Une chatte assise seule près d'une porte close dans une cour traditionnelle baignée de lumière chaude.
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Pourquoi un chat peut-il devenir une cause de châtiment ?

Une femme fut châtiée pour avoir enfermé une chatte jusqu'à sa mort, sans jamais la nourrir ni la laisser chasser sa propre pitance. Le Prophète ﷺ en fit un avertissement solennel sur la responsabilité envers tout être vivant confié à nos soins.

4 min de lecture · Publié il y a 1 jour · 0 vues

Une femme avait enfermé une chatte, la privant de nourriture et d'eau, jusqu'à ce que l'animal périsse de faim. Elle ne la nourrissait pas, ne l'abreuvait pas, et ne la libérait pas non plus pour qu'elle puisse chercher sa pitance parmi les insectes et petites bêtes de la terre. Le Prophète Muhammad ﷺ rapporta que cette femme fut, pour cet acte, punie et vouée au Feu.

Le hadith rapporté par le Prophète ﷺ

Ce récit est authentiquement rapporté dans Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim, d'après le compagnon Abdullah ibn Umar, qu'Allah les agrée tous deux. Le Prophète ﷺ dit : « Une femme fut châtiée à cause d'une chatte qu'elle avait enfermée jusqu'à ce qu'elle meure de faim ; elle entra en Enfer pour cela. Il lui fut dit : Tu ne l'as ni nourrie ni abreuvée lorsque tu l'as enfermée, et tu ne l'as pas non plus laissée manger des bêtes de la terre. »

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Ce hadith établit un principe d'une clarté saisissante : celui qui prive volontairement une créature de sa liberté engage une responsabilité totale envers elle. La chatte, incapable de subvenir elle-même à ses besoins puisqu'elle était retenue captive, dépendait entièrement de cette femme pour survivre. En la négligeant jusqu'à la mort, celle-ci a commis un tort grave envers un être sans défense, incapable de se plaindre autrement que par sa souffrance silencieuse.

Une leçon sur la responsabilité envers les êtres vivants

Les savants qui ont commenté ce hadith soulignent que la faute de cette femme ne résidait pas seulement dans la négligence, mais dans la double contrainte qu'elle a imposée : priver l'animal de nourriture tout en lui ôtant également la possibilité de se nourrir par ses propres moyens. Il est rapporté que certains commentateurs, en réfléchissant à ce hadith, ont insisté sur le fait qu'un animal placé sous la garde d'un être humain devient une amāna, un dépôt de confiance, dont on devra rendre compte.

Ce récit s'inscrit dans un ensemble plus large d'enseignements prophétiques sur la miséricorde envers les animaux. Dans un autre hadith bien connu, rapporté également dans les recueils authentiques, le Prophète ﷺ évoque à l'inverse une personne pardonnée pour avoir donné à boire à un chien assoiffé. Ces deux récits, mis en miroir, dessinent une même vérité : le bien ou le mal que l'on fait à une créature, même la plus modeste en apparence, n'est jamais anodin devant Allah.

Le choix d'une chatte dans ce hadith n'est pas fortuit. Dans la tradition islamique, le chat occupe une place particulière : il est considéré comme un animal pur, autorisé à circuler librement dans les maisons et les lieux de prière, et il est rapporté que le Prophète ﷺ lui-même témoignait de la douceur à son égard. Cette proximité rend d'autant plus poignante la cruauté décrite dans ce hadith, où un animal habituellement choyé fut au contraire laissé à une mort lente et évitable.

Ce que ce récit enseigne aujourd'hui

Ce hadith continue d'être cité pour rappeler que la garde d'un animal, qu'il s'agisse d'un chat domestique, d'un animal de compagnie ou de tout autre être vivant confié à nos soins, comporte des devoirs fermes : le nourrir, l'abreuver, veiller à son bien-être, et ne jamais le retenir dans des conditions qui compromettraient sa survie. La responsabilité ne disparaît pas parce que l'animal ne peut s'exprimer par la parole.

Cette histoire invite chacun à un examen sincère : un animal que l'on recueille, adopte ou garde chez soi n'est jamais un simple objet, mais une vie dont on répond. La bienveillance envers les animaux, loin d'être un sentiment accessoire, est présentée ici comme une exigence morale et spirituelle. Veiller à ce qu'aucune créature ne souffre par notre négligence demeure, à la lumière de cet enseignement, un devoir aussi simple que profond.

Sources

Récit relu par l'équipe éditoriale Animalia.

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