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Lipidose hépatique féline

La lipidose hépatique est une urgence propre au chat. Quand un chat cesse de manger, son organisme envoie massivement des graisses vers le foie pour produire de l'énergie. Le foie du chat n'est pas capable de traiter cet afflux : les graiss...

De quoi s'agit-il ?

La lipidose hépatique est une urgence propre au chat. Quand un chat cesse de manger, son organisme envoie massivement des graisses vers le foie pour produire de l'énergie. Le foie du chat n'est pas capable de traiter cet afflux : les graisses s'y accumulent, l'engorgent et il cesse peu à peu de fonctionner.

C'est la maladie du foie la plus fréquente chez le chat, et elle peut apparaître chez un animal qui était en parfaite santé quelques jours plus tôt.

Retenez une règle simple : un chat qui ne mange plus pendant deux à trois jours risque une lipidose hépatique. Ce n'est pas un caprice alimentaire, c'est une urgence vétérinaire.

À retenir

Maladie potentiellement mortelle en quelques jours. Un chat qui ne mange plus est une urgence, même s'il paraît par ailleurs normal.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Arrêt de l'alimentation, total ou presque, depuis plusieurs jours. C'est le point de départ constant.

Amaigrissement rapide, souvent visible en une semaine, avec fonte des muscles du dos.

Abattement marqué : le chat se cache, ne se lève plus, ne fait plus sa toilette.

Jaunisse : le blanc de l'œil, l'intérieur des oreilles et les gencives prennent une teinte jaune. Les urines deviennent foncées.

Vomissements, parfois bave abondante ou nausées à la vue de la nourriture.

Déshydratation, constipation par manque d'apport alimentaire.

Dans les formes avancées, le chat peut sembler désorienté, saliver anormalement ou rester prostré.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

L'anorexie, quelle qu'en soit l'origine, est le déclencheur. Le foie reçoit alors plus de graisses qu'il ne peut en évacuer et se surcharge.

Toute maladie qui coupe l'appétit peut mener à une lipidose : problème dentaire, maladie rénale, diabète, pancréatite, maladie inflammatoire de l'intestin, tumeur, infection.

Un simple événement de vie suffit parfois : déménagement, changement brutal d'alimentation, hospitalisation, arrivée d'un autre animal, mise en pension, perte d'un compagnon.

Dans certains cas aucune maladie sous-jacente n'est retrouvée : on parle alors de forme primaire, souvent liée à un stress et à un jeûne prolongé.

Surpoids et obésité : plus le chat a de réserves de graisse, plus le foie est submergé quand le jeûne commence.

Toute situation de stress qui fait sauter des repas.

Régimes amaigrissants trop brutaux, jeûnes imposés, changements d'aliment sans transition.

Maladie chronique en cours qui diminue progressivement l'appétit.

Chats d'âge moyen à âgé, mais aucun chat n'est à l'abri.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Le vétérinaire évalue d'abord l'état général : degré de déshydratation, jaunisse, palpation du ventre, recherche d'une cause à l'arrêt alimentaire (bouche, dents, douleur abdominale).

2

Une prise de sang met en évidence l'atteinte du foie et permet de contrôler les autres organes, la glycémie et les sels minéraux.

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Une échographie de l'abdomen montre un foie augmenté de volume et d'aspect anormal, et cherche en même temps une pancréatite, une atteinte intestinale ou une masse.

4

Des prélèvements du foie peuvent être proposés pour confirmer le diagnostic et écarter d'autres maladies hépatiques.

5

La recherche de la maladie déclenchante fait partie intégrante de la prise en charge : traiter le foie sans traiter la cause conduit à une rechute.

Traitement

Le traitement repose avant tout sur la reprise de l'alimentation, sans attendre que le chat remange de lui-même. C'est le point décisif.

Les chats les plus atteints sont hospitalisés : perfusion pour corriger la déshydratation et les déséquilibres minéraux, réchauffement, surveillance rapprochée.

La nourriture est apportée par une sonde d'alimentation posée par le vétérinaire, le plus souvent au niveau de l'œsophage. Cela peut impressionner les propriétaires, mais c'est le moyen le plus sûr et le mieux toléré d'apporter chaque jour la quantité nécessaire, sans forcer ni stresser le chat.

Des médicaments contre la nausée et les vomissements, des stimulants de l'appétit et des compléments soutenant le foie sont utilisés selon les cas, toujours sur prescription.

La maladie qui a coupé l'appétit est traitée en parallèle.

Ne jamais tenter de gaver un chat à la seringue de sa propre initiative : le risque de fausse route, de blessure et d'aversion durable à la nourriture est réel, et les quantités apportées restent très insuffisantes.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Surveillez ce que mange réellement votre chat, surtout s'il y a plusieurs animaux à la maison : dans une gamelle commune, un chat peut jeûner sans que personne ne le remarque.

Consultez si votre chat n'a rien mangé pendant plus de vingt-quatre à quarante-huit heures, et sans attendre s'il est en surpoids.

Maintenez un poids de forme : la perte de poids d'un chat obèse doit être lente et encadrée par un vétérinaire, jamais par une restriction sévère.

Changez d'aliment progressivement, sur une semaine environ, en mélangeant l'ancien et le nouveau.

Anticipez les périodes de stress (déménagement, pension, travaux) en offrant un endroit calme, sa nourriture habituelle et un accès facile à la gamelle.

Complications possibles

Défaillance du foie avec troubles de la coagulation et risque de saignement.

Atteinte du cerveau par accumulation de déchets que le foie n'élimine plus : désorientation, salivation, convulsions.

Chutes dangereuses de certains sels minéraux dans le sang au moment de la reprise alimentaire, ce qui impose une réalimentation progressive et surveillée.

Rechute si la maladie à l'origine de l'anorexie n'a pas été identifiée et traitée.

Quand consulter un vétérinaire

Votre chat n'a rien mangé depuis vingt-quatre à quarante-huit heures, ou mange beaucoup moins depuis plusieurs jours.

Il est en surpoids et a sauté des repas : n'attendez pas, le risque est plus élevé.

Ses gencives, le blanc de ses yeux ou l'intérieur de ses oreilles jaunissent.

Ses urines sont devenues foncées.

Il vomit, bave, se cache, ne fait plus sa toilette ou refuse de se lever.

Il a maigri visiblement en quelques jours.

Pronostic

Pris à temps et alimenté correctement, un chat atteint de lipidose peut guérir complètement : le foie a une grande capacité de récupération et retrouve un fonctionnement normal.

La guérison demande de la persévérance, souvent plusieurs semaines de nutrition assistée à la maison après l'hospitalisation.

Le pronostic s'assombrit nettement quand le diagnostic est tardif, quand la maladie déclenchante est grave, ou quand la réalimentation est interrompue trop tôt.

Questions fréquentes

Mon chat ne mange plus depuis deux jours, dois-je vraiment m'inquiéter ?

Oui. Chez le chat, un jeûne de deux à trois jours suffit à déclencher une lipidose hépatique, surtout s'il est en surpoids. Contrairement au chien, on ne peut pas se dire « il mangera bien demain ». Consultez.

Pourquoi poser une sonde d'alimentation plutôt que le nourrir à la main ?

Parce qu'il faut apporter la totalité des besoins quotidiens, tous les jours, pendant plusieurs semaines. La sonde le permet sans lutte ni stress, et le chat peut continuer à manger seul par ailleurs. Elle est retirée dès qu'il remange assez.

Le foie va-t-il rester abîmé ?

Non, dans la majorité des cas. Une fois l'apport alimentaire rétabli, le foie évacue les graisses accumulées et retrouve un fonctionnement normal, sans séquelle.

Peut-on faire maigrir un chat obèse sans risque ?

Oui, mais lentement et sous contrôle vétérinaire, avec un aliment adapté et des pesées régulières. Une restriction brutale ou un jeûne peut déclencher exactement la maladie que l'on cherche à éviter.

Références

MSD Veterinary Manual

AAFP — American Association of Feline Practitioners

Cornell Feline Health Center

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026

EN BREF

AgentAutre
EspèceChat
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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