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Thrombo-embolie aortique féline
Un caillot de sang formé dans le cœur se détache et vient boucher l'artère qui irrigue l'arrière-train. Les muscles des pattes arrière ne reçoivent plus de sang et cessent brutalement de fonctionner. Le chat, normal quelques minutes plus tô...
De quoi s'agit-il ?
Un caillot de sang formé dans le cœur se détache et vient boucher l'artère qui irrigue l'arrière-train. Les muscles des pattes arrière ne reçoivent plus de sang et cessent brutalement de fonctionner.
Le chat, normal quelques minutes plus tôt, s'effondre, crie et ne peut plus se lever. C'est l'une des situations les plus douloureuses de la médecine féline et une urgence vétérinaire immédiate.
Dans la grande majorité des cas, une maladie du cœur était présente sans avoir été repérée : l'accident est souvent la première manifestation visible.
À retenir
Urgence vitale et très douloureuse. Une paralysie brutale de l'arrière-train chez un chat impose une consultation immédiate, sans automédication et sans attendre une amélioration spontanée.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Installation brutale, en quelques minutes, chez un chat qui allait bien.
Les deux pattes arrière — parfois une seule, plus rarement une patte avant — deviennent inutilisables : le chat se traîne sur l'avant du corps.
Douleur intense : il hurle, halète, refuse d'être touché ou déplacé.
Les pattes atteintes sont froides ; les coussinets et le lit des griffes deviennent pâles ou bleutés.
Aucun pouls n'est perceptible dans le membre touché ; les muscles durcissent en quelques heures.
Respiration rapide et difficile, souvent gueule ouverte, lorsqu'une insuffisance cardiaque accompagne l'épisode.
Certains chats vomissent ou sont en état de choc, très abattus et froids.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
Une maladie du muscle cardiaque, le plus souvent une cardiomyopathie hypertrophique, fait stagner le sang dans une cavité dilatée du cœur.
Le sang qui stagne coagule et forme un caillot, qui grossit puis se détache.
Emporté par la circulation, ce caillot se bloque à l'endroit où l'aorte se divise pour irriguer les deux pattes arrière.
Au blocage mécanique s'ajoute la libération de substances qui resserrent les petits vaisseaux voisins : la circulation de secours ne peut pas s'établir, ce qui explique la sévérité de l'atteinte.
D'autres causes existent — tumeur, maladie thyroïdienne avancée — mais restent minoritaires.
Une maladie cardiaque préexistante, connue ou non : c'est le facteur principal.
Une oreillette gauche dilatée à l'échographie est le signal d'alarme le plus utile pour identifier les chats à risque.
Un premier épisode expose fortement à un second.
Les mâles et les races prédisposées aux cardiomyopathies sont surreprésentés.
Un épisode de stress important ou une maladie intercurrente peuvent précipiter l'accident, sans en être la cause.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
C'est une urgence : conduisez le chat chez un vétérinaire immédiatement, en le manipulant le moins possible et en le gardant au chaud dans une caisse de transport.
Ne donnez aucun médicament de votre pharmacie, en particulier aucun anti-inflammatoire ou antidouleur humain : plusieurs sont toxiques pour le chat, même en petite quantité.
Ne massez pas les pattes et n'essayez pas de faire marcher l'animal : cela ne rétablit pas la circulation et augmente la douleur.
Au cabinet, la priorité est le soulagement de la douleur, qui est majeure, puis l'oxygène si la respiration est difficile.
Le diagnostic est souvent évident à l'examen : membres froids, absence de pouls, muscles contractés, coussinets décolorés.
Une échographie cardiaque est réalisée dès que l'état du chat le permet, avec une prise de sang évaluant les reins, le potassium et les conséquences du manque d'oxygène sur les muscles.
Traitement
La prise en charge est hospitalière et repose d'abord sur des antidouleurs puissants : le confort du chat passe avant tout le reste.
Des médicaments qui fluidifient le sang sont administrés pour empêcher le caillot de grossir et éviter la formation d'un nouveau ; l'organisme dissout lui-même le caillot existant, lentement.
Les tentatives de dissolution en urgence ou de retrait chirurgical du caillot sont rarement pratiquées : elles exposent à des complications sévères au moment où la circulation se rétablit.
L'insuffisance cardiaque associée est traitée en parallèle, avec prudence, car les besoins des deux problèmes peuvent s'opposer.
La surveillance porte sur la douleur, la fonction des reins, le taux de potassium et la reprise progressive de la mobilité.
Quand la douleur ne peut pas être maîtrisée ou que l'atteinte est trop étendue, l'euthanasie est une décision légitime, à discuter avec le vétérinaire. Laisser souffrir n'est jamais une option acceptable.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Le seul levier réel est le dépistage et le suivi de la maladie cardiaque avant l'accident.
Un chat porteur d'une cardiomyopathie avec oreillette gauche dilatée peut recevoir un traitement destiné à limiter la formation de caillots : il réduit le risque sans le supprimer.
Une échographie cardiaque chez les chats de race à risque, ou dès qu'un souffle ou un rythme anormal est entendu, permet d'identifier les animaux concernés.
Surveiller la fréquence respiratoire au repos à la maison aide à repérer une aggravation cardiaque avant la complication.
Complications possibles
Atteinte des reins et des muscles privés de sang, avec libération de substances toxiques dans la circulation.
Montée dangereuse du potassium sanguin au moment où la circulation se rétablit, susceptible de perturber le cœur.
Lésions de la peau ou perte de tissu à l'extrémité des membres lorsque l'irrigation ne revient pas.
Récidive, fréquente, malgré un traitement bien conduit.
Insuffisance cardiaque associée, qui complique nettement la prise en charge.
Quand consulter un vétérinaire
Votre chat ne peut plus se servir de ses pattes arrière : partez immédiatement chez le vétérinaire, de jour comme de nuit.
Il crie, halète et refuse qu'on le touche.
Ses pattes arrière sont froides, ses coussinets pâles ou bleutés.
Il respire gueule ouverte ou très vite.
Il traîne une patte apparue soudainement inutilisable, même sans chute ni accident.
N'attendez pas le lendemain et ne donnez aucun médicament de votre armoire : chaque heure compte, pour la douleur comme pour l'avenir du membre.
Pronostic
Le pronostic est réservé et se juge sur les premiers jours.
Un chat dont une seule patte est touchée, qui conserve un peu de chaleur dans le membre et qui n'est pas en insuffisance cardiaque a de meilleures chances de retrouver une marche correcte.
La fonction du membre revient progressivement, sur plusieurs semaines, lorsqu'elle revient.
La maladie cardiaque sous-jacente demeure et les récidives sont fréquentes : le suivi cardiologique après la crise fait partie du traitement.
Questions fréquentes
Mon chat a perdu l'usage de ses pattes arrière : peut-il avoir simplement fait une chute ?
C'est possible, mais l'atteinte des deux pattes en même temps, avec une douleur intense, des coussinets pâles et des pattes froides, oriente vers un caillot. Dans tous les cas, une paralysie brutale se voit en urgence.
Puis-je lui donner un antidouleur en attendant ?
Non. Les antidouleurs humains courants sont dangereux, parfois mortels, pour le chat. Le seul geste utile est de le transporter au calme, au chaud, sans le manipuler plus que nécessaire.
Mon chat récupérera-t-il l'usage de ses pattes ?
Certains chats remarchent après plusieurs semaines, d'autres non. La récupération dépend du nombre de membres touchés, de la circulation qui subsiste et de l'état du cœur. Le vétérinaire réévalue régulièrement au cours des premiers jours.
Cela peut-il se reproduire ?
Oui, le risque de récidive est réel, car la maladie cardiaque à l'origine du caillot persiste. Un traitement fluidifiant au long cours et un suivi cardiologique réduisent ce risque sans l'annuler.
Références
AAFP — American Association of Feline Practitioners
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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