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Les animaux comme montures et la responsabilité de leurs propriétaires
Un chameau se plaint au Prophète ﷺ par des gémissements que personne d'autre ne comprend. Ce récit rappelle que les montures ont des droits, et que leurs propriétaires en portent la responsabilité devant Dieu.
4 min de lecture · Publié il y a 2 semaines · 29 vues
Un jour, le Prophète Muhammad ﷺ entra dans un jardin appartenant à l'un des habitants de Médine. À cet instant, un chameau qui s'y trouvait se mit à gémir et à verser des larmes en le voyant. Le Prophète ﷺ s'approcha de lui, posa la main sur sa bosse et son cou jusqu'à ce que l'animal se calme.
Le chameau qui se plaint
Le Prophète ﷺ demanda alors qui était le propriétaire de ce chameau. Un jeune homme des Ansars vint et dit que la bête lui appartenait. Le Prophète ﷺ lui adressa alors des paroles rapportées dans un hadith authentique consigné par l'imam Ahmad et rapporté également par Abou Dawoud : « Ne crains-tu donc pas Dieu au sujet de cette bête qu'Il t'a confiée ? Elle se plaint à moi de ce que tu la fais jeûner et que tu la fatigues. »
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Ce hadith enseigne un principe essentiel : les animaux placés sous la garde de l'homme ne sont pas de simples outils, mais des créatures de Dieu dont Il demande compte à leurs propriétaires. Le chameau, incapable de parler la langue des hommes, a néanmoins su exprimer sa souffrance, et le Prophète ﷺ, par la miséricorde que Dieu lui avait donnée, en a saisi le sens.
La responsabilité du propriétaire
Il est également rapporté dans un hadith authentique, consigné par Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim, que le Prophète ﷺ a dit : « Craignez Dieu au sujet de ces bêtes muettes : montez-les en bon état et nourrissez-les en bon état. » Cette parole s'inscrit dans le même esprit : la monture rend un service à son maître, et ce service appelle en retour un soin attentif, une nourriture suffisante et un repos mérité.
Les compagnons du Prophète ﷺ ont retenu cet enseignement au point d'en faire une règle de vie. Il est ainsi rapporté que certains d'entre eux évitaient de trop charger leurs bêtes ou de les faire marcher sans répit, par crainte de manquer à cette responsabilité rappelée par le Prophète ﷺ lui-même. La monture, qu'elle soit chameau, âne, cheval ou mulet, était considérée comme un dépôt confié par Dieu, et non comme une possession sans limites.
Ce récit du chameau plaintif illustre aussi une dimension plus large de l'enseignement prophétique : la sensibilité aux créatures qui ne parlent pas notre langue. Le Prophète ﷺ n'a pas ignoré ce gémissement comme un simple bruit animal ; il y a reconnu une plainte légitime, digne d'être entendue et corrigée. Cette attention portée à un être que beaucoup auraient négligé montre à quel point la miséricorde enseignée par l'islam s'étend au-delà des rapports entre humains.
Une bienveillance à cultiver aujourd'hui
De cet enseignement découlent des principes simples que chacun peut appliquer envers les animaux qui l'entourent, qu'ils soient de compagnie, d'élevage ou de travail :
Ne pas imposer à un animal plus d'efforts qu'il ne peut en supporter.
Veiller à ce qu'il ait une nourriture et une eau suffisantes.
Lui accorder du repos et ne pas le maltraiter par négligence.
Se rappeler que la charge confiée par Dieu implique un compte à rendre.
Ce hadith du chameau qui se plaint au Prophète ﷺ demeure, encore aujourd'hui, un rappel simple et profond : prendre soin d'un animal n'est pas une option laissée au bon vouloir de chacun, mais une responsabilité morale enracinée dans la foi. Que ce soit une monture d'autrefois ou un animal de compagnie de nos jours, la bienveillance envers les créatures silencieuses reste un devoir que le cœur croyant se doit d'honorer avec constance et douceur.