Maladie autre Chat

Insuffisance rénale aiguë du chat

L'insuffisance rénale aiguë est une atteinte brutale des reins chez un chat qui allait bien jusque-là. En quelques heures à quelques jours, les reins ne filtrent plus correctement le sang : les déchets et certains minéraux s'accumulent dans...

De quoi s'agit-il ?

L'insuffisance rénale aiguë est une atteinte brutale des reins chez un chat qui allait bien jusque-là. En quelques heures à quelques jours, les reins ne filtrent plus correctement le sang : les déchets et certains minéraux s'accumulent dans l'organisme et l'empoisonnent.

Ce n'est pas une maladie avec une cause unique mais un tableau clinique : un poison, un manque de circulation sanguine, une infection ou un blocage des voies urinaires peuvent en être à l'origine.

C'est une urgence. Contrairement à l'insuffisance rénale chronique, qui s'installe sur des mois et ne guérit pas, une atteinte aiguë peut être en partie ou totalement réversible si elle est traitée très tôt.

À retenir

Urgence vitale. Un chat qui n'urine presque plus, ou qui a pu toucher des lys, de l'antigel ou un médicament humain, doit être vu immédiatement, même s'il paraît encore en forme.

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Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Le chat cesse brusquement de manger, devient abattu et se cache.

Vomissements, parfois diarrhée.

Déshydratation : gencives sèches, peau qui revient lentement quand on la pince doucement, yeux enfoncés.

Petites plaies ou ulcères dans la bouche et haleine à l'odeur d'ammoniaque, liés à l'accumulation de déchets dans le sang.

Urine en forte baisse, voire absente : on trouve beaucoup moins de boules mouillées dans la litière, sans voir le chat pousser.

À l'inverse, chez certains chats, l'urine devient au contraire très abondante.

Dans les formes graves : grande faiblesse, corps froid, respiration anormale, tremblements ou convulsions.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

Causes toxiques, à connaître absolument :

– les lys et les hémérocalles : toutes les parties de la plante, le pollen et même l'eau du vase sont très toxiques pour les reins du chat ;

– l'antigel des voitures (éthylène glycol), au goût sucré : même une petite quantité léchée sur le sol peut provoquer une atteinte grave ;

– les anti-inflammatoires destinés à l'être humain, et certains autres médicaments, donnés par erreur ou avalés par accident ;

– le paracétamol, très dangereux pour le chat, qui atteint surtout le sang et le foie (voir la fiche dédiée).

Manque de circulation sanguine dans les reins : déshydratation sévère, choc, hémorragie, anesthésie, maladie cardiaque.

Infection du rein (pyélonéphrite).

Blocage des voies urinaires qui dure : l'urine ne peut plus s'évacuer et les reins finissent par souffrir.

Lys ou hémérocalles dans la maison, en bouquet ou en pot.

Accès à un garage, un parking ou une cour où de l'antigel a pu couler.

Médicaments humains laissés à portée, ou donnés au chat sans avis vétérinaire.

Chat âgé ou déjà atteint d'une maladie des reins, plus fragile face à la déshydratation ou à un médicament.

Chat mâle sujet aux blocages urinaires.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Le vétérinaire commence par vérifier que la vessie n'est pas bloquée : chez un chat qui urine peu, il faut distinguer un rein qui ne produit plus d'urine d'une vessie pleine qui ne peut plus se vider.

2

Il demande si le chat a pu toucher des lys, de l'antigel ou un médicament : apportez l'emballage ou le nom de la plante si possible.

3

Une prise de sang mesure les déchets que les reins doivent éliminer et les minéraux dangereux pour le cœur quand ils s'accumulent.

4

Une analyse d'urine, une échographie des reins et une mesure de la pression artérielle complètent le bilan.

5

Le vétérinaire fait aussi la différence avec une insuffisance rénale chronique, qui se soigne différemment.

Traitement

Le chat est hospitalisé. La perfusion est au cœur du traitement : elle corrige la déshydratation, soutient les reins et aide à éliminer les déchets.

La quantité d'urine produite est surveillée de près, parfois à l'aide d'une sonde urinaire, pour adapter les soins.

La cause est traitée dès qu'elle est connue : décontamination après un contact avec des lys, levée d'un blocage urinaire, traitement d'une infection.

Pour l'antigel, un antidote existe, mais il n'est efficace que s'il est donné très tôt après l'ingestion, avant l'apparition des signes.

Des médicaments contre les vomissements, les nausées et l'acidité de l'estomac sont associés, ainsi qu'une alimentation adaptée, parfois par sonde.

Dans les cas les plus graves, une épuration du sang (dialyse) peut être proposée dans des centres très spécialisés.

Ne faites jamais vomir votre chat et ne lui donnez aucun médicament humain sans avis vétérinaire.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

N'ayez pas de lys ni d'hémérocalles dans une maison où vit un chat, même en bouquet.

Rangez l'antigel hors de portée, nettoyez toute flaque et surveillez les fuites des voitures.

Ne donnez jamais à votre chat un médicament destiné à l'être humain, et rangez les médicaments dans un placard fermé.

Assurez-vous que votre chat boit suffisamment, surtout par forte chaleur et s'il est âgé.

Chez un chat âgé, un bilan sanguin avant une anesthésie ou un nouveau traitement permet d'anticiper les risques pour les reins.

Complications possibles

Accumulation de potassium dans le sang, qui peut perturber gravement le rythme cardiaque.

Arrêt complet de la production d'urine, situation très grave.

Surcharge en liquide si le chat n'urine plus alors qu'il est perfusé, d'où la surveillance rapprochée.

Passage à une insuffisance rénale chronique lorsque les reins ne récupèrent qu'en partie.

Décès dans les formes graves ou prises en charge tardivement.

Quand consulter un vétérinaire

Votre chat a pu toucher des lys, lécher de l'antigel ou avaler un médicament humain, même s'il semble aller bien : urgence immédiate.

Il n'urine presque plus et ne mange plus : urgence immédiate.

Il pousse dans la litière sans que rien ne sorte, surtout s'il s'agit d'un mâle : urgence immédiate, c'est probablement un blocage urinaire.

Il vomit à plusieurs reprises et devient abattu.

Il a des ulcères dans la bouche ou une haleine à l'odeur d'ammoniaque et refuse de manger.

Votre chat déjà suivi pour une maladie des reins se dégrade brutalement.

Pronostic

Le pronostic dépend de la cause, de la rapidité de la prise en charge et de la quantité d'urine que le chat produit encore.

Certains chats récupèrent complètement ; d'autres gardent des reins affaiblis et seront suivis comme pour une insuffisance rénale chronique.

Après un contact avec des lys ou de l'antigel, les chances sont bien meilleures lorsque le traitement commence avant l'apparition des signes : chaque heure compte.

Questions fréquentes

Quelle différence avec l'insuffisance rénale chronique ?

L'insuffisance rénale aiguë survient brutalement chez un chat qui allait bien quelques jours plus tôt, et elle peut parfois guérir si elle est traitée vite. L'insuffisance rénale chronique s'installe lentement, sur des mois : le chat boit et urine beaucoup depuis longtemps et maigrit peu à peu. Une maladie chronique peut aussi s'aggraver brutalement : seul le vétérinaire peut faire la part des choses.

Mon chat n'urine presque plus : est-ce les reins ou un blocage ?

Observez-le au bac. S'il pousse longtemps, revient sans cesse et que rien ne sort, il s'agit probablement d'un blocage urinaire, surtout chez le mâle. Si au contraire il ne va presque plus à la litière, sans forcer, ce sont plutôt les reins qui ne produisent plus d'urine. Dans les deux cas, c'est une urgence immédiate.

Les lys sont-ils vraiment si dangereux ?

Oui. Chez le chat, toutes les parties du lys et de l'hémérocalle sont toxiques pour les reins : feuilles, fleurs, pollen et même l'eau du vase. Un peu de pollen léché sur le pelage peut suffire. Au moindre doute, consultez immédiatement sans attendre les premiers signes.

Les reins peuvent-ils guérir ?

Parfois, oui. Contrairement à la forme chronique, une atteinte aiguë peut régresser en partie ou totalement si la cause est traitée rapidement et que le chat est soutenu pendant la récupération. Certains chats gardent cependant des reins plus fragiles et nécessitent ensuite un suivi régulier.

Références

MSD Veterinary Manual

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 octobre 2026

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EN BREF

AgentAutre
EspèceChat
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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