Grasserie du bombyx (virose)
La grasserie est une maladie virale grave qui touche le ver à soie (Bombyx mori), l'insecte élevé pour produire la soie. Elle est causée par un baculovirus qui forme de petits cristaux, appelés corps polyédriques, à l'intérieur des cellules...
De quoi s'agit-il ?
La grasserie est une maladie virale grave qui touche le ver à soie (Bombyx mori), l'insecte élevé pour produire la soie.
Elle est causée par un baculovirus qui forme de petits cristaux, appelés corps polyédriques, à l'intérieur des cellules du ver.
Le nom « grasserie » vient de l'aspect gras et luisant que prend la peau du ver malade.
À retenir
Maladie très contagieuse pouvant décimer rapidement un élevage entier de vers à soie ; aucun traitement curatif n'existe.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La grasserie est provoquée par un baculovirus spécifique du ver à soie, appelé virus de la polyédrose nucléaire du Bombyx mori (BmNPV).
Ce virus infecte les cellules du ver, en particulier celles du tissu graisseux, et s'y multiplie en formant des corps d'inclusion cristallins appelés polyèdres, qui protègent le virus dans le milieu extérieur.
Une hygiène insuffisante de l'élevage favorise fortement la maladie.
Une forte densité de vers dans un même espace augmente le risque de contamination.
Des conditions de température et d'humidité élevées ou mal maîtrisées affaiblissent les vers et favorisent la multiplication du virus.
Une alimentation à base de feuilles de mûrier de mauvaise qualité, souillées ou mal conservées, est un facteur de risque important.
Le stress lié à des manipulations brusques ou à des changements brutaux de conditions d'élevage peut aussi rendre les vers plus sensibles.
La réutilisation de matériel d'élevage mal désinfecté entre deux cycles favorise la persistance du virus.
Transmission
Le virus se transmet principalement par voie orale : les vers sains s'infectent en mangeant des feuilles de mûrier souillées par les déjections ou les restes de vers malades.
La contamination peut aussi se faire par contact avec du matériel d'élevage, des mains ou des outils souillés par le virus.
Une transmission de la femelle papillon à ses œufs (transmission verticale) est également possible, ce qui permet au virus de persister d'une génération à l'autre.
Le virus est très résistant dans l'environnement et peut survivre longtemps dans les litières, les cadres d'élevage ou le sol des magnaneries (bâtiments d'élevage des vers à soie).
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Il n'existe pas de test de diagnostic simple réalisable directement par l'éleveur.
L'observation des symptômes typiques (aspect gras et luisant, comportement de grimpe anormale, mortalité rapide) oriente fortement le diagnostic.
Un spécialiste ou un laboratoire de sériciculture peut confirmer la présence du virus en examinant au microscope un échantillon de tissu ou de liquide corporel du ver, à la recherche des corps polyédriques caractéristiques.
En cas de doute, il est conseillé de faire appel à un technicien ou vétérinaire spécialisé en élevage d'insectes ou à un service agricole compétent en sériciculture.
Traitement
Il n'existe aucun traitement curatif spécifique contre ce virus.
La prise en charge consiste uniquement en des mesures de gestion sanitaire : élimination immédiate des vers malades ou morts, désinfection complète du matériel et des locaux, et arrêt de la réutilisation de litières contaminées.
Aucun médicament antiviral n'est disponible pour cette maladie chez le ver à soie.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
La prévention repose avant tout sur une hygiène stricte de la magnanerie et du matériel d'élevage.
Il est recommandé de désinfecter soigneusement les locaux, les claies et les outils entre chaque cycle d'élevage.
Les œufs (graines) doivent provenir de sources fiables et si possible être contrôlés pour l'absence du virus.
Il faut retirer rapidement les vers malades ou morts de l'élevage pour limiter la propagation.
Une bonne gestion de la densité des vers, de la ventilation, de la température et de l'humidité du local d'élevage réduit le risque d'apparition de la maladie.
La qualité et la fraîcheur des feuilles de mûrier distribuées doivent être surveillées, en évitant les feuilles souillées par la terre ou par des vers malades.
Complications possibles
La maladie entraîne souvent une mortalité massive et rapide dans l'élevage, pouvant compromettre la totalité d'un cycle de production de soie.
Le virus persistant dans l'environnement, les cycles d'élevage suivants peuvent être contaminés si la désinfection n'est pas rigoureuse.
Sur le plan économique, la grasserie peut causer des pertes importantes pour les sériciculteurs, notamment dans les petites exploitations familiales.
Quand consulter un vétérinaire
Apparition soudaine de vers gonflés, luisants ou de couleur jaunâtre anormale dans l'élevage.
Comportement inhabituel de grimpe désordonnée vers le sommet des supports.
Mortalité rapide et inexpliquée touchant plusieurs vers en même temps.
Écoulement de liquide trouble au contact ou à la rupture de la peau des vers.
Doute sur la qualité sanitaire d'un lot d'œufs ou de vers reçus d'un autre élevage.
Pronostic
Le pronostic est très défavorable pour les vers déjà atteints, la mort survenant presque toujours après l'apparition des symptômes.
À l'échelle de l'élevage, le pronostic dépend surtout de la rapidité de détection et de la qualité des mesures d'hygiène mises en place pour éviter la propagation aux autres vers.
Un élevage bien géré, avec désinfection rigoureuse, peut limiter les pertes lors des cycles suivants.
Questions fréquentes
La grasserie peut-elle se transmettre à l'homme ou à d'autres animaux ?
Non, ce virus est spécifique au ver à soie. Il ne présente aucun danger pour l'homme, les mammifères ou les autres animaux domestiques.
Peut-on sauver un ver déjà atteint de grasserie ?
Non, une fois les symptômes apparus, l'évolution vers la mort est presque inévitable. Il n'existe pas de traitement curatif pour ce virus.
Comment éviter que la grasserie revienne à chaque cycle d'élevage ?
Une désinfection complète et rigoureuse des locaux et du matériel entre chaque cycle, associée à l'utilisation d'œufs de source fiable, réduit fortement le risque de récidive.
Comment reconnaître un ver atteint de grasserie ?
Les signes évocateurs sont un corps gonflé et luisant, une couleur jaunâtre anormale, un comportement de grimpe désordonnée et une mortalité rapide dans l'élevage.
Références
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 24 août 2026
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