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Polykystose rénale féline
La polykystose rénale est une maladie héréditaire dans laquelle de petites poches remplies de liquide, les kystes, se développent à l'intérieur des reins. Les kystes sont déjà présents chez le chaton, mais minuscules. Ils grossissent lentem...
De quoi s'agit-il ?
La polykystose rénale est une maladie héréditaire dans laquelle de petites poches remplies de liquide, les kystes, se développent à l'intérieur des reins.
Les kystes sont déjà présents chez le chaton, mais minuscules. Ils grossissent lentement au fil des années et remplacent progressivement le tissu rénal qui fonctionne.
Le chat ne montre donc rien pendant longtemps. Les signes apparaissent en général à l'âge adulte ou vers l'âge mûr, lorsque les reins ne suffisent plus à la tâche : la maladie se manifeste alors comme une insuffisance rénale chronique.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Aucun signe pendant les premières années : c'est la caractéristique de cette maladie.
Puis, à mesure que les reins s'épuisent : le chat boit nettement plus et urine en plus grande quantité.
Amaigrissement progressif, appétit qui diminue.
Pelage terne et mal entretenu.
Fatigue, sommeil plus long, jeu abandonné.
Vomissements, mauvaise haleine, déshydratation dans les stades avancés.
Chez le chaton, une forme sévère et précoce existe mais reste exceptionnelle.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La maladie est due à une anomalie génétique transmise des parents aux chatons.
Elle se transmet sur un mode dit dominant : il suffit qu'un seul des deux parents soit atteint pour qu'une partie de la portée le soit également. Il n'existe donc pas de porteur sain qui ne développerait jamais la maladie.
Rien dans l'alimentation, l'environnement ou les soins ne provoque l'apparition des kystes : ils sont inscrits dans le patrimoine génétique du chat dès sa conception.
Appartenir au Persan ou à l'Exotic shorthair, races les plus concernées. La maladie est également décrite chez le British shorthair et chez des chats issus de croisements avec ces races.
Avoir un parent atteint : c'est le facteur déterminant.
Provenir d'un élevage qui ne dépiste pas ses reproducteurs.
L'âge ne cause pas la maladie mais en révèle les conséquences : plus le chat avance en âge, plus les reins sont abîmés.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
L'échographie des reins est l'examen de référence : elle montre les kystes, les compte et les mesure. Elle est fiable chez le chat adulte et permet un dépistage dès l'âge de quelques mois chez les races prédisposées.
Un test génétique réalisé à partir d'un simple prélèvement dans la bouche ou d'une prise de sang permet de savoir si le chat porte l'anomalie, même très jeune et avant tout kyste visible.
Une prise de sang et une analyse d'urine évaluent le fonctionnement réel des reins : c'est ce bilan, et non le nombre de kystes, qui détermine la prise en charge.
La pression artérielle est mesurée, car elle monte souvent lorsque les reins souffrent.
Un suivi régulier est mis en place chez les chats porteurs, même sans aucun signe.
Traitement
Il n'existe pas de traitement capable de faire disparaître les kystes ni d'arrêter leur croissance.
La prise en charge est celle de la maladie rénale chronique et vise à préserver le plus longtemps possible les reins encore fonctionnels.
Une alimentation vétérinaire rénale, adaptée en protéines et en phosphore, constitue la mesure la mieux établie.
L'accès permanent à l'eau et l'alimentation humide sont essentiels pour compenser les pertes.
Des médicaments sont ajoutés selon les besoins : contrôle de la pression artérielle, correction de la perte de protéines dans les urines, soutien contre les nausées, lutte contre l'anémie.
Dans les stades avancés, des perfusions sont proposées, parfois réalisables à domicile après apprentissage auprès du vétérinaire.
Un kyste très volumineux ou infecté peut nécessiter un geste particulier, mais cette situation reste rare.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
La seule prévention réelle se joue à l'élevage : ne pas faire reproduire un chat porteur.
Demandez toujours le résultat du dépistage des parents avant d'acheter ou d'adopter un chaton de race prédisposée.
Faites dépister votre chat s'il appartient à ces races, même s'il va parfaitement bien : connaître son statut permet de le suivre et d'agir tôt.
Chez un chat porteur, un bilan rénal annuel, puis plus rapproché avec l'âge, permet de commencer l'accompagnement avant l'apparition des signes.
Évitez tout médicament ou complément donné sans avis vétérinaire : certains sont mal supportés par des reins fragiles.
Complications possibles
Insuffisance rénale chronique, aboutissement habituel de la maladie.
Hypertension artérielle, avec risque de lésions des yeux, du cerveau et du cœur.
Anémie, liée à la perte de la fonction des reins dans la production des globules rouges.
Infection d'un kyste ou saignement à l'intérieur d'un kyste, moins fréquents mais douloureux.
Des kystes peuvent également se former dans le foie chez certains chats atteints.
Quand consulter un vétérinaire
Votre chat boit et urine nettement plus qu'avant.
Il maigrit ou mange moins sans raison évidente.
Son pelage devient terne et il se toilette moins.
Il vomit régulièrement ou paraît nauséeux.
Il appartient à une race prédisposée et n'a jamais été dépisté : prenez rendez-vous même s'il va bien.
Il se cogne aux objets ou semble ne plus voir : consultez sans attendre, cela peut traduire une pression artérielle trop élevée.
Pronostic
La maladie est présente à vie et ne se guérit pas, mais son évolution est lente : beaucoup de chats atteints vivent de longues années sans aucun signe.
Le pronostic dépend de la vitesse à laquelle les reins se dégradent, très variable d'un chat à l'autre, et du stade auquel la prise en charge commence.
Un dépistage précoce et un suivi régulier permettent d'agir avant l'apparition des symptômes et de gagner un temps précieux sur la qualité de vie.
Questions fréquentes
Mon chat porteur va-t-il forcément tomber malade ?
Les kystes sont présents et grossiront, mais leur retentissement varie beaucoup. Certains chats développent une insuffisance rénale tôt, d'autres restent très longtemps sans signe. C'est le suivi du fonctionnement des reins qui donne l'information utile.
À quel âge peut-on dépister ?
Le test génétique est réalisable à tout âge, même chez un très jeune chaton. L'échographie devient fiable à partir de quelques mois chez les races prédisposées, et son interprétation est d'autant plus sûre que le chat est âgé.
Peut-on faire reproduire un chat atteint ?
Cela n'est pas recommandé. La maladie se transmet même lorsqu'un seul parent est atteint, et une partie de la portée sera concernée. Le dépistage des reproducteurs est le seul moyen de faire reculer la maladie dans les races touchées.
Une alimentation spéciale sert-elle à quelque chose avant l'apparition des signes ?
L'alimentation rénale est indiquée quand le fonctionnement des reins commence à baisser, pas de façon systématique chez un chat porteur en pleine forme. C'est votre vétérinaire qui décide du moment, sur la base des analyses.
Références
AAFP — American Association of Feline Practitioners
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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