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Résorption dentaire féline

La résorption dentaire est une destruction progressive de la dent par l'organisme lui-même. Des cellules normalement chargées de remodeler l'os s'attaquent au tissu dentaire et le grignotent, de la racine vers la couronne. La dent se creuse...

De quoi s'agit-il ?

La résorption dentaire est une destruction progressive de la dent par l'organisme lui-même. Des cellules normalement chargées de remodeler l'os s'attaquent au tissu dentaire et le grignotent, de la racine vers la couronne.

La dent se creuse, la gencive vient combler le trou, puis la couronne finit par se casser. C'est l'une des affections dentaires les plus fréquentes du chat adulte.

Ce n'est pas une carie : il n'y a ni sucre ni bactérie à l'origine du phénomène, même si l'inflammation locale l'accompagne souvent.

À retenir

La douleur est réelle et permanente, même chez un chat qui continue à manger. L'absence de plainte n'est jamais une preuve d'absence de douleur chez cette espèce.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Beaucoup de chats ne montrent longtemps aucun signe visible : la lésion est découverte lors d'un examen de routine.

Quand la douleur s'installe, le chat mâche d'un seul côté, laisse tomber des croquettes ou les avale sans mâcher.

Claquements de mâchoire ou tremblement de la mâchoire inférieure lorsqu'on effleure la zone atteinte : c'est un signe très évocateur.

Salivation, mauvaise haleine, réticence à se laisser toucher la tête.

Petit bourgeon de gencive rouge remontant sur la dent, ou dent visiblement ébréchée au ras de la gencive.

Baisse d'appétit et perte de poids dans les formes évoluées.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

Le mécanisme exact reste mal compris malgré de nombreux travaux : on sait ce qui se passe dans la dent, pas ce qui déclenche le processus.

Des cellules appelées odontoclastes se mettent à détruire le tissu dur de la dent, comme elles le feraient pour résorber une dent de lait.

L'inflammation de la gencive et la présence de plaque semblent aggraver le phénomène sans en être la cause première.

Des hypothèses concernant l'équilibre calcium-vitamine D de l'alimentation ont été avancées, sans conclusion définitive à ce jour.

L'âge est le facteur principal : la fréquence augmente nettement chez le chat adulte et âgé.

Les chats de races à museau court et certaines lignées de chats de race semblent plus souvent touchés.

Une maladie parodontale existante ou une gingivostomatite chronique accompagne fréquemment les lésions.

Un chat ayant déjà présenté une lésion en développera très souvent d'autres : le suivi devient indispensable.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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L'examen de la bouche vigile ne montre que la partie émergée : de nombreuses lésions se cachent sous la gencive ou dans la racine.

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Le diagnostic repose sur des radiographies dentaires réalisées sous anesthésie, dent par dent. C'est le seul moyen de savoir quelles dents sont atteintes, à quel stade, et quel geste pratiquer.

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Le vétérinaire sonde chaque dent à la recherche d'un point douloureux ou d'une cavité comblée par la gencive.

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Un bilan sanguin précède l'anesthésie, surtout chez le chat âgé.

Traitement

Il n'existe aucun traitement permettant d'arrêter ou d'inverser la résorption : on ne rebouche pas une dent résorbée comme on soigne une carie.

Le traitement consiste à retirer la dent atteinte, ce qui supprime définitivement la douleur.

Selon l'aspect radiographique, le vétérinaire retire la dent entière ou, dans certaines situations précises et documentées à la radiographie, seulement la couronne en laissant les racines déjà remplacées par de l'os.

La prise en charge de la douleur avant, pendant et après l'intervention fait partie du protocole, avec des antidouleurs vétérinaires adaptés au chat.

Ne donnez jamais un antidouleur humain à un chat : le paracétamol, en particulier, est mortel pour lui, même en très petite quantité.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Aucune mesure ne permet aujourd'hui d'empêcher l'apparition des lésions, faute d'en connaître la cause.

Le dépistage est le vrai levier : un examen de la bouche à chaque visite annuelle, et des radiographies dentaires lors de toute anesthésie ou détartrage.

L'hygiène bucco-dentaire régulière réduit l'inflammation de la gencive qui accompagne et aggrave les lésions.

Chez un chat ayant déjà eu une lésion, un contrôle dentaire rapproché est justifié.

Complications possibles

Fracture de la couronne au ras de la gencive, laissant une racine douloureuse en place.

Exposition de la pulpe, très douloureuse, et infection de la racine.

Douleur chronique qui modifie le comportement : chat qui s'isole, devient irritable, cesse de se toiletter.

Dénutrition dans les formes avancées avec plusieurs dents atteintes.

Quand consulter un vétérinaire

Votre chat laisse tomber ses croquettes ou mâche d'un seul côté.

Sa mâchoire tremble ou claque quand il mange, ou quand vous approchez de sa bouche.

Il bave, a mauvaise haleine ou refuse qu'on lui touche la tête.

Vous voyez une gencive rouge qui remonte sur une dent, ou une dent cassée au ras de la gencive.

Il mange moins et maigrit sans autre explication.

Pronostic

Excellent après retrait des dents atteintes : la douleur disparaît et les propriétaires décrivent très souvent un chat « rajeuni », plus joueur et plus câlin, ce qui montre à quel point il souffrait en silence.

De nouvelles lésions peuvent apparaître sur d'autres dents : un contrôle régulier reste nécessaire.

Les chats ayant perdu plusieurs dents, voire toutes, mangent et vivent normalement.

Questions fréquentes

Est-ce que c'est une carie ?

Non. La carie est une destruction par des bactéries et le sucre ; elle est exceptionnelle chez le chat. Ici, ce sont les propres cellules de l'animal qui détruisent la dent. Le traitement n'est donc pas un plombage mais une extraction.

Peut-on éviter l'anesthésie pour le diagnostic ?

Non. Un examen bouche fermée ne montre qu'une partie des lésions, et les radiographies dentaires, indispensables pour décider du geste, ne sont pas réalisables sur un chat éveillé. L'anesthésie est préparée par un bilan préalable.

Mon chat mange normalement, faut-il quand même traiter ?

Oui. Le chat masque très bien la douleur : manger reste un réflexe vital. Une dent en résorption exposée est douloureuse en permanence, et la seule façon de mettre fin à cette douleur est de la retirer.

Les croquettes abîment-elles les dents du chat ?

Elles ne provoquent pas la résorption dentaire. Certaines croquettes spécifiques aident même à limiter la plaque. Le facteur le plus important reste l'entretien régulier et le contrôle vétérinaire de la bouche.

Références

MSD Veterinary Manual

AAFP — American Association of Feline Practitioners

Cornell Feline Health Center

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026

EN BREF

AgentAutre
EspèceChat
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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