Un éléphant immobile face à la Kaaba au loin, tandis qu'une volée d'oiseaux traverse le ciel doré du désert.
Récit Savane Animaux dans le Coran

L’année de l’Éléphant et l’armée venue détruire la Kaaba

L'année même de la naissance du Prophète ﷺ, un roi puissant marcha sur La Mecque avec une armée d'éléphants pour détruire la Kaaba. Ce qui advint de cette expédition est raconté dans le Coran, dans une sourate qui porte le nom de l'animal resté immobile devant la ville sainte.

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Cette année-là, connue dans la tradition comme « l'année de l'Éléphant », un événement extraordinaire marqua l'histoire de La Mecque et de la Kaaba. Abraha, gouverneur du Yémen pour le compte des Abyssins, avait fait construire au Yémen un grand sanctuaire pour détourner vers lui les pèlerins arabes. Voyant que les Arabes continuaient d'affluer vers la Kaaba, il décida de marcher sur La Mecque à la tête d'une puissante armée afin de la détruire. Cette armée comptait, selon la tradition rapportée par les commentateurs, un ou plusieurs éléphants, animaux rares et impressionnants dans la péninsule arabique, destinés à frapper les esprits et à ouvrir la voie aux troupes.

L'éléphant qui refusa d'avancer

Il est rapporté que lorsque l'armée d'Abraha approcha de La Mecque, l'éléphant qui menait la colonne, souvent nommé Mahmoud dans les récits des exégètes, s'arrêta net face à la ville sainte. Quels que soient les efforts déployés pour le faire avancer vers la Kaaba, l'animal se couchait ou refusait obstinément d'aller plus loin. Pourtant, si on le dirigeait vers une autre direction, il se remettait aussitôt en marche sans difficulté. Ce comportement, perçu comme un signe manifeste, plongea l'armée dans le trouble alors qu'elle se tenait aux portes de la ville sacrée.

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Pendant ce temps, à La Mecque, les habitants, dont le grand-père du Prophète ﷺ, Abdel Mouttalib, s'étaient retirés dans les montagnes environnantes, laissant la Kaaba à la protection divine plutôt qu'à leurs propres forces, largement insuffisantes face à une telle armée.

Le récit coranique de la sourate Al-Fil

C'est cet événement que rapporte le Coran dans la sourate Al-Fil (« L'Éléphant »), qui tire précisément son nom de cet épisode. Dieu y rappelle comment Il a anéanti l'armée qui voulait porter atteinte à la Maison sacrée, en envoyant contre elle des oiseaux qui la bombardèrent de pierres d'argile durcie, la réduisant à l'état de paille dévorée.

﴿ أَلَمْ تَرَ كَيْفَ فَعَلَ رَبُّكَ بِأَصْحَابِ الْفِيلِ ﴿١﴾ أَلَمْ يَجْعَلْ كَيْدَهُمْ فِي تَضْلِيلٍ ﴿٢﴾ وَأَرْسَلَ عَلَيْهِمْ طَيْرًا أَبَابِيلَ ﴿٣﴾ تَرْمِيهِم بِحِجَارَةٍ مِّن سِجِّيلٍ ﴿٤﴾ فَجَعَلَهُمْ كَعَصْفٍ مَّأْكُولٍ ﴿٥﴾ ﴾

« N'as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les gens de l'Éléphant ? N'a-t-Il pas rendu leur stratagème complètement vain ? Il envoya contre eux des oiseaux par volées, qui leur lançaient des pierres d'argile durcie, et Il les rendit semblables à une paille mâchée. »

(Sourate Al-Fil, versets 1 à 5)

Les commentateurs rapportent que ces oiseaux, appelés « Ababil », volaient en groupes compacts et lâchaient sur les soldats de petites pierres qui les frappaient avec une force destructrice, mettant fin à l'expédition avant même qu'elle n'atteigne son but. Abraha lui-même, gravement atteint, mourut peu après son retour au Yémen.

Ainsi, tandis que l'éléphant, animal de guerre censé symboliser la force écrasante des hommes, s'immobilisait de lui-même devant la Kaaba, ce sont de simples oiseaux qui accomplirent la destruction de l'armée. Ce contraste, souligné par de nombreux commentateurs, rappelle que la puissance véritable n'appartient qu'à Dieu, et que même les créatures les plus modestes peuvent, par Sa volonté, renverser les plans des plus puissants.

Cette histoire, gravée dans la mémoire des Arabes au point de servir de repère chronologique pour l'année de naissance du Prophète ﷺ, invite aussi à porter un regard attentif sur les animaux qui traversent nos vies. L'éléphant immobile et les oiseaux envoyés par volées rappellent que chaque créature, si humble ou imposante soit-elle, tient une place voulue dans l'ordre du monde. S'en souvenir, c'est apprendre à traiter avec douceur et respect tous les animaux qui nous entourent, reflets discrets d'une sagesse qui nous dépasse.

Sources

Récit relu par l'équipe éditoriale Animalia.

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