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Rhinite chronique féline

On parle de rhinite chronique quand un chat éternue et a le nez qui coule depuis plusieurs semaines, avec des périodes d'accalmie et de reprise. C'est le plus souvent une séquelle : au cours d'un coryza sévère, les structures fines à l'inté...

De quoi s'agit-il ?

On parle de rhinite chronique quand un chat éternue et a le nez qui coule depuis plusieurs semaines, avec des périodes d'accalmie et de reprise.

C'est le plus souvent une séquelle : au cours d'un coryza sévère, les structures fines à l'intérieur du nez ont été abîmées. La muqueuse ne joue plus son rôle de filtre et de nettoyage, et des bactéries s'installent en permanence dans un nez devenu accueillant.

Ce n'est donc plus vraiment une infection à éliminer, mais un handicap à accompagner. L'objectif n'est pas la guérison complète, rarement atteinte, mais un chat qui respire, mange et vit correctement.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Éternuements par salves, souvent le matin ou après le repos.

Écoulement nasal permanent ou par périodes, épais, jaunâtre ou verdâtre, sur une ou deux narines.

Nez qui siffle et respiration bruyante, bouche parfois entrouverte pour respirer.

Appétit capricieux : un chat qui ne sent plus rien mange peu.

Saignements de nez occasionnels.

Croûtes autour des narines, chat qui se frotte le museau.

Ganglions du cou parfois augmentés de volume.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

La cause la plus fréquente est la destruction des structures internes du nez lors d'un coryza ancien, en particulier par l'herpèsvirus.

Des bactéries colonisent ensuite ce nez fragilisé : elles entretiennent l'écoulement mais ne sont pas la cause première, ce qui explique que les antibiotiques améliorent sans régler durablement.

D'autres causes doivent être écartées avant de conclure : corps étranger inhalé, polype, tumeur, maladie dentaire dont l'infection remonte vers le nez, infection fongique.

Un écoulement d'une seule narine chez un chat d'âge mûr est particulièrement suspect et impose des examens.

Antécédent de coryza sévère, surtout dans les premiers mois de vie.

Chat de refuge ou issu d'une collectivité.

Absence de vaccination pendant l'enfance.

Maladies affaiblissant les défenses : FIV, leucose féline.

Environnement chargé en fumée, poussière ou produits irritants, qui entretient l'inflammation.

Races à face plate, dont les cavités nasales se drainent mal.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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L'objectif de la consultation est d'abord d'écarter les causes qui se soignent : le vétérinaire examine la bouche et les dents, regarde le fond de la gorge et évalue le flux d'air par chaque narine.

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Des radiographies ou, mieux, un scanner de la tête montrent l'état des cavités nasales et des sinus.

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Une exploration du nez sous anesthésie, avec prélèvements et éventuellement endoscopie, permet de rechercher un polype, une tumeur, un corps étranger ou une infection fongique.

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Un dépistage du FIV et de la leucose est habituel.

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Une culture bactérienne seule est peu utile : le nez d'un chat chronique héberge de toute façon des bactéries.

Traitement

La prise en charge est un accompagnement au long cours, ajusté au fil du temps.

Des cures d'antibiotiques prescrites par le vétérinaire soulagent les poussées, sans être une solution permanente : leur usage répété sans avis favorise les résistances.

Des anti-inflammatoires peuvent être proposés pour calmer l'inflammation de la muqueuse.

Les soins d'entretien à la maison sont essentiels : nettoyage doux des narines, séances quotidiennes de vapeur dans la salle de bain, humidification de l'air, nébulisations si le vétérinaire les recommande.

Stimuler l'appétit compte autant que le reste : nourriture très odorante, réchauffée à température du corps, servie en petites quantités fréquentes.

Une chirurgie n'est envisagée que pour une cause précise identifiée, comme un polype.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Vacciner les chatons dès l'âge recommandé est le meilleur moyen d'éviter les coryzas sévères qui laissent ces séquelles.

Soigner sérieusement et complètement un épisode aigu de coryza, sans arrêter les soins au premier mieux.

Supprimer les irritants du logement : tabac, encens, sprays, litière poussiéreuse.

Maintenir une bonne humidité de l'air, surtout en période de chauffage.

Faire contrôler les dents régulièrement.

Complications possibles

Extension de l'infection aux sinus, plus difficiles encore à assainir.

Descente de l'infection vers les poumons.

Amaigrissement progressif chez un chat qui perd l'odorat et l'appétit.

Sélection de bactéries résistantes après des antibiotiques répétés.

Retard au diagnostic d'une tumeur nasale, dont les premiers signes ressemblent à ceux d'une simple rhinite.

Quand consulter un vétérinaire

L'écoulement ne concerne qu'une seule narine, ou contient du sang.

La face de votre chat se déforme, ou une bosse apparaît sur le chanfrein ou sous un œil : consultez rapidement.

Il respire bouche ouverte ou avec effort.

Il maigrit, ou ne mange plus depuis vingt-quatre heures.

Les poussées deviennent plus rapprochées ou plus sévères qu'auparavant.

Pronostic

La guérison complète est rare : la muqueuse abîmée ne se reconstitue pas.

En revanche, la plupart des chats vivent longtemps et confortablement avec un traitement d'entretien et un environnement adapté, au prix de quelques poussées par an.

Le pronostic dépend surtout de la cause : une rhinite séquellaire se gère, un polype s'opère, une tumeur nasale relève d'une prise en charge tout autre. C'est pourquoi il ne faut pas se contenter d'antibiotiques répétés sans avoir cherché.

Questions fréquentes

Pourquoi les antibiotiques marchent-ils, puis ça revient ?

Parce que les bactéries ne sont pas la cause première : elles profitent d'un nez déjà abîmé. L'antibiotique fait baisser la population bactérienne, les signes s'améliorent, puis le nez se recolonise. C'est pour cela qu'on parle d'accompagnement plutôt que de guérison.

Mon chat ne mange plus, que faire en attendant la consultation ?

Proposez une nourriture molle très odorante, réchauffée à température du corps, en petites quantités fréquentes, et dégagez-lui le nez avec de la vapeur. Si le jeûne dépasse vingt-quatre heures, ne temporisez plus : chez le chat, un jeûne prolongé abîme le foie.

Est-ce contagieux pour mes autres chats ?

La rhinite chronique en elle-même est une séquelle, pas une maladie contagieuse. En revanche, un chat porteur d'herpèsvirus ou de calicivirus peut relarguer ces virus lors des poussées : gardez les autres chats vaccinés.

Un écoulement d'une seule narine, est-ce différent ?

Oui, et cela mérite toujours un examen approfondi. Une atteinte d'un seul côté oriente vers un corps étranger, un polype, une dent infectée ou une tumeur, plutôt que vers une séquelle de coryza, qui touche en général les deux côtés.

Références

MSD Veterinary Manual

AAFP — American Association of Feline Practitioners

Cornell Feline Health Center

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026

EN BREF

AgentAutre
EspèceChat
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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