Une huppe fasciée vole au-dessus d'un paysage désertique doré près d'un palais aux motifs islamiques.
Récit Animaux dans le Coran

Pourquoi Sulayman remarqua l’absence de la huppe

Un jour, le prophète Sulayman passa en revue son armée composée d'hommes, de djinns et d'oiseaux. Son regard s'arrêta sur une place vide : la huppe fasciée, pourtant fidèle, manquait à l'appel.

3 min de lecture · Publié il y a 5 heures · 2 vues

Le prophète Sulayman (Salomon), fils de Dawud, avait reçu de Dieu un règne extraordinaire : il commandait aux hommes, aux djinns, au vent, et comprenait le langage des oiseaux. Un jour, alors qu'il inspectait ses troupes rassemblées, il porta son attention sur les oiseaux et remarqua immédiatement qu'un d'entre eux ne répondait pas présent.

L'absence remarquée

Ce récit est rapporté dans le Coran, dans la sourate An-Naml (« Les Fourmis »). Sulayman, en passant en revue les oiseaux, s'aperçut de l'absence de la huppe fasciée (al-hudhud). Loin de rester indifférent, il exprima aussitôt son étonnement et sa fermeté envers cette absence injustifiée.

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﴿ وَتَفَقَّدَ الطَّيْرَ فَقَالَ مَا لِيَ لَا أَرَى الْهُدْهُدَ أَمْ كَانَ مِنَ الْغَائِبِينَ ﴾

« Il passa en revue les oiseaux, puis dit : Pourquoi ne vois-je pas la huppe ? Est-elle parmi les absents ? »

(Sourate An-Naml, verset 20)

Sulayman poursuivit en annonçant une sanction sévère si l'absence n'était pas justifiée par une excuse claire, montrant ainsi l'exigence et la rigueur avec lesquelles il gérait même les plus petits de ses sujets, fussent-ils des oiseaux.

Le retour de la huppe et son message

Peu après, la huppe revint et se présenta devant Sulayman. Elle expliqua qu'elle avait découvert quelque chose que le prophète lui-même ignorait : elle venait du pays de Saba (Sheba), où elle avait observé une reine puissante gouvernant un peuple qui adorait le soleil au lieu de Dieu. Ce témoignage de la huppe est rapporté dans les versets suivants de la même sourate, où elle décrit avec précision ce qu'elle a vu, sans que Sulayman n'ait eu à l'envoyer en mission au préalable.

Ce passage souligne plusieurs éléments essentiels : d'abord, que chaque créature, même modeste en apparence, a un rôle et une utilité dans l'ordre voulu par Dieu ; ensuite, que Sulayman, malgré son immense pouvoir, prêtait une attention sincère à chacun de ses sujets, veillant à ce qu'aucun ne s'absente sans raison légitime. La huppe, loin d'être un simple oiseau parmi d'autres, devint ainsi messagère d'une information capitale qui allait mener à l'échange entre Sulayman et la reine de Saba.

Une leçon de vigilance et de considération

Les exégètes soulignent que cet épisode illustre la justice et la rigueur de Sulayman dans la gestion de son royaume, mais aussi son respect pour les créatures qui le servaient. Il ne négligeait pas la présence ou l'absence d'un simple oiseau, ce qui témoigne d'une attention portée à toute forme de vie, grande ou petite.

Cette histoire nous enseigne que même un être aussi discret qu'une huppe peut jouer un rôle déterminant lorsqu'on lui accorde de la valeur et de l'attention. Elle nous invite, à notre échelle, à observer avec soin les animaux qui nous entourent, à remarquer leur présence, leurs besoins et leur bien-être, plutôt que de les considérer comme insignifiants. Prendre soin des animaux, s'inquiéter de leur absence ou de leur souffrance, c'est perpétuer cette sagesse enseignée à travers le récit de Sulayman et de la huppe fasciée.

Sources

Récit relu par l'équipe éditoriale Animalia.

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