Un puits, un chien assoiffé et un geste simple : dans un hadith rapporté par al-Bukhari, le Prophète ﷺ raconte comment quelques gorgées d'eau offertes à un animal ont touché la miséricorde divine. Que nous enseigne ce récit ?
Sur un chemin brûlant, un homme marchait sous un soleil écrasant. La soif le saisit, violente. Il aperçut un puits, y descendit, but à sa soif, puis remonta. C'est alors qu'il vit un chien qui haletait et léchait la terre humide, tant la soif le tourmentait. Ainsi commence un récit que le Prophète Muhammad ﷺ a rapporté à ses Compagnons, et que l'on trouve dans le Sahih al-Bukhari et le Sahih Muslim.
Un puits, un chien, un geste
Selon ce hadith, l'homme se dit que ce chien souffrait de la même soif que celle qu'il venait d'éprouver lui-même. Il redescendit dans le puits, remplit son khuff (une chaussure de cuir) d'eau, le tint avec sa bouche pour remonter, puis fit boire l'animal. Le hadith conclut que Dieu lui en sut gré et lui pardonna.
Les Compagnons posèrent alors une question : « Ô Messager de Dieu, avons-nous donc une récompense pour ce que nous faisons envers les animaux ? » Il ﷺ répondit, selon le Sahih al-Bukhari : « Il y a une récompense pour toute créature vivante. » Rien n'est ajouté dans le texte : ni grand discours, ni condition compliquée. Un être vivant avait soif, quelqu'un a eu pitié de lui.
Le rappel de la chatte enfermée
Un autre hadith, rapporté lui aussi par al-Bukhari et Muslim, fait entendre l'autre versant du message. Le Prophète ﷺ a évoqué le cas d'une femme à qui un châtiment fut annoncé à cause d'une chatte : elle l'avait retenue enfermée jusqu'à ce qu'elle meure, sans lui donner à manger ni à boire, et sans la laisser aller chercher sa nourriture dans la nature. Ce récit n'est pas là pour juger quiconque : il rappelle que la vie d'un animal compte devant Dieu et que la négligence a un poids.
Que peut-on faire, concrètement ?
Les textes ne détaillent pas de mode d'emploi, et nous ne prétendons pas en tirer de règle. Mais ils éclairent le sens du geste. Ce que l'on retient de ces hadiths, c'est :
- l'attention : l'homme du puits a remarqué la souffrance d'un chien que d'autres auraient ignoré ;
- l'empathie : « il souffre comme j'ai souffert » ;
- le geste simple : de l'eau offerte, au moment où l'animal en a besoin ;
- le refus de la négligence : ne pas laisser un animal sans nourriture ni eau quand il dépend de nous.
Pour les questions pratiques, comme l'hygiène, la santé publique ou les règles locales, chacun peut se rapprocher de personnes compétentes : les vétérinaires, les associations de protection animale ou les savants de sa région. Le bon réflexe et le savoir-faire vont de pair.
Au fond, ces récits nous invitent à regarder autrement le chat maigre au pied d'un mur ou le chien qui cherche de l'ombre. Un bol d'eau fraîche, un regard attentif, un signalement à ceux qui savent soigner : ce sont de petites attentions, mais le Prophète ﷺ nous a appris qu'il y a une récompense pour toute créature vivante. La bienveillance envers les animaux commence souvent par ce geste modeste, fait avec un cœur sensible.