Un chien assoiffé boit de l'eau versée depuis une chaussure près d'un puits en pierre, sous une lumière chaude de désert.
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Pourquoi un chien peut-il devenir une cause de récompense ?

Un homme assoiffé, un puits profond, un chien haletant à en mourir de soif : ce hadith rapporté par Sahih al-Bukhari montre comment un simple geste envers un animal peut devenir une cause de pardon divin.

3 min de lecture · Publié il y a 1 semaine · 15 vues

Un homme marchait sur une route lorsque la soif le saisit violemment. Il chercha autour de lui et trouva un puits ; il y descendit, but à sa faim, puis en ressortit. C'est alors qu'il aperçut un chien haletant, la langue pendante, léchant la terre humide tant la soif le tourmentait. L'homme se dit alors : « Cette bête souffre de soif comme j'en ai souffert moi-même. »

Le geste qui change tout

Sans hésiter, l'homme redescendit dans le puits, remplit sa chaussure d'eau, la tint dans sa bouche pour remonter les mains libres, puis donna à boire au chien assoiffé jusqu'à ce qu'il soit désaltéré. Ce geste simple, accompli sans témoin ni intérêt apparent, fut vu par Allah, et Il en récompensa l'homme en lui pardonnant ses péchés.

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Ce récit est rapporté par le Prophète ﷺ lui-même dans un hadith authentique consigné notamment dans Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim. Lorsque les Compagnons, surpris, demandèrent : « Ô Messager d'Allah, y a-t-il pour nous une récompense dans le fait de s'occuper des animaux ? », il répondit qu'il y a une récompense dans le bienfait fait à tout être doté d'un cœur humide de vie, c'est-à-dire tout être vivant.

Une leçon universelle

Ce hadith enseigne un principe d'une portée immense : la miséricorde n'est pas réservée aux seuls humains. Elle s'étend à toute créature capable de souffrir, de ressentir la soif, la faim ou la douleur. Le mérite de cet homme ne tenait pas à un acte de piété rituelle, mais à une simple compassion spontanée envers un animal qui n'était même pas le sien, dans un lieu où personne ne le voyait.

Il est rapporté, dans un hadith relatant un événement inverse, qu'une femme fut au contraire punie pour avoir laissé mourir de faim une chatte qu'elle avait enfermée, sans lui donner à manger ni la laisser chercher sa propre nourriture parmi les insectes de la terre. Ce hadith, également rapporté dans Sahih al-Bukhari, complète l'enseignement précédent : de même que la bonté envers un animal peut être cause de pardon, la cruauté envers lui peut être cause de châtiment.

Ces deux récits, mis en parallèle, dessinent une même vérité : chaque geste envers un animal, aussi discret soit-il, a un poids devant Allah. Nul besoin d'un acte spectaculaire ; un peu d'eau donnée à un chien assoiffé suffit à peser lourd dans la balance des œuvres.

Ce que cela nous enseigne aujourd'hui

Cette tradition prophétique invite chacun à regarder différemment les animaux qui croisent notre chemin : un chat errant, un oiseau blessé, un chien abandonné. Leur venir en aide n'est jamais un geste vain. C'est ainsi que la tradition islamique fait de la bienveillance envers les créatures un chemin concret vers le bien, accessible à tous, sans condition ni cérémonie.

Il suffit parfois d'un peu d'eau, d'un peu de nourriture ou simplement d'un regard attentif pour transformer une rencontre ordinaire en un acte de miséricorde. Que ce récit nous rappelle qu'auprès des animaux qui partagent notre monde, la douceur et la compassion ne sont jamais des gestes perdus.

Sources

Récit relu par l'équipe éditoriale Animalia.

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