Accueil Animalia Santé animale Maladies animales Acidose ruminale des ovins

Maladie autre Mouton, Chèvre

Acidose ruminale des ovins

Le rumen est un réservoir peuplé de microbes qui digèrent le fourrage. Ces microbes travaillent dans un milieu peu acide et mettent du temps à s'adapter à un changement d'aliment. Quand un mouton avale d'un coup une grande quantité de céréa...

De quoi s'agit-il ?

Le rumen est un réservoir peuplé de microbes qui digèrent le fourrage. Ces microbes travaillent dans un milieu peu acide et mettent du temps à s'adapter à un changement d'aliment.

Quand un mouton avale d'un coup une grande quantité de céréales, de pain ou de concentré, les microbes producteurs d'acide prennent le dessus. Le rumen s'acidifie brutalement, la flore utile meurt, la digestion s'arrête.

L'acidité attire l'eau du corps vers le rumen : l'animal se déshydrate de l'intérieur, tout en s'empoisonnant.

À retenir

Un accès accidentel au grain est une urgence même si les animaux paraissent encore normaux. Appelez le vétérinaire dès la découverte : traiter avant les signes sauve des animaux que l'on ne rattrape plus ensuite.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Forme aiguë, quelques heures à un jour après l'excès : l'animal cesse de manger et de ruminer.

Le flanc gauche est gonflé, le rumen ne bouge plus ; en le secouant on perçoit un bruit de liquide.

Grincement de dents, dos voûté, coups de pied vers le ventre : douleur.

Diarrhée abondante, pâle, mousseuse, d'odeur aigre, souvent avec des grains entiers visibles.

Déshydratation rapide : yeux enfoncés, peau qui reste plissée, museau sec.

Démarche chancelante, animal qui titube puis se couche et ne se relève plus.

Respiration rapide, température souvent normale ou basse malgré la gravité.

Mort possible en un à deux jours dans les cas massifs.

Forme discrète : appétit irrégulier, crottes molles changeantes, mauvaise croissance, animaux qui boitent et marchent sur les talons, poil terne.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

Accès accidentel à un stock : sac éventré, porte de silo ouverte, réserve de grain mal fermée. C'est la cause la plus fréquente des accidents graves, et elle touche souvent plusieurs animaux à la fois.

Augmentation trop rapide de la part de concentré à l'engraissement ou en fin de gestation.

Céréales finement broyées ou aplaties, qui fermentent beaucoup plus vite que le grain entier.

Manque de fibre longue dans la ration : sans fourrage, l'animal rumine peu et sa salive ne tamponne plus l'acidité.

Repas irréguliers ou distribution unique : les animaux affamés se jettent sur le concentré.

Place insuffisante à l'auge, qui laisse les dominants manger beaucoup trop en une fois.

Retour à l'auge après un jeûne, un transport ou une maladie.

Agneaux et animaux à l'engraissement recevant beaucoup de concentré.

Transitions alimentaires trop rapides.

Stockage des grains accessible aux animaux.

Ration sans fourrage de qualité en libre accès.

Animaux dominants dans un lot où la place à l'auge est comptée.

Période d'engraissement avant les fêtes, où les rations sont poussées rapidement.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Appelez le vétérinaire immédiatement, y compris avant l'apparition des signes si vous constatez qu'un lot a eu accès à du grain : traiter avant l'installation de la crise change tout.

2

Le vétérinaire apprécie l'état général, la déshydratation, l'état du rumen, et peut analyser le liquide du rumen pour mesurer son acidité.

3

Une prise de sang évalue le retentissement général.

4

Il estime la quantité ingérée et le nombre d'animaux concernés pour trier ceux qui doivent être traités en priorité.

5

Il recherche aussi les complications : atteinte des pieds, atteinte du foie, avortement chez les femelles gestantes.

Traitement

C'est une urgence dont le traitement appartient au vétérinaire.

Le principe est de corriger l'acidité, de réhydrater l'animal et de soutenir la circulation. Selon la gravité et le nombre d'animaux, le vétérinaire peut vider ou rincer le rumen, administrer des produits neutralisants, poser des perfusions, utiliser des anti-inflammatoires.

Les produits et les quantités relèvent de sa décision : les remèdes de tradition orale administrés à la bouteille font passer le liquide dans les poumons d'un animal affaibli et tuent plus qu'ils ne soignent.

Pendant la convalescence, on ne donne que du foin de bonne qualité et de l'eau, sans concentré, jusqu'à ce que le vétérinaire autorise la reprise.

Le rumen met des jours à se repeupler ; le vétérinaire peut favoriser cette reprise par un transfert de liquide de rumen prélevé sur un animal sain.

Tous les animaux du lot exposé doivent être surveillés, même ceux qui paraissent normaux : les signes peuvent apparaître avec un décalage.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Fermer les stocks. Un local de grain accessible est un accident qui attend : la plupart des cas graves viennent d'un sac éventré ou d'une porte mal fermée.

Toute augmentation de concentré se fait progressivement, sur plusieurs jours, jamais d'un coup.

Toujours du fourrage de qualité à disposition, distribué avant le concentré : la fibre longue fait ruminer et la salive protège le rumen.

Fractionner les distributions de concentré en plusieurs repas plutôt qu'une seule.

Prévoir assez de place à l'auge pour que tous les animaux mangent en même temps, ce qui évite la gloutonnerie des dominants.

Préférer les grains entiers ou grossièrement concassés aux farines très fines quand c'est possible.

Après un jeûne, un transport ou une maladie, reprendre l'alimentation en douceur, en commençant par le fourrage.

Eau propre en permanence.

Complications possibles

Atteinte inflammatoire des pieds, qui rend les animaux boiteux parfois des semaines plus tard : c'est une séquelle classique et coûteuse.

Inflammation de la paroi du rumen, puis abcès du foie.

Infections par des champignons de la paroi du rumen dans les jours qui suivent, souvent fatales.

Avortement chez les femelles gestantes.

Baisse durable de croissance et de production.

Mort en un à deux jours dans les formes massives.

Quand consulter un vétérinaire

Vos animaux ont eu accès à un stock de grain ou de concentré : appelez sans attendre l'apparition des signes.

Un mouton cesse de manger et de ruminer avec le flanc gauche gonflé.

Diarrhée abondante et d'odeur aigre, avec des grains visibles.

Grincement de dents, dos voûté, animal qui titube.

Animal couché qui ne se relève pas : urgence.

Des boiteries apparaissent dans le lot quelques semaines après un excès alimentaire : signalez-le, le lien est direct.

Pronostic

Bon quand le vétérinaire intervient dans les premières heures et que la quantité ingérée est modérée.

Réservé à sombre chez un animal déjà couché, très déshydraté ou qui a ingéré une grande quantité.

Même après guérison, des séquelles sont fréquentes : boiteries, croissance ralentie, abcès du foie découverts à l'abattage.

La forme discrète ne tue pas mais coûte cher en performances ; elle se corrige entièrement par la ration.

Questions fréquentes

Mes moutons ont éventré un sac d'orge cette nuit et ils vont bien ce matin : dois-je m'inquiéter ?

Oui. Les signes apparaissent souvent après plusieurs heures, et c'est précisément avant leur apparition que l'intervention est la plus efficace. Appelez le vétérinaire en indiquant la quantité approximative avalée et le nombre d'animaux concernés.

Puis-je donner du bicarbonate ou un remède maison en attendant ?

N'administrez rien par la bouche sans avis. Un animal affaibli avale mal et le liquide peut passer dans les poumons. Retirez l'accès au grain, laissez du foin et de l'eau, et suivez les consignes du vétérinaire.

Pourquoi mes agneaux boitent-ils des semaines après un excès de céréales ?

L'acidose provoque une inflammation des pieds qui se manifeste avec du retard. C'est une séquelle bien connue : quand des boiteries apparaissent dans un lot à l'engraissement, la ration doit être revue en priorité.

Combien de temps faut-il pour augmenter le concentré ?

Il faut plusieurs jours pour que la flore du rumen s'adapte, et l'augmentation doit être graduelle avec du fourrage toujours disponible. Le rythme exact dépend de la ration de départ et de la catégorie d'animaux : faites-le établir par votre vétérinaire ou votre technicien.

EN BREF

AgentAutre
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

Besoin d'un vétérinaire ?

Retrouvez un praticien près de chez vous sur TunisieVet, avec ses spécialités, ses horaires et ses coordonnées.

Trouver un vétérinaire

Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

Publicité
Haut Centre d’aide
Inscription
Suivez TunisieVet sur Facebook
Conseils, adoptions et actus vétérinaires
S'abonner