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La miséricorde envers les moutons avant le sacrifice
Comment traiter un mouton avant l'Aïd al-Adha ? Un hadith rapporté par Ibn Abbas éclaire la conduite recommandée : aiguiser sa lame loin des yeux de l'animal et lui épargner toute peur inutile.
3 min de lecture · Publié il y a 1 semaine · 14 vues
Dans une maison de Médine, un homme s'apprêtait à sacrifier une brebis. Il traînait l'animal par les pattes, faisait glisser sa lame sur une pierre juste devant elle, pendant qu'elle tremblait, les yeux grands ouverts. Le Prophète ﷺ, témoin de la scène, ne resta pas silencieux.
Un reproche empreint de douceur
Il est rapporté, selon Ibn Abbas, que le Messager d'Allah ﷺ vit un homme aiguiser son couteau alors que la bête était déjà couchée, attendant le sacrifice sous ses yeux. Il lui adressa alors ces paroles restées célèbres : « Veux-tu la faire mourir deux fois ? Pourquoi n'as-tu pas aiguisé ton couteau avant de la coucher ? » Ce hadith est rapporté par At-Tabarani et cité par de nombreux savants comme fondement de la miséricorde envers l'animal sacrifié.
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Cette parole du Prophète ﷺ ne condamne pas l'acte du sacrifice lui-même, institué à l'occasion de l'Aïd al-Adha en souvenir de l'épreuve du prophète Ibrahim (paix sur lui), mais elle en fixe l'esprit : rien ne doit ajouter de souffrance inutile à ce qui est déjà, pour l'animal, un moment redoutable. Aiguiser la lame à l'avance, loin du regard de la bête, l'empêcher de voir une autre bête être égorgée, la traiter avec douceur jusqu'au dernier instant : voilà ce que cette tradition enseigne.
Une miséricorde qui englobe toute chose
Ce principe rejoint un enseignement plus large rapporté dans Sahih Muslim, selon Shaddad ibn Aws : le Prophète ﷺ a dit qu'Allah a prescrit l'excellence (al-ihsan) en toute chose, et qu'ainsi, lorsque l'on égorge, il faut bien faire l'égorgement, aiguiser sa lame et apaiser la bête sacrifiée. Ce hadith relie explicitement la qualité du geste technique à une exigence spirituelle : l'ihsan, la recherche du bien-faire, s'applique jusque dans le traitement des animaux, même au moment le plus grave de leur existence.
Les commentateurs soulignent que cette exigence n'est pas un détail secondaire. Elle témoigne d'une vision où la vie de la créature, même destinée à l'alimentation licite, conserve une dignité qui impose des égards : ne pas la maltraiter, ne pas prolonger son angoisse, ne pas transformer un acte d'adoration en occasion de cruauté. Le sacrifice, dans la tradition islamique, doit rester un acte réfléchi, maîtrisé, empreint de respect envers la créature qui donne sa vie.
Ce que ce récit nous enseigne aujourd'hui
À l'approche de l'Aïd al-Adha, ce hadith reste une référence concrète pour quiconque a la charge d'un animal destiné au sacrifice. Il rappelle plusieurs gestes simples :
Aiguiser la lame avant de faire venir l'animal, jamais devant lui.
Éviter qu'une bête assiste à l'égorgement d'une autre.
Manipuler l'animal avec calme, sans brutalité ni précipitation.
Accomplir le geste rapidement et proprement, pour limiter toute souffrance.
Ainsi, même dans l'acte le plus solennel du calendrier islamique, la miséricorde envers l'animal n'est jamais suspendue. Elle demeure un devoir constant, un rappel que la foi ne se limite pas aux rites accomplis envers Allah, mais s'étend à la manière dont on traite chaque créature qu'Il a placée sur notre chemin. Prendre soin d'un mouton jusqu'à son dernier instant, c'est honorer à la fois l'animal et l'enseignement du Prophète ﷺ.