RécitFerme & prairiesMilieu urbainHistoires des hadiths
Le chien qui permit à un homme d’obtenir le pardon d’Allah
Un homme, cheminant seul sous une chaleur accablante, croisa un chien haletant, mourant de soif. Ce simple regard échangé allait changer son destin auprès d'Allah, comme le rapporte un hadith authentique.
4 min de lecture · Publié il y a 2 semaines · 23 vues
Sur une route poussiéreuse, sous un soleil implacable, un homme marchait seul, la gorge sèche et le corps épuisé par la soif. Il finit par découvrir un puits et y descendit pour boire. Cette eau, simple et fraîche, lui sembla à cet instant plus précieuse que tout au monde.
La rencontre avec le chien assoiffé
En remontant, l'homme aperçut un chien haletant, la langue pendante, léchant la terre humide autour du puits tant sa soif était grande. Il comprit aussitôt que l'animal souffrait du même tourment que lui quelques instants plus tôt. Il se dit alors : « Ce chien est aussi assoiffé que je l'étais. » Touché de compassion, il redescendit dans le puits, remplit sa chaussure de cuir avec de l'eau, la tint entre ses dents pour pouvoir remonter, puis donna à boire au chien jusqu'à ce qu'il étanche sa soif.
Publicité
Publicité
Ce geste, accompli sans témoin ni intérêt, sans attente de récompense humaine, fut vu et agréé par Allah. Le Prophète ﷺ rapporta que cet homme fut remercié par Allah pour cet acte, et que ses péchés lui furent pardonnés grâce à cette simple bonté envers une créature vivante.
Une parole du Prophète ﷺ sur la valeur de toute vie
Ce récit est rapporté dans Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim. Lorsque les Compagnons demandèrent au Prophète ﷺ : « Ô Messager d'Allah, sommes-nous récompensés pour ce que nous faisons aux animaux ? », il répondit qu'il y avait une récompense dans le fait de faire du bien à tout être vivant doté d'un cœur qui bat, humide de vie. Cette parole prophétique élargit considérablement notre compréhension de la miséricorde : elle ne se limite pas aux seuls humains, mais s'étend à toute créature qui respire et souffre.
Il est rapporté, dans une version complémentaire de ce hadith, que le Prophète ﷺ évoqua également le cas inverse : une femme fut punie pour avoir enfermé une chatte sans lui donner à manger ni la laisser chasser librement pour se nourrir, jusqu'à ce que l'animal en meure. Ces deux récits, mis en miroir, montrent avec force que nos actes envers les animaux, qu'ils soient bienveillants ou cruels, ne sont jamais indifférents aux yeux d'Allah.
Une leçon intemporelle
Ce qui frappe dans cette histoire, c'est la simplicité du geste et l'immensité de sa récompense. L'homme n'a pas accompli un exploit extraordinaire ; il a simplement reconnu la souffrance d'un être vivant et y a répondu avec générosité, sans distinction entre son espèce et celle du chien. Cette reconnaissance de la souffrance animale, et la volonté d'y remédier, constituent le cœur même de cet enseignement.
Les commentateurs de hadith soulignent que ce récit enseigne l'universalité de la miséricorde en Islam. La compassion n'est pas réservée à une catégorie d'êtres : elle doit s'étendre à toute vie, même celle d'un animal errant, considéré par certains comme insignifiant. Cet homme, dont le nom n'est pas mentionné, est resté dans la mémoire des musulmans comme un modèle silencieux de bonté désintéressée.
Cette histoire nous rappelle que la bienveillance envers les animaux n'est jamais un geste anodin. Donner à boire à un animal assoiffé, nourrir une créature affamée, soulager une souffrance que l'on croise sur son chemin : chacun de ces actes, aussi modeste soit-il, porte en lui une valeur immense. Prendre soin des animaux qui nous entourent, qu'ils soient domestiques ou errants, c'est perpétuer cet esprit de miséricorde universelle que le Prophète ﷺ nous a enseigné, et qui continue d'inspirer, aujourd'hui encore, notre rapport au monde vivant.