Maladie autre Requin-renard

Traumatismes liés aux filets de pêche et captures accidentelles du requin-renard

Le requin-renard (Alopias vulpinus) est une espèce pélagique reconnaissable à sa très longue nageoire caudale supérieure, utilisée pour étourdir ses proies. Cette morphologie particulière et son mode de vie en pleine mer le rendent particul...

De quoi s'agit-il ?

Le requin-renard (Alopias vulpinus) est une espèce pélagique reconnaissable à sa très longue nageoire caudale supérieure, utilisée pour étourdir ses proies. Cette morphologie particulière et son mode de vie en pleine mer le rendent particulièrement vulnérable aux engins de pêche, notamment les filets maillants dérivants et les palangres. Les traumatismes liés aux filets et les captures accidentelles, appelées prises accessoires ou « bycatch », constituent aujourd'hui l'une des principales menaces pour la survie de cette espèce. Il ne s'agit pas d'une maladie au sens classique, mais d'un ensemble de blessures physiques et de conséquences physiologiques graves consécutives à l'enchevêtrement ou à la capture involontaire dans du matériel de pêche.

À retenir

Le requin-renard est une espèce classée comme vulnérable, dont les populations sont en déclin à l'échelle mondiale notamment à cause des captures accidentelles ; chaque individu compte pour la conservation de l'espèce.

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Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Un requin-renard pris dans un filet ou une ligne présente souvent des marques d'enroulement autour du corps, de la nageoire caudale ou des nageoires pectorales. La peau peut être entaillée, abrasée ou lacérée aux points de contact avec les cordages ou les mailles.

La très longue queue de cette espèce est particulièrement exposée : elle peut être sectionnée, profondément entaillée ou rester emmêlée durablement.

Un animal capturé puis relâché peut nager de façon désorganisée, avoir du mal à maintenir sa position dans la colonne d'eau, ou présenter une respiration anormalement rapide ou au contraire ralentie, signe d'épuisement.

Les muqueuses (visibles au niveau des branchies ou de la bouche) peuvent apparaître pâles en cas de stress physiologique important ou de perte de sang.

Dans les cas les plus sévères, l'animal reste immobile ou ne parvient plus à nager normalement, ce qui compromet gravement sa survie une fois relâché.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

L'enchevêtrement dans des filets maillants, des filets dérivants, des palangres ou des lignes de traîne est la cause directe. La longue nageoire caudale du requin-renard, qu'il utilise en la fouettant pour assommer ses proies, se prend facilement dans les mailles ou les câbles, ce qui accentue le risque d'enchevêtrement par rapport à d'autres espèces de requins.

La capture peut être accidentelle, lorsque l'espèce n'est pas la cible recherchée par les pêcheurs, ou survenir lors d'une pêche ciblée non réglementée.

Les zones de forte activité de pêche pélagique, notamment là où sont déployés des filets dérivants ou des palangres de surface, augmentent fortement le risque.

Les zones de migration et de reproduction du requin-renard, où l'espèce se concentre, sont particulièrement à risque de captures accidentelles répétées.

Le comportement de chasse de l'espèce, qui l'amène à évoluer près de bancs de poissons souvent eux-mêmes ciblés par la pêche, augmente son exposition aux engins.

Les jeunes individus et les femelles gravides semblent particulièrement vulnérables lors de certaines périodes de regroupement.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Un vétérinaire spécialisé en faune marine ou un biologiste marin évalue l'état de l'animal par observation directe : étendue des lésions cutanées, présence de saignement, comportement de nage, couleur des muqueuses et respiration.

2

Dans le cadre d'études scientifiques ou de programmes de conservation, des examens complémentaires (prélèvements sanguins, biopsies) peuvent être réalisés pour évaluer le niveau de stress physiologique de l'animal avant et après relâcher.

3

L'observation post-remise à l'eau, lorsque possible via marquage satellite, permet de juger de la survie effective de l'animal à moyen terme.

Traitement

La prise en charge repose avant tout sur le retrait rapide et soigneux du filet ou de la ligne, en minimisant le temps de manipulation hors de l'eau.

Le nettoyage des plaies superficielles peut être envisagé dans un cadre de sauvetage encadré, avec des solutions antiseptiques adaptées au milieu marin.

Dans les cas de blessures profondes ou d'atteinte de la nageoire caudale, aucun traitement curatif en mer n'est possible ; le pronostic dépend de la gravité de la lésion.

Aucun traitement médicamenteux classique (antibiotique, anti-inflammatoire) n'est applicable en conditions naturelles ; ces options restent réservées à des structures spécialisées de soins pour faune marine, rarissimes pour cette espèce.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

La réduction de l'usage des filets maillants dérivants et l'adoption d'engins de pêche sélectifs limitent le risque de capture accidentelle.

Des dispositifs d'exclusion ou de réduction des prises accessoires, ainsi que des modifications d'hameçons ou de lignes, peuvent diminuer les captures involontaires.

La formation des pêcheurs aux bonnes pratiques de manipulation et de remise à l'eau rapide des individus capturés vivants améliore leurs chances de survie.

La réglementation des zones et périodes de pêche dans les secteurs de reproduction ou de concentration de l'espèce contribue à réduire l'exposition.

La sensibilisation des équipages à l'identification de l'espèce, souvent confondue avec d'autres requins pélagiques, aide à mieux documenter et limiter les captures.

Complications possibles

Les lésions profondes de la nageoire caudale peuvent compromettre durablement la capacité de nage et de chasse de l'animal.

Une hémorragie importante ou un stress physiologique prolongé pendant la capture peut entraîner un épuisement sévère, parfois fatal, même après remise à l'eau apparemment réussie.

Les plaies non cicatrisées exposent l'animal à des infections secondaires en milieu marin.

Au niveau populationnel, la répétition des captures accidentelles menace la démographie de l'espèce, dont le taux de reproduction est naturellement faible.

Quand consulter un vétérinaire

Un requin-renard trouvé enchevêtré ou capturé accidentellement doit être signalé immédiatement aux autorités maritimes ou organismes de conservation compétents.

Toute observation de saignement actif ou de lésion profonde de la nageoire caudale nécessite un avis de spécialiste en faune marine avant toute manipulation.

Un animal qui reste immobile ou incapable de nager après remise à l'eau doit être signalé pour un suivi éventuel.

Toute capture, même accidentelle, dans le cadre professionnel doit être déclarée conformément à la réglementation en vigueur sur les espèces protégées.

Pronostic

Le pronostic dépend fortement de la gravité des lésions et de la rapidité de remise à l'eau. Un enchevêtrement bref sans lésion profonde peut permettre une survie normale.

En revanche, une atteinte sévère de la nageoire caudale ou un temps prolongé hors de l'eau réduisent fortement les chances de survie à moyen terme.

À l'échelle de l'espèce, le pronostic démographique reste préoccupant en raison de la combinaison de la pression de pêche accidentelle et du faible taux de renouvellement naturel de la population.

Questions fréquentes

Le requin-renard est-il souvent capturé accidentellement ?

Oui, c'est l'une des principales causes de mortalité connues chez cette espèce, en raison de sa longue nageoire caudale qui s'enchevêtre facilement dans les filets et lignes de pêche.

Un requin-renard relâché après capture survit-il toujours ?

Pas toujours. La survie dépend de la gravité des blessures et du temps passé hors de l'eau ou enchevêtré ; certains individus meurent malgré une remise à l'eau apparente.

Que faire si l'on trouve un requin-renard pris dans un filet ?

Il faut contacter rapidement les autorités maritimes ou un organisme de conservation compétent, et éviter toute manipulation seule si l'on n'est pas formé, pour la sécurité de l'animal et de la personne.

Peut-on soigner un requin-renard blessé comme un animal domestique ?

Non, les soins vétérinaires classiques ne s'appliquent pas en mer ; la prise en charge se limite généralement au retrait du filet et, dans de rares cas, à une intervention encadrée par des structures spécialisées.

Références

WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)

FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 18 août 2026

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EN BREF

AgentAutre
EspèceRequin-renard
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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