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Maladie d'Addison du chien
La maladie d'Addison est l'inverse du syndrome de Cushing : les glandes surrénales, situées près des reins, ne fabriquent plus assez d'hormones. Ces hormones règlent la réponse au stress et l'équilibre en sel et en eau du corps. Quand elles...
De quoi s'agit-il ?
La maladie d'Addison est l'inverse du syndrome de Cushing : les glandes surrénales, situées près des reins, ne fabriquent plus assez d'hormones.
Ces hormones règlent la réponse au stress et l'équilibre en sel et en eau du corps. Quand elles manquent, le chien supporte mal le moindre effort, la moindre contrariété, et son organisme se déshydrate.
On l'appelle parfois « la grande imitatrice » : ses signes ressemblent à ceux de beaucoup d'autres maladies et vont et viennent, ce qui retarde souvent le diagnostic.
À retenir
La crise addisonienne est une urgence vitale : un chien qui s'effondre, reste couché et paraît froid doit être conduit immédiatement chez un vétérinaire, de jour comme de nuit.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Épisodes d'abattement, de faiblesse et de perte d'appétit qui apparaissent puis s'améliorent tout seuls, souvent après un événement stressant : pension, déménagement, voyage, chaleur.
Vomissements et diarrhée intermittents, parfois avec du sang.
Amaigrissement progressif, poil terne.
Tremblements, refus de bouger, chien qui reste couché.
Soif et urines augmentées chez une partie des chiens.
Douleur du ventre.
Dans la crise aiguë : effondrement brutal, animal froid, très déshydraté, incapable de se lever, avec un pouls faible et un rythme cardiaque anormalement lent. C'est une urgence vitale immédiate.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
Le plus souvent, le système immunitaire du chien détruit progressivement le tissu des deux glandes surrénales.
Plus rarement, la destruction est due à une autre maladie, à une tumeur ou à une atteinte de l'hypophyse, la glande du cerveau qui commande les surrénales.
Une forme peut aussi survenir après l'arrêt brutal d'un traitement prolongé à la cortisone, ou après un traitement du syndrome de Cushing mal contrôlé : les surrénales, mises au repos, ne redémarrent pas assez vite.
Âge jeune à adulte : le diagnostic se pose souvent entre deux et six ans.
Femelles plus souvent touchées que mâles.
Prédisposition rapportée chez le caniche standard, le bouvier bernois, le west highland white terrier, le danois, le rottweiler, le portugais d'eau et le colley barbu, ce qui suggère une part héréditaire.
Arrêt brutal d'un traitement prolongé à la cortisone.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire pense à cette maladie devant un chien qui présente des troubles digestifs et une fatigue par épisodes, surtout s'ils reviennent après des situations de stress.
Une prise de sang de base est réalisée : elle montre souvent un déséquilibre caractéristique des sels du sang, avec un potassium élevé et un sodium bas, une insuffisance rénale apparente et parfois une anémie. Certaines formes ne montrent toutefois aucun de ces déséquilibres.
Le diagnostic se confirme par un test hormonal spécifique, qui mesure la capacité des surrénales à répondre à une stimulation. Il impose deux prises de sang espacées de quelques heures.
Un électrocardiogramme est souvent réalisé en urgence, le potassium élevé perturbant le rythme du cœur.
Il est essentiel de signaler tout traitement à la cortisone reçu récemment : il fausse le test.
Traitement
La crise aiguë se traite en hospitalisation : perfusion pour réhydrater et corriger les sels du sang, correction du potassium, apport de l'hormone manquante par voie injectable, surveillance du rythme cardiaque. La réponse est souvent spectaculaire en vingt-quatre à quarante-huit heures.
Ensuite, le traitement de fond consiste à remplacer les hormones que les surrénales ne produisent plus : une hormone donnée par la bouche et, selon la forme, une hormone injectable administrée à intervalles réguliers par le vétérinaire.
Ce traitement est à vie et ne doit jamais être interrompu, même si le chien va parfaitement bien : c'est justement le traitement qui le maintient en forme.
Les doses sont ajustées après des contrôles sanguins et adaptées lors des périodes de stress prévisibles — voyage, pension, chirurgie —, sur indication du vétérinaire.
Signalez toujours la maladie à tout vétérinaire qui prend le chien en charge, notamment avant une anesthésie.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Il n'existe pas de moyen d'empêcher la forme spontanée.
La forme provoquée par les médicaments s'évite en ne modifiant jamais soi-même un traitement à la cortisone : la diminution se fait toujours par paliers décidés par le vétérinaire.
Chez un chien déjà diagnostiqué, la prévention des crises repose sur la régularité du traitement, l'anticipation des situations de stress et le respect des rendez-vous de contrôle.
Les chiens atteints ne devraient pas être utilisés pour la reproduction dans les races prédisposées.
Complications possibles
Crise aiguë avec effondrement circulatoire : c'est la complication majeure, potentiellement mortelle en quelques heures sans prise en charge.
Troubles du rythme cardiaque liés à l'excès de potassium.
Saignements digestifs.
Atteinte des reins liée à la déshydratation répétée.
Sous traitement, un excès ou un manque de correction entraîne soit une soif importante, soit un retour des signes de faiblesse : c'est le rôle des contrôles de l'éviter.
Quand consulter un vétérinaire
Votre chien s'effondre, est froid, ne se relève plus ou paraît très déshydraté : c'est une urgence vitale, rendez-vous immédiatement chez un vétérinaire.
Il présente des épisodes répétés de fatigue, de perte d'appétit, de vomissements ou de diarrhée qui reviennent après un stress.
Il maigrit sans explication et manque d'énergie.
Il est déjà traité pour cette maladie et refuse de manger, vomit ou paraît abattu : contactez le vétérinaire le jour même.
Il reçoit de la cortisone depuis longtemps et le traitement a été interrompu brutalement.
Pronostic
C'est l'une des maladies hormonales dont le pronostic est le meilleur : une fois le diagnostic posé et le traitement de remplacement en place, la grande majorité des chiens mène une vie normale, avec une espérance de vie proche de celle des autres chiens.
Le danger tient au retard de diagnostic et aux interruptions de traitement, qui exposent à une crise aiguë.
Un suivi régulier et une bonne information de l'entourage sont les meilleurs garants d'une vie sans incident.
Questions fréquentes
Pourquoi mon chien va-t-il bien puis mal, sans raison apparente ?
Parce que les hormones manquantes servent à faire face au stress. Tant que la vie est calme, le chien compense ; un événement stressant fait basculer l'équilibre et déclenche une poussée.
Le traitement peut-il être arrêté quand le chien va bien ?
Non, jamais. Le chien va bien parce qu'il est traité. Arrêter le traitement expose à une crise grave en quelques jours.
Faut-il prévenir en cas de voyage ou d'opération ?
Oui. Les périodes de stress, les anesthésies et les hospitalisations demandent souvent un ajustement du traitement, à décider avec le vétérinaire à l'avance.
Cette maladie est-elle héréditaire ?
Une part héréditaire est reconnue dans plusieurs races, où la maladie revient dans certaines lignées. Les chiens atteints ne devraient pas être reproduits.
Références
WSAVA — World Small Animal Veterinary Association
AVMA — American Veterinary Medical Association
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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