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Épilepsie idiopathique du chien

L'épilepsie idiopathique est la cause la plus fréquente de crises convulsives répétées chez le chien. Le cerveau est structurellement normal : c'est son fonctionnement électrique qui se dérègle par moments, provoquant des décharges anormale...

De quoi s'agit-il ?

L'épilepsie idiopathique est la cause la plus fréquente de crises convulsives répétées chez le chien. Le cerveau est structurellement normal : c'est son fonctionnement électrique qui se dérègle par moments, provoquant des décharges anormales.

On parle d'épilepsie idiopathique quand toutes les autres causes possibles de crises ont été écartées : intoxication, tumeur, infection, maladie du foie, trouble du sucre sanguin, traumatisme.

Les crises débutent le plus souvent chez le chien adulte jeune. Entre les crises, le chien est parfaitement normal.

À retenir

Une crise qui se prolonge au-delà de quelques minutes, ou des crises qui se répètent dans la même journée, mettent la vie du chien en danger et imposent une consultation vétérinaire immédiate.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Avant la crise, certains chiens changent de comportement pendant quelques minutes à quelques heures : ils cherchent leur maître, se cachent, s'agitent, gémissent.

Crise généralisée : le chien tombe sur le côté, perd conscience, se raidit puis pédale ou tremble violemment des quatre membres. Il salive abondamment, peut uriner ou déféquer sur lui. Les yeux sont ouverts et fixes. La crise dure en général une à deux minutes.

Crise partielle : seule une partie du corps est touchée. Contractions d'un côté de la face, mâchonnements, clignements, tremblement d'un membre, sans forcément de perte de conscience.

Après la crise, une phase de récupération dure de quelques minutes à plusieurs heures : le chien est désorienté, titube, se cogne, semble ne pas voir, a très faim ou très soif, se montre parfois inhabituellement craintif ou irritable.

Entre les crises, le chien est totalement normal : c'est un élément très caractéristique de cette forme d'épilepsie.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

Par définition, aucune lésion du cerveau n'est retrouvée : c'est un trouble du fonctionnement, pas de la structure.

Une origine héréditaire est établie dans plusieurs races, avec une transmission familiale des crises.

Certains facteurs peuvent favoriser le déclenchement d'une crise chez un chien épileptique : stress, excitation intense, fatigue, changement d'environnement, chaleur, oubli d'une prise de traitement. Ces éléments ne causent pas la maladie, ils en révèlent les crises.

Un diagnostic d'épilepsie idiopathique ne peut être posé qu'après avoir écarté les autres causes de convulsions, dont certaines sont urgentes ou curables.

Âge de début : le plus souvent entre un et cinq ans, chez un chien par ailleurs en bonne santé.

Races prédisposées : plusieurs races présentent une fréquence nettement plus élevée de la maladie.

Antécédents familiaux de crises convulsives.

Aucun lien démontré avec l'alimentation courante ou l'exercice ; ce ne sont pas des causes de la maladie.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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La première étape est de savoir s'il s'agit vraiment d'une crise convulsive : une vidéo filmée avec le téléphone est extrêmement utile au vétérinaire. Filmez si vous le pouvez, sans vous mettre en danger.

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Le vétérinaire recueille l'histoire précise : âge de la première crise, fréquence, durée, aspect, état du chien entre les crises, accès possible à un toxique.

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Il réalise un examen général et un examen neurologique complet, normal entre les crises dans l'épilepsie idiopathique.

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Des analyses de sang et d'urine recherchent les causes non nerveuses : atteinte du foie, trouble du sucre sanguin, anomalie des sels minéraux, insuffisance rénale.

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Une imagerie par résonance magnétique du cerveau et une analyse du liquide qui l'entoure sont proposées lorsque l'âge de début, l'examen neurologique ou l'évolution ne collent pas avec une épilepsie idiopathique.

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Tenir un carnet des crises à la maison, avec date, heure, durée et aspect, est un outil de suivi essentiel pour ajuster le traitement.

Traitement

Toutes les épilepsies ne se traitent pas immédiatement : le vétérinaire décide de commencer un traitement de fond en fonction de la fréquence, de la durée et de la sévérité des crises, ainsi que de leur regroupement dans le temps.

Le traitement de fond repose sur des médicaments antiépileptiques donnés tous les jours, à heure fixe, sans jamais sauter de prise ni arrêter brutalement : un arrêt soudain peut déclencher des crises graves. Le vétérinaire choisit la molécule et ajuste le traitement à l'aide de contrôles sanguins.

L'objectif réaliste est de réduire la fréquence et l'intensité des crises, pas nécessairement de les supprimer totalement.

Des traitements d'urgence à administrer à la maison lors d'une crise prolongée peuvent être prescrits, avec une explication précise du geste : ils ne s'utilisent que sur consigne du vétérinaire.

Une alimentation spécifique est parfois proposée en complément du traitement médical.

Pendant une crise : ne mettez jamais la main dans la gueule du chien, il ne peut pas avaler sa langue et vous risquez une morsure grave. Écartez les meubles, protégez sa tête, baissez la lumière et le bruit, notez l'heure de début, et laissez-le récupérer au calme.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

On ne peut pas empêcher l'apparition de la maladie chez un chien prédisposé.

Ne pas faire reproduire un chien épileptique : la composante héréditaire est reconnue dans plusieurs races.

Une fois le diagnostic posé, la prévention porte sur les crises : donner le traitement tous les jours à heure fixe, ne jamais l'interrompre sans avis vétérinaire, éviter les manques d'observance.

Limiter les facteurs déclenchants identifiés chez votre chien : excitation extrême, forte chaleur, stress important, bouleversements du rythme de vie.

Tenir à jour le carnet des crises pour repérer une aggravation avant qu'elle ne devienne dangereuse.

Sécuriser l'environnement : éviter les escaliers non barrés et l'accès seul à une piscine ou à un bassin.

Complications possibles

Crise qui se prolonge au-delà de quelques minutes : c'est une urgence vitale, avec risque de surchauffe du corps, de lésions du cerveau et d'atteinte des reins.

Crises en série, plusieurs dans la même journée, qui épuisent le chien et annoncent souvent une aggravation.

Blessures pendant la crise : chute dans un escalier, morsure de la langue, noyade.

Effets indésirables des traitements au long cours : somnolence, augmentation de l'appétit et de la soif, prise de poids, retentissement sur le foie selon les molécules, ce qui justifie des contrôles réguliers.

Retentissement sur la vie de famille : la crainte des crises et les contraintes de traitement demandent un accompagnement.

Quand consulter un vétérinaire

Une crise dure plus de quelques minutes ou ne s'arrête pas : c'est une urgence vitale, rendez-vous immédiatement chez un vétérinaire.

Plusieurs crises se succèdent dans la même journée : consultation en urgence, même si le chien semble récupérer entre elles.

Le chien ne reprend pas connaissance normalement après une crise.

C'est la première crise de sa vie : consultez rapidement pour rechercher une cause traitable ou une intoxication.

Les crises deviennent plus fréquentes, plus longues ou plus violentes qu'avant.

Un chien de plus de six ans qui fait sa première crise doit être exploré : à cet âge, une autre cause qu'une épilepsie idiopathique est plus probable.

Le chien a pu avoir accès à un produit toxique : appelez immédiatement un vétérinaire.

Pronostic

Beaucoup de chiens épileptiques mènent une vie normale et confortable avec un traitement bien conduit et un suivi régulier.

Les crises sont souvent nettement espacées, sans toujours disparaître totalement : cet objectif de contrôle, plutôt que de guérison, doit être compris dès le départ.

Le pronostic est moins favorable lorsque les crises débutent très jeune, se regroupent en séries ou répondent mal au premier traitement.

La maladie ne se guérit pas : le traitement de fond est en général donné à vie.

Questions fréquentes

Que dois-je faire pendant une crise ?

Restez calme, notez l'heure de début, écartez les objets sur lesquels le chien pourrait se blesser et protégez sa tête. Ne mettez jamais les doigts dans sa gueule : il ne peut pas avaler sa langue et vous risquez une morsure grave. Baissez la lumière et le bruit, filmez si possible, puis laissez-le récupérer au calme.

Quand est-ce une urgence ?

Si la crise dure plus de quelques minutes, si le chien enchaîne plusieurs crises dans la journée, ou s'il ne reprend pas conscience entre deux crises. Dans ces situations, rendez-vous immédiatement chez un vétérinaire, y compris la nuit.

Le traitement est-il à vie ?

En général oui. Il contrôle les crises sans supprimer la prédisposition. Ne l'arrêtez et ne le modifiez jamais de vous-même : un arrêt brutal peut provoquer des crises graves.

Mon chien souffre-t-il pendant la crise ?

Il est inconscient pendant une crise généralisée et ne ressent pas de douleur, même si le spectacle est très impressionnant. La désorientation qui suit peut en revanche l'angoisser : le calme et la présence rassurante aident.

Puis-je faire reproduire mon chien épileptique ?

Non. Une composante héréditaire est reconnue dans plusieurs races : un chien qui présente des crises ne doit pas être reproduit.

Références

MSD Veterinary Manual

WSAVA — World Small Animal Veterinary Association

AVMA — American Veterinary Medical Association

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026

EN BREF

AgentAutre
EspèceChien
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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