Accueil Animalia Santé animale Maladies animales Myélopathie dégénérative

Maladie autre Chien

Myélopathie dégénérative

La myélopathie dégénérative est une maladie de la moelle épinière du chien âgé. Les fibres nerveuses qui transmettent les ordres du cerveau aux pattes arrière se dégradent lentement et de façon irréversible. Elle commence par une simple mal...

De quoi s'agit-il ?

La myélopathie dégénérative est une maladie de la moelle épinière du chien âgé. Les fibres nerveuses qui transmettent les ordres du cerveau aux pattes arrière se dégradent lentement et de façon irréversible.

Elle commence par une simple maladresse des postérieurs, puis évolue en plusieurs mois vers une incapacité à marcher, avant d'atteindre progressivement les membres avant.

Un point important pour les propriétaires : cette maladie n'est pas douloureuse. Le chien perd le contrôle de ses pattes mais ne souffre pas, ce qui la distingue de l'arthrose ou de la hernie discale.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Au début : les pattes arrière se croisent, dérapent sur les sols lisses, le chien vacille quand il tourne.

Usure anormale des ongles du dessus des doigts, car le chien traîne le dessus de la patte au lieu de la poser à plat.

Il arrive que le chien reste debout sur une patte retournée sans s'en apercevoir.

Difficulté à se relever, arrière-train qui s'affaisse.

Aggravation lente et régulière sur plusieurs mois, sans douleur associée.

Puis impossibilité de se tenir debout sur les postérieurs, chien qui se déplace en s'aidant des membres avant.

Plus tard : perte du contrôle des urines et des selles, faiblesse des membres avant, difficulté à relever la tête, essoufflement.

Aucun signe de douleur : le chien ne crie pas, ne se plaint pas quand on manipule son dos.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

Il s'agit d'une dégénérescence progressive des voies nerveuses de la moelle épinière, sans compression ni inflammation.

Une mutation génétique bien identifiée est associée à la maladie dans plusieurs races. Elle se transmet des parents aux chiots ; un chien porteur de deux copies de la mutation est à risque, mais tous les chiens à risque ne développent pas la maladie.

Les mécanismes exacts qui déclenchent la dégénérescence chez un chien donné ne sont pas complètement compris.

Ce n'est ni une infection, ni une conséquence d'un traumatisme, ni une maladie que l'on attrape.

Âge avancé : la maladie se déclare presque toujours chez le chien âgé.

Races prédisposées, en particulier plusieurs races de format moyen à grand chez lesquelles la mutation est fréquente.

Antécédents familiaux et statut génétique : un chien porteur de deux copies de la mutation est à risque.

Aucun facteur alimentaire ou d'exercice n'est connu pour déclencher la maladie.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Le diagnostic se fait par élimination : il n'existe pas d'examen qui affirme la maladie du vivant du chien.

2

Le vétérinaire réalise un examen neurologique complet, qui montre une atteinte de la moelle dans la région du dos, sans douleur : cette absence de douleur est un élément d'orientation majeur.

3

Des radiographies, puis une imagerie par résonance magnétique ou une tomodensitométrie sont proposées pour écarter les causes qui se traitent : hernie discale progressive, tumeur de la colonne, rétrécissement du canal vertébral, inflammation.

4

Un test génétique recherchant la mutation est disponible. Un résultat à risque appuie fortement le diagnostic dans un contexte évocateur, mais il ne suffit pas à lui seul : un chien porteur peut boiter pour une tout autre raison.

5

Un bilan sanguin et un examen orthopédique complètent la démarche, car arthrose et myélopathie coexistent souvent chez le chien âgé.

Traitement

Il n'existe aujourd'hui aucun traitement capable d'arrêter ou d'inverser la maladie. Aucun médicament n'a démontré d'efficacité sur son évolution.

La prise en charge vise à conserver le plus longtemps possible l'autonomie et le confort du chien.

La physiothérapie et l'activité régulière et adaptée sont les seules mesures montrant un bénéfice sur le maintien de la marche : marche encadrée, exercices de proprioception, travail en eau sous supervision.

Des aides matérielles font une grande différence : harnais de soutien de l'arrière-train, bottines protégeant le dessus des pieds, tapis antidérapants dans toute la maison, chariot roulant quand les postérieurs ne portent plus.

Les soins de confort deviennent centraux : changement de position régulier, couchage épais pour éviter les escarres, toilette après les souillures, vidange de la vessie selon la technique montrée par le vétérinaire si le chien n'urine plus seul.

Si une arthrose accompagne la maladie, elle se traite, elle, avec des médicaments prescrits par le vétérinaire ; ne donnez jamais d'anti-inflammatoire humain à votre chien, ils peuvent provoquer des ulcères digestifs et des atteintes rénales ou hépatiques graves.

La question de la fin de vie doit être abordée sereinement avec le vétérinaire, en s'appuyant sur des repères concrets de qualité de vie.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Il n'existe pas de prévention individuelle : on ne peut pas empêcher la maladie d'apparaître chez un chien à risque.

Le seul levier est la sélection : dans les races concernées, le test génétique permet aux éleveurs d'éviter de produire des chiots porteurs de deux copies de la mutation.

Demander le statut génétique des parents lors de l'achat d'un chiot dans une race prédisposée est une bonne pratique.

Maintenir le chien mince et musclé ne prévient pas la maladie, mais retarde le moment où il ne peut plus se déplacer.

Complications possibles

Perte complète de la marche, puis atteinte des membres avant.

Incontinence urinaire et fécale, avec infections urinaires à répétition.

Escarres et plaies de frottement chez le chien qui reste couché.

Blessures des pieds traînés au sol si le chien n'est pas protégé.

En phase terminale, l'atteinte gagne les nerfs qui commandent la respiration et la déglutition.

Retentissement important sur la vie de la famille, les soins devenant lourds et quotidiens.

Quand consulter un vétérinaire

Les pattes arrière de votre chien âgé se croisent, dérapent ou traînent.

Ses ongles s'usent anormalement sur le dessus des doigts.

Il vacille quand il tourne ou peine à se relever.

Il reste appuyé sur une patte retournée sans la remettre en place.

Toute faiblesse des postérieurs doit être examinée sans attendre : plusieurs maladies qui se traitent donnent exactement les mêmes signes au début, et il serait dommage de passer à côté.

Une aggravation brutale en quelques heures ou l'apparition d'une douleur ne correspond pas à cette maladie : consultez en urgence.

Pronostic

L'évolution est inéluctable et progressive. La plupart des chiens perdent l'usage de leurs postérieurs en quelques mois à un an après les premiers signes, puis l'atteinte gagne l'avant du corps.

La maladie n'est pas douloureuse, ce qui permet souvent de conserver une bonne qualité de vie pendant une partie de l'évolution, avec des aides adaptées.

La décision d'euthanasie se pose généralement quand le chien ne peut plus se déplacer même assisté, qu'il perd le contrôle de ses fonctions ou que les membres avant sont touchés. Elle se prend avec le vétérinaire, sur des critères de qualité de vie et non sur un stade théorique.

Questions fréquentes

Mon chien traîne les pattes arrière : est-ce forcément cette maladie ?

Non, et c'est important. Une hernie discale progressive, une tumeur de la colonne ou un rétrécissement du canal vertébral donnent les mêmes signes et se traitent, elles. Un examen vétérinaire complet est indispensable avant de conclure.

Mon chien souffre-t-il ?

La myélopathie dégénérative elle-même n'est pas douloureuse : le chien perd le contrôle de ses pattes sans avoir mal. S'il montre des signes de douleur, une autre cause doit être recherchée, souvent une arthrose associée qui, elle, se traite.

Le test génétique suffit-il pour le diagnostic ?

Non. Il indique un risque, pas une certitude : un chien peut être porteur de deux copies de la mutation et ne jamais développer la maladie, ou boiter pour une autre raison. Le test s'interprète avec l'examen neurologique et l'imagerie.

Existe-t-il un traitement ?

Aucun traitement ne stoppe l'évolution à ce jour. La physiothérapie et l'activité adaptée sont les seules mesures qui aident à conserver la marche plus longtemps, avec les aides matérielles et les soins de confort.

Un chariot roulant, est-ce raisonnable ?

Oui pour beaucoup de chiens : comme la maladie n'est pas douloureuse, un chien qui garde de l'appétit, de l'entrain et un bon usage des membres avant peut retrouver de vraies sorties avec un chariot bien réglé.

Références

MSD Veterinary Manual

WSAVA — World Small Animal Veterinary Association

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026

EN BREF

AgentAutre
EspèceChien
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

Besoin d'un vétérinaire ?

Retrouvez un praticien près de chez vous sur TunisieVet, avec ses spécialités, ses horaires et ses coordonnées.

Trouver un vétérinaire

Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

Publicité
Haut Centre d’aide
Inscription
Suivez TunisieVet sur Facebook
Conseils, adoptions et actus vétérinaires
S'abonner