Maladie fongique Grand rhinolophe

White-nose syndrome (syndrome du museau blanc)

Le syndrome du museau blanc est une maladie causée par un champignon qui se développe sur la peau des chauves-souris pendant leur hibernation. Il touche le museau, les oreilles et les ailes, où il forme un dépôt blanchâtre caractéristique....

De quoi s'agit-il ?

Le syndrome du museau blanc est une maladie causée par un champignon qui se développe sur la peau des chauves-souris pendant leur hibernation. Il touche le museau, les oreilles et les ailes, où il forme un dépôt blanchâtre caractéristique. Cette maladie a décimé des populations entières de chauves-souris en Amérique du Nord et inquiète désormais en Europe, où le Grand rhinolophe peut être porteur du champignon. Le froid des grottes et abris d'hivernage est indispensable au développement de ce champignon.

À retenir

Cette maladie a causé des mortalités massives chez plusieurs espèces de chauves-souris en Amérique du Nord et représente un enjeu majeur de conservation de la faune sauvage.

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Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

On observe un duvet ou dépôt blanchâtre sur le museau, les oreilles et parfois les membranes des ailes de l'animal endormi.

La peau des ailes peut présenter des petites lésions, des trous ou une texture abîmée une fois l'animal réveillé.

Les chauves-souris atteintes se réveillent anormalement souvent pendant l'hiver, ce qui leur fait consommer leurs réserves de graisse trop vite.

On peut les voir voler en plein jour en hiver, quitter l'abri d'hibernation ou se rassembler près de l'entrée, un comportement très inhabituel à cette saison.

L'animal maigrit fortement et peut être retrouvé mort dans ou près du site d'hibernation.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

La maladie est due à un champignon filamenteux, Pseudogymnoascus destructans, qui se développe uniquement dans des conditions de froid et d'humidité élevée, comme celles des grottes et cavités où hibernent les chauves-souris. Ce champignon envahit la peau, en particulier les zones peu poilues comme le museau et les ailes.

L'hibernation en colonie dense dans des grottes humides et fraîches favorise la transmission entre individus.

Le champignon persiste dans l'environnement des grottes d'une année sur l'autre, ce qui expose les mêmes sites année après année.

Les chauves-souris européennes, dont le Grand rhinolophe, semblent avoir développé une certaine tolérance historique au champignon, contrairement aux espèces nord-américaines chez qui la mortalité est très élevée.

Le dérangement humain des sites d'hibernation peut aggraver le stress et les réveils prématurés des animaux.

Transmission

Le champignon se transmet principalement par contact direct entre chauves-souris lors de l'hibernation en groupe. Il peut aussi se propager par les spores présentes dans la poussière et les parois des grottes, et potentiellement être transporté involontairement par l'homme sur des vêtements ou du matériel de spéléologie ayant été en contact avec un site contaminé.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Le diagnostic est réalisé par un vétérinaire ou un spécialiste de la faune sauvage, généralement en lien avec des laboratoires spécialisés. Il s'appuie sur l'observation du dépôt blanchâtre caractéristique, complétée par une analyse en laboratoire pour confirmer la présence du champignon Pseudogymnoascus destructans, notamment par microscopie ou par des techniques de biologie moléculaire.

Traitement

Il n'existe pas de traitement antifongique validé et applicable en conditions naturelles pour soigner les chauves-souris sauvages atteintes. La prise en charge d'animaux isolés en centre de soins pour la faune sauvage peut inclure des soins de soutien et, dans certains cas expérimentaux, des traitements antifongiques locaux, toujours décidés par un vétérinaire spécialisé en faune sauvage.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

La prévention repose surtout sur la limitation du dérangement des sites d'hibernation naturels des chauves-souris, en particulier en hiver.

Le nettoyage et la décontamination du matériel de spéléologie entre deux visites de grottes différentes limitent le risque de propagation du champignon d'un site à l'autre.

La surveillance régulière des colonies par des associations spécialisées permet de repérer rapidement l'apparition de la maladie sur un nouveau site.

Il n'existe pas de vaccin ni de traitement préventif administrable à grande échelle sur les populations sauvages.

Complications possibles

L'épuisement des réserves de graisse pendant l'hiver peut entraîner la mort par famine avant le retour du printemps.

Les lésions cutanées sur les ailes peuvent perturber le vol et la thermorégulation même après la fin de l'hibernation.

À l'échelle des populations, la maladie peut provoquer un effondrement local des effectifs d'une colonie.

Quand consulter un vétérinaire

Observation d'un dépôt blanchâtre inhabituel sur le museau ou les ailes d'une chauve-souris.

Chauve-souris volant en plein jour en période hivernale.

Découverte de plusieurs chauves-souris mortes ou très affaiblies près d'un site d'hibernation.

Présence de chauves-souris regroupées de façon inhabituelle à l'entrée d'une grotte en hiver.

Pronostic

Le pronostic individuel est réservé une fois les signes cliniques bien installés, notamment en cas de perte de poids importante. Chez le Grand rhinolophe et d'autres espèces européennes, la mortalité observée semble globalement plus faible que chez certaines espèces nord-américaines, suggérant une meilleure tolérance, mais des études de suivi à long terme restent nécessaires.

Questions fréquentes

Le syndrome du museau blanc est-il dangereux pour l'homme ou les animaux domestiques ?

Non, ce champignon est spécifique aux chauves-souris en hibernation et n'est pas connu pour infecter l'homme ou les animaux domestiques.

Peut-on aider une chauve-souris atteinte trouvée dans la nature ?

Il ne faut jamais manipuler une chauve-souris sauvage soi-même. Il est recommandé de contacter une association de protection de la faune sauvage ou un centre de soins spécialisé.

Pourquoi cette maladie inquiète-t-elle autant les spécialistes ?

Parce qu'elle a provoqué l'effondrement de populations entières de chauves-souris en Amérique du Nord, et les chauves-souris jouent un rôle écologique important, notamment dans la régulation des insectes.

Comment éviter de propager le champignon entre deux grottes ?

En nettoyant et désinfectant soigneusement tout équipement de spéléologie avant de visiter un nouveau site, et en respectant les recommandations locales de fermeture de certains sites sensibles.

Références

WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)

CDC — Centers for Disease Control and Prevention

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 01 septembre 2026

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EN BREF

AgentChampignon
EspèceGrand rhinolophe
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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