Le prophète Sulaymân ﷺ... non, Sulaymân (paix sur lui) reçut un don unique : comprendre le langage des oiseaux et commander aux créatures. Entre fourmis, huppe et vent, découvrez ce pouvoir extraordinaire raconté dans le Coran.
Parmi les prophètes mentionnés dans le Coran, Sulaymân (paix sur lui), fils de Dâwûd, occupe une place singulière : Allah lui accorda un règne où les animaux, le vent et les djinns lui étaient soumis. Son histoire, racontée notamment dans la sourate An-Naml (Les Fourmis), révèle une relation extraordinaire entre un prophète et le monde animal.
Le langage des oiseaux
Le Coran rapporte que Sulaymân disait avoir reçu la science du langage des oiseaux : « Ô hommes ! On nous a appris le langage des oiseaux, et on nous a donné part de toute chose. C'est là vraiment la grâce évidente. » Cette capacité n'était pas un simple prodige : elle illustrait l'étendue du pouvoir que lui avait confié son Seigneur, pouvoir qu'il reconnaissait lui-même comme une pure faveur divine et non un mérite personnel.
La vallée des fourmis
Un épisode célèbre se déroule lorsque Sulaymân, à la tête de ses armées composées d'hommes, de djinns et d'oiseaux, traverse une vallée. Une fourmi, apercevant le convoi approcher, avertit ses semblables :
﴿ حَتَّىٰ إِذَا أَتَوْا عَلَىٰ وَادِ النَّمْلِ قَالَتْ نَمْلَةٌ يَا أَيُّهَا النَّمْلُ ادْخُلُوا مَسَاكِنَكُمْ لَا يَحْطِمَنَّكُمْ سُلَيْمَانُ وَجُنُودُهُ وَهُمْ لَا يَشْعُرُونَ ﴾
« Quand ils arrivèrent à la vallée des fourmis, une fourmi dit : "Ô fourmis, entrez dans vos demeures, de peur que Sulaymân et ses armées ne vous écrasent sans s'en rendre compte." »
(Sourate An-Naml, verset 18)
Entendant ces mots grâce au don qu'Allah lui avait accordé, Sulaymân sourit, amusé et touché par la parole de la petite fourmi, puis il invoqua son Seigneur en Le remerciant pour Ses bienfaits, selon ce que rapporte le verset suivant de la même sourate. Ce passage souligne que même la plus modeste des créatures possède une organisation, une parole et une dignité que le prophète prit soin de respecter en évitant tout dommage à la colonie.
La huppe fasciée et la reine de Saba
Un autre passage de la sourate An-Naml met en scène une huppe fasciée (hudhud), chargée par Sulaymân d'inspecter les terres environnantes. L'oiseau revient avec une information précieuse : il a découvert le royaume de Saba, gouverné par une reine, et un peuple qui adore le soleil plutôt que Allah. Sulaymân vérifie les propos de l'oiseau avant d'agir, un détail que certains exégètes relèvent comme une marque de la prudence du prophète face à un témoignage, même venant d'un animal digne de confiance. Cet épisode conduira à l'échange de lettres avec la reine de Saba et, selon le récit coranique, à sa venue et à sa soumission au Seigneur des mondes.
Un pouvoir mis au service du bien
Ce que ces récits enseignent, au-delà du merveilleux, c'est que le pouvoir confié à Sulaymân sur le vent, les djinns et les animaux ne fut jamais un instrument de domination gratuite. Il écoute la fourmi, se fie à la huppe, et reconnaît dans chaque créature un signe de la puissance de son Créateur. Le Coran insiste sur sa gratitude et sa droiture plus que sur la seule grandeur de son royaume.
Cette histoire rappelle à chacun que toute créature, même la plus petite comme la fourmi, mérite considération et douceur. S'inspirer de l'exemple de Sulaymân, c'est apprendre à observer le monde animal avec attention, à ne jamais lui nuire sans raison, et à y reconnaître, comme lui, un signe de la sagesse divine.