielle.
Les intoxications sont une cause majeure et souvent évitable chez le chat : insecticides destinés au chien et appliqués par erreur sur un chat, produits ménagers, antiparasitaires non adaptés, certaines plantes, médicaments humains.
Lorsque tout le bilan revient normal, on parle d'épilepsie sans cause identifiée, moins fréquente chez le chat que chez le chien.
Accès à des produits toxiques, en particulier les antiparasitaires pour chien à base de perméthrine, très dangereux pour le chat.
Antécédent de traumatisme crânien.
Maladies du foie, des reins ou du métabolisme.
Âge avancé, avec une part plus importante de causes tumorales ou vasculaires.
Infections touchant le système nerveux.
Hypertension artérielle non dépistée.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le récit du propriétaire est un élément clé : durée, aspect des mouvements, comportement avant et après. Une courte vidéo prise pendant la crise, si cela peut se faire en sécurité, aide énormément le vétérinaire.
Un examen neurologique complet cherche à savoir si le cerveau présente une anomalie en dehors des crises.
Un bilan sanguin et urinaire recherche les causes extérieures au cerveau : sucre, foie, reins, minéraux.
La pression artérielle est mesurée et les tests viraux félins sont souvent réalisés.
Si ce premier bilan est normal, une imagerie du cerveau et une analyse du liquide qui l'entoure peuvent être proposées dans une structure équipée.
Tenir un carnet des crises, avec la date, l'heure, la durée et le contexte, est le meilleur outil de suivi.
Traitement
Pendant la crise, on ne cherche pas à intervenir sur l'animal : le chat ne peut pas avaler sa langue et une main près de sa bouche risque une morsure grave et involontaire.
Écartez les objets durs, éteignez la lumière, réduisez le bruit, notez l'heure de début et laissez la crise se dérouler.
Une crise qui dépasse quelques minutes, ou plusieurs crises rapprochées sans récupération entre elles, constituent une urgence vitale nécessitant une prise en charge immédiate.
Le traitement de fond repose sur des médicaments antiépileptiques prescrits par le vétérinaire, dont l'objectif est de réduire la fréquence et l'intensité des crises plutôt que de les faire disparaître totalement.
Ce traitement se prend à heure régulière et ne doit jamais être arrêté brutalement : l'arrêt peut déclencher des crises graves.
Un suivi par analyses est nécessaire pour ajuster le traitement et surveiller sa tolérance.
Quand une cause est identifiée, son traitement propre est prioritaire : correction d'un trouble métabolique, prise en charge d'une intoxication, traitement d'une infection.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Ne jamais appliquer sur un chat un antiparasitaire destiné au chien, et lire systématiquement l'espèce indiquée sur l'emballage.
Séparer chien et chat pendant les heures qui suivent l'application d'un antiparasitaire sur le chien.
Ranger hors de portée médicaments humains, produits ménagers et raticides.
Respecter scrupuleusement le traitement de fond quand il est prescrit et éviter les oublis.
Limiter les facteurs déclenchants identifiés chez certains chats : stress, changements brutaux, privation de sommeil.
Faire suivre régulièrement les chats âgés ou atteints de maladies du foie et des reins.
Complications possibles
État de crises continues, situation d'urgence pouvant entraîner une hyperthermie et des lésions cérébrales durables.
Blessures survenues pendant la chute ou les mouvements incontrôlés.
Aggravation progressive lorsque la cause sous-jacente évolue.
Effets indésirables des traitements, à surveiller par des contrôles réguliers.
Quand consulter un vétérinaire
Votre chat fait une crise pour la première fois : consultez rapidement, même si tout est rentré dans l'ordre.
Une crise dure plus de quelques minutes : urgence vitale, rendez-vous immédiatement chez le vétérinaire.
Plusieurs crises se succèdent dans la même journée ou sans récupération entre elles.
Le chat reste désorienté, aveugle ou instable plus de quelques heures après la crise.
Une exposition à un produit toxique est possible, notamment un antiparasitaire pour chien : n'attendez pas la crise, appelez tout de suite.
Les crises deviennent plus fréquentes ou plus longues malgré le traitement.
Pronostic
Beaucoup de chats vivent longtemps avec des crises espacées et bien contrôlées par un traitement suivi.
Le pronostic dépend avant tout de la cause : un trouble métabolique corrigé peut faire disparaître les crises, tandis qu'une tumeur cérébrale a un pronostic réservé.
La régularité du traitement et la tenue d'un carnet des crises sont les deux facteurs sur lesquels le propriétaire a le plus de prise.
Questions fréquentes
Que dois-je faire pendant la crise ?
Rester calme, noter l'heure, écarter les objets dangereux, baisser la lumière et le bruit, et ne pas toucher la bouche du chat. Filmer la crise si c'est possible sans risque aide beaucoup le vétérinaire.
Mon chat souffre-t-il pendant la crise ?
Il n'est pas conscient pendant la crise généralisée et ne ressent pas la douleur à ce moment-là. La phase de récupération, en revanche, peut être angoissante pour lui : laissez-le au calme.
Le traitement est-il à vie ?
Souvent oui lorsqu'aucune cause curable n'est trouvée. Il ne s'arrête jamais brutalement : toute modification se décide avec le vétérinaire.
Un antiparasitaire peut-il vraiment déclencher des convulsions ?
Oui. Les produits pour chien contenant de la perméthrine sont hautement toxiques pour le chat et provoquent tremblements et convulsions. Toute application accidentelle est une urgence.
Références
AAFP — American Association of Feline Practitioners
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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