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Herpèsvirose féline
L'herpèsvirose féline est provoquée par l'herpèsvirus du chat. Avec le calicivirus, elle constitue l'essentiel de ce que l'on appelle le coryza du chat : la fiche Coryza du chat décrit ce complexe dans son ensemble, celle-ci est consacrée à...
De quoi s'agit-il ?
L'herpèsvirose féline est provoquée par l'herpèsvirus du chat. Avec le calicivirus, elle constitue l'essentiel de ce que l'on appelle le coryza du chat : la fiche Coryza du chat décrit ce complexe dans son ensemble, celle-ci est consacrée à l'herpèsvirus.
Le virus s'attaque au nez, à la gorge et surtout aux yeux, où il peut abîmer la cornée.
Sa particularité est de ne jamais quitter l'organisme : après le premier épisode, il se met en sommeil dans les nerfs et se réveille à l'occasion d'un stress ou d'une baisse des défenses. Un chat infecté l'est donc à vie, avec des périodes tout à fait normales entrecoupées de rechutes.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Crises d'éternuements, nez qui coule, respiration bruyante et bouchée.
Yeux rouges et gonflés, larmoiement abondant, paupières collées au réveil, gêne à la lumière.
Fièvre, abattement et perte d'appétit pendant la phase aiguë.
Des ulcères de la cornée peuvent apparaître : l'œil devient trouble, très douloureux, le chat le garde fermé.
Lors des rechutes, les signes sont souvent limités à un seul œil ou à quelques jours d'éternuements.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
L'infection est due à l'herpèsvirus félin de type 1, qui se multiplie dans les muqueuses du nez, de la gorge et des yeux.
La plupart des chats rencontrent ce virus jeunes, au contact de leur mère ou d'autres chats.
Après la guérison, le virus reste latent dans les ganglions nerveux. Un stress, une maladie, une hospitalisation, un déménagement, une portée ou un traitement affaiblissant les défenses peuvent le réactiver.
Vie en collectivité et situations de stress : refuge, pension, adoption récente, arrivée d'un nouvel animal ou d'un bébé.
Jeune âge, chatons issus de portées en collectivité.
Vaccination absente ou incomplète.
Affaiblissement des défenses : FIV, leucose féline, maladie chronique, traitement immunosuppresseur.
Races à face plate, chez qui les larmes s'écoulent mal et les signes oculaires s'aggravent plus vite.
Transmission
Contact direct entre chats : éternuements, léchage, gamelles et couchages partagés.
Contact indirect par les mains, les vêtements, le matériel et les surfaces ; le virus est toutefois plus fragile dans le milieu extérieur que le calicivirus et se détruit facilement avec les désinfectants usuels.
De la mère aux chatons, très fréquemment, autour du sevrage.
Un chat porteur peut relarguer le virus pendant une phase de stress, sans être visiblement malade.
Les êtres humains et les chiens ne sont pas concernés.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le diagnostic repose d'abord sur l'examen clinique et sur l'histoire du chat, en particulier le caractère récidivant des épisodes.
L'examen des yeux est central : le vétérinaire applique un colorant qui révèle les ulcères de la cornée, invisibles à l'œil nu.
Un prélèvement oculaire ou de gorge peut être analysé pour confirmer la présence du virus, notamment en élevage ou en refuge.
Un dépistage du FIV et de la leucose est souvent proposé chez un chat qui rechute souvent.
Traitement
Le traitement vise à passer le cap et à protéger les yeux, car aucun médicament n'élimine définitivement le virus.
Des antiviraux existent, sous forme de collyre ou par voie générale, et sont réservés aux atteintes oculaires marquées : ils sont prescrits et surveillés par le vétérinaire.
Des soins locaux réguliers, avec nettoyage au sérum physiologique et collyres adaptés, limitent les dégâts sur la cornée.
Ne mettez jamais dans l'œil d'un chat un collyre prévu pour l'être humain ou resté d'un précédent traitement : certains contiennent des corticoïdes qui aggravent gravement un ulcère.
Un antibiotique n'est utile qu'en cas de surinfection bactérienne.
Réduire le stress fait partie du traitement : lieu calme, routines stables, diffuseur d'apaisement félin si le vétérinaire le conseille.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
La vaccination fait partie des vaccins de base et reste le meilleur levier.
Limiter le stress des chats sensibles évite une partie des rechutes : espaces de repos en hauteur, transitions progressives, gamelles et litières en nombre suffisant.
Isoler tout nouvel arrivant le temps d'une visite vétérinaire.
Nettoyer et désinfecter régulièrement le matériel : le virus résiste mal aux désinfectants courants.
Vaccination
L'herpèsvirus est inclus dans le vaccin de base du chat, avec le calicivirus et le typhus.
La primo-vaccination démarre chez le chaton, avec plusieurs injections espacées, puis un rappel un an plus tard ; le rythme suivant dépend du mode de vie et est décidé par le vétérinaire.
Le vaccin n'empêche pas toujours l'infection ni le portage à vie, mais il réduit fortement l'intensité des crises et le risque d'atteinte oculaire grave.
Complications possibles
Ulcères de la cornée pouvant se creuser, se surinfecter et, dans les cas extrêmes, faire perdre l'œil.
Rhinite chronique : le virus abîme les structures internes du nez, ce qui laisse des éternuements et un écoulement définitifs.
Extension aux poumons chez le chaton et le chat fragile.
Adhérences entre les paupières et l'œil chez les chatons infectés très tôt, avant même l'ouverture des yeux.
Blocage des canaux lacrymaux, à l'origine d'un larmoiement permanent.
Quand consulter un vétérinaire
Un œil devient trouble, très rouge, ou votre chat le garde fermé : consultez rapidement, un ulcère peut s'aggraver en quelques heures.
Il ne mange plus depuis vingt-quatre heures.
Sa respiration est rapide, difficile, ou il tousse.
Les signes reviennent régulièrement : un bilan permet de chercher une cause d'affaiblissement.
Un chaton présente les mêmes signes : il se dégrade beaucoup plus vite qu'un adulte.
Pronostic
L'épisode aigu se résout généralement en une à deux semaines chez l'adulte, avec des soins adaptés.
Le virus reste présent à vie : des rechutes sont possibles, souvent plus courtes et plus légères que le premier épisode.
Le pronostic dépend surtout des yeux : une atteinte cornéenne prise en charge tôt guérit le plus souvent sans séquelle, alors qu'un ulcère négligé peut coûter la vision.
Questions fréquentes
Mon chat sera-t-il guéri un jour ?
L'épisode guérit, mais le virus reste en sommeil dans l'organisme toute la vie. Beaucoup de chats ne refont jamais de crise visible ; d'autres rechutent lors des périodes de stress. Ce n'est pas un échec du traitement, c'est le mode de vie propre à ce virus.
Pourquoi les crises reviennent-elles toujours après un déménagement ou une pension ?
Le stress fait baisser les défenses immunitaires et réveille le virus endormi. Anticiper les changements, garder des repères familiers et prévenir le vétérinaire avant une période à risque limite ces rechutes.
Puis-je utiliser un collyre que j'ai à la maison ?
Non, jamais sans avis vétérinaire. Certains collyres contiennent des corticoïdes qui aggravent fortement un ulcère de la cornée et peuvent faire perdre l'œil. Seul un examen avec colorant permet de savoir ce que l'on traite.
Mes autres chats risquent-ils d'être contaminés ?
Oui, surtout s'ils ne sont pas vaccinés. Séparez les gamelles et les litières pendant la phase active, lavez-vous les mains entre deux chats et vérifiez que tout le foyer est à jour de ses vaccins.
Références
AAFP — American Association of Feline Practitioners
WSAVA — World Small Animal Veterinary Association
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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