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Tumeur vénérienne transmissible
La tumeur vénérienne transmissible, souvent abrégée TVT, est un cancer particulier : il ne naît pas des cellules du chien atteint, mais se transmet d'un chien à l'autre sous forme de cellules tumorales vivantes qui s'implantent sur les muqu...
De quoi s'agit-il ?
La tumeur vénérienne transmissible, souvent abrégée TVT, est un cancer particulier : il ne naît pas des cellules du chien atteint, mais se transmet d'un chien à l'autre sous forme de cellules tumorales vivantes qui s'implantent sur les muqueuses.
Elle se développe le plus souvent sur les organes génitaux, sous forme de masses rouges, irrégulières, qui saignent facilement.
Elle est présente dans les populations de chiens en liberté ou peu suivis du pourtour méditerranéen, Tunisie comprise, où les accouplements se font sans contrôle.
À retenir
Le mot « cancer » fait peur, mais celui-ci est l'un des plus curables chez le chien. Un chien des rues atteint n'est pas un cas désespéré : correctement pris en charge, il guérit le plus souvent et cesse d'être contaminant.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Chez la femelle : masse en forme de chou-fleur au niveau de la vulve, écoulement rosé ou sanglant, léchage insistant de la région.
Chez le mâle : masse sur le pénis ou le fourreau, gouttes de sang à l'extrémité du fourreau en dehors de toute miction, léchage répété.
Masses friables qui saignent au moindre contact, parfois confondues avec des chaleurs qui durent ou une infection urinaire.
Gêne pour uriner lorsque la masse est volumineuse.
Ganglions de l'aine augmentés de volume.
Plus rarement, localisation dans le nez ou la bouche, contractée en léchant ou en flairant un congénère atteint : saignements de nez, éternuements répétés, déformation de la face.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
Les cellules cancéreuses elles-mêmes constituent l'agent de la maladie : elles passent d'un chien à l'autre et se greffent sur une muqueuse fragilisée.
Il ne s'agit ni d'un virus, ni d'une bactérie, ni d'un parasite : c'est un tissu tumoral qui se transplante naturellement.
Un système immunitaire affaibli favorise l'implantation et la croissance de la tumeur.
Chien entier, non stérilisé, ayant accès à des congénères pour la reproduction.
Vie en liberté ou en semi-liberté, contacts fréquents avec des chiens non suivis.
Regroupements de chiens : quartiers, fermes, refuges surchargés.
Jeune adulte à adulte : c'est l'âge de la reproduction, donc celui des contacts à risque.
Baisse des défenses immunitaires, quelle qu'en soit la cause.
Transmission
La transmission se fait par contact direct entre muqueuses, principalement lors de l'accouplement : les cellules tumorales passent du chien porteur au partenaire.
Elle peut aussi survenir lors du léchage, du reniflement ou des morsures entre chiens, ce qui explique les formes du nez et de la bouche.
La maladie circule donc là où les chiens se reproduisent librement, sans que cela tienne à un défaut de soin de la part de qui que ce soit : chiens des rues, chiens de quartier nourris par le voisinage, chiens de ferme laissés en liberté.
Elle n'est pas transmissible à l'être humain, ni aux autres espèces domestiques de la maison.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire examine les organes génitaux, la cavité nasale et la bouche, et palpe les ganglions de l'aine.
L'aspect des masses est très évocateur, mais le diagnostic se confirme par une ponction ou un frottis : les cellules de cette tumeur ont une apparence caractéristique au microscope, ce qui rend le diagnostic rapide et peu coûteux.
Une biopsie est réservée aux cas douteux.
Un examen général et un bilan sanguin sont réalisés avant de commencer le traitement.
Il est important de ne pas confondre ces masses avec une infection génitale ou des chaleurs prolongées : un écoulement sanglant persistant chez un chien ou une chienne mérite toujours un examen.
Traitement
Cette tumeur fait partie de celles qui répondent le mieux au traitement : la chimiothérapie, administrée par le vétérinaire en séances espacées, fait généralement fondre les masses, y compris quand elles sont volumineuses.
Le traitement se poursuit jusqu'à disparition complète, puis un contrôle est réalisé pour s'assurer qu'il ne reste rien.
La chirurgie seule est moins fiable, car des cellules résiduelles peuvent repartir ; elle garde un intérêt sur certaines masses uniques ou en complément.
La radiothérapie est efficace mais rarement accessible.
Un nettoyage local et un traitement des infections associées améliorent le confort pendant la prise en charge.
La stérilisation, discutée avec le vétérinaire, limite les comportements de reproduction et donc la recontamination.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Éviter les accouplements non contrôlés est la mesure la plus efficace : maîtriser les sorties de la chienne en chaleur et du mâle entier.
La stérilisation réduit fortement les contacts sexuels et donc le risque.
Faire examiner tout chien nouvellement adopté, en particulier s'il vient de la rue ou d'un refuge : le dépistage est simple et le traitement fonctionne bien.
Traiter les chiens atteints est aussi une mesure de prévention pour les autres : un chien soigné cesse d'être une source de contamination.
Les campagnes de stérilisation des populations canines libres restent le levier collectif le plus efficace.
Complications possibles
Saignements répétés par les masses friables, pouvant entraîner une anémie.
Infection des masses ulcérées, avec odeur et douleur.
Obstruction urinaire quand une masse volumineuse gêne l'écoulement de l'urine.
Dans les formes nasales, déformation de la face et saignements de nez difficiles à contrôler.
Diffusion à d'autres organes, possible mais peu fréquente, surtout chez les chiens affaiblis.
Quand consulter un vétérinaire
Vous voyez une masse rouge et irrégulière sur les organes génitaux de votre chien ou de votre chienne.
Des gouttes de sang apparaissent au niveau du fourreau ou de la vulve en dehors des chaleurs.
Votre chienne semble avoir des chaleurs qui n'en finissent pas, avec un écoulement sanglant persistant.
Votre chien se lèche les parties génitales sans arrêt.
Il a du mal à uriner ou n'y parvient plus : consultez en urgence.
Il saigne du nez de façon répétée ou éternue avec du sang.
Pronostic
Le pronostic est bon dans la grande majorité des cas : traitée correctement, la tumeur régresse le plus souvent complètement et le chien guérit.
Les situations plus difficiles concernent les chiens très affaiblis, les formes anciennes et étendues, ou les localisations nasales.
Un traitement interrompu trop tôt expose à une reprise de la maladie : il est important d'aller au bout des séances prévues, même quand les masses ont déjà disparu.
Questions fréquentes
Mon chien peut-il me transmettre cette tumeur ?
Non. Elle se transmet uniquement de chien à chien, par contact direct entre muqueuses, surtout lors de l'accouplement. Ni vous, ni les enfants, ni le chat de la maison ne sont concernés.
Faut-il isoler mon chien des autres chiens ?
Il faut surtout éviter tout accouplement et limiter les contacts rapprochés, museau contre parties génitales, tant que les masses sont présentes. Une promenade en laisse et une vie de famille normale ne posent pas de problème.
J'ai adopté un chien des rues, dois-je le faire vérifier ?
C'est une bonne idée, comme pour l'ensemble du bilan d'adoption. L'examen ne prend que quelques minutes et le diagnostic, s'il y a lieu, se fait rapidement. Cette maladie se soigne bien : la découvrir n'est pas une mauvaise nouvelle, c'est le début de la solution.
Les masses ont disparu après quelques séances, peut-on arrêter ?
Non, et c'est un point essentiel. Des cellules invisibles à l'œil peuvent subsister et faire repartir la tumeur. Le vétérinaire décide de l'arrêt sur des critères précis, en général après avoir poursuivi le traitement au-delà de la disparition apparente des masses.
Références
WSAVA — World Small Animal Veterinary Association
AVMA — American Veterinary Medical Association
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026
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Espèces concernées
Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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