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Actinobacillose
L'actinobacillose est une infection des tissus mous de la bouche et de la gorge, causée par une bactérie qui vit normalement dans la cavité buccale des bovins. Sa forme la plus connue touche la langue, qui s'infiltre, durcit et perd sa soup...
De quoi s'agit-il ?
L'actinobacillose est une infection des tissus mous de la bouche et de la gorge, causée par une bactérie qui vit normalement dans la cavité buccale des bovins.
Sa forme la plus connue touche la langue, qui s'infiltre, durcit et perd sa souplesse : d'où le nom populaire de « langue de bois ». L'animal n'arrive plus à saisir sa nourriture avec sa langue, bave et maigrit.
La maladie peut aussi former des grosseurs fermes dans les ganglions et les tissus de la tête et du cou.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Salivation abondante, bave qui pend, mousse aux lèvres.
Difficulté à saisir les aliments et à avaler, mâchonnements sans avaler, aliments qui retombent de la bouche.
Langue épaisse, ferme et douloureuse, parfois visible en partie hors de la bouche : elle ne se rétracte plus normalement.
Baisse d'appétit puis amaigrissement rapide, l'animal ayant faim mais ne pouvant plus manger.
Grosseurs fermes sous la peau de la tête, de la gorge ou du cou, parfois de la taille d'une balle, indolores au début.
Ces grosseurs peuvent s'ouvrir à la peau et laisser s'écouler un liquide épais contenant de petits grains jaunâtres.
Ganglions de la tête et du cou augmentés de volume.
Chute de production laitière et perte d'état corporel quand la maladie dure.
Dans certains cas, atteinte de l'arrière-gorge avec gêne respiratoire ou difficulté à ruminer.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La bactérie responsable, Actinobacillus lignieresii, vit normalement dans la bouche et le rumen des bovins sans provoquer de maladie.
Elle ne devient pathogène qu'après une blessure de la muqueuse : piqûre par un aliment grossier ou piquant, chardon, barbe d'épi, fil de fer, éclat de bois, tige dure d'un fourrage sec.
Une fois installée dans les tissus mous, elle provoque une réaction inflammatoire qui durcit peu à peu la zone atteinte et forme des nodules.
Fourrages grossiers, secs et piquants : paille dure, chaumes, foins de mauvaise qualité, tiges ligneuses.
Pâtures envahies de chardons et de plantes épineuses, fréquentes en fin d'été quand l'herbe manque.
Présence de corps étrangers dans l'aliment distribué : fils de fer, éclats de bois, débris.
Périodes de disette qui poussent les animaux à consommer des végétaux qu'ils délaisseraient autrement.
Blessures de la bouche liées à des changements de dents chez les jeunes animaux.
Transmission
Il n'y a pas de contagion directe d'un animal à l'autre : la bactérie est déjà présente dans la bouche de bovins sains.
Ce qui se partage, c'est le facteur déclenchant : un fourrage grossier ou piquant, une pâture envahie de chardons, un lot d'aliment contenant des corps étrangers. C'est pourquoi plusieurs cas peuvent apparaître dans le même troupeau, en même temps, sans qu'il s'agisse d'une maladie contagieuse.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire examine la bouche, palpe la langue et les grosseurs du cou, et évalue l'état d'entretien de l'animal.
Le point clé de son examen est de distinguer l'actinobacillose, qui touche les tissus mous, de l'actinomycose, qui atteint l'os de la mâchoire, et d'écarter les autres causes de salivation et de difficulté à avaler : corps étranger coincé, blessure, atteinte dentaire, maladie générale.
Un prélèvement du liquide contenu dans une grosseur peut être examiné pour confirmer le diagnostic.
Toute salivation abondante et brutale chez un bovin doit faire l'objet d'un avis vétérinaire rapide, car d'autres maladies importantes commencent ainsi.
Traitement
Le traitement classique repose sur l'administration de composés iodés sous contrôle vétérinaire, souvent associés à un antibiotique. La conduite du traitement, sa durée et la surveillance des effets relèvent entièrement du vétérinaire.
Les grosseurs les plus volumineuses ou anciennes peuvent nécessiter un geste chirurgical, notamment lorsqu'elles gênent la respiration ou l'alimentation.
Pendant le traitement, l'animal doit recevoir des aliments faciles à consommer, humides et sans éléments piquants, avec un accès permanent à l'eau propre.
Une surveillance de l'état corporel s'impose : un animal qui ne parvient plus à s'alimenter perd du poids très vite.
Les composés iodés ne sont jamais à utiliser de sa propre initiative : mal employés, ils sont toxiques, et ils sont contre-indiqués dans certaines situations, notamment en fin de gestation.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Éviter de distribuer des fourrages excessivement secs, grossiers ou piquants, et humidifier les fourrages très secs lorsque c'est possible.
Contrôler les chardons et les plantes épineuses dans les pâtures, en particulier celles utilisées en fin de saison sèche.
Vérifier l'absence de corps étrangers dans l'aliment distribué : fils de fer, agrafes, éclats de bois.
Assurer une ration suffisante pour éviter que les animaux ne se rabattent sur des végétaux durs par manque de nourriture.
Examiner sans attendre tout animal qui bave, mâchonne dans le vide ou refuse de manger : traité tôt, un cas se règle beaucoup plus simplement.
Complications possibles
Amaigrissement sévère par impossibilité de s'alimenter, pouvant conduire à la perte de l'animal si rien n'est fait.
Extension de l'infection à la gorge et à l'arrière-bouche, avec gêne respiratoire.
Récidive lorsque le traitement a été interrompu trop tôt ou que la cause, un fourrage piquant, n'a pas été corrigée.
Atteinte du rumen ou d'autres organes dans de rares formes étendues.
Réforme d'animaux encore jeunes lorsque la langue reste durablement peu fonctionnelle.
Quand consulter un vétérinaire
Un bovin bave abondamment, mâchonne sans avaler ou laisse retomber les aliments.
Sa langue paraît épaisse, dure, ou sort de la bouche.
Une grosseur ferme apparaît sous la peau de la gorge, de la joue ou du cou.
L'animal maigrit rapidement alors qu'il semble avoir faim.
Une grosseur s'ouvre et laisse s'écouler un liquide épais.
L'animal respire difficilement ou fait du bruit en respirant : appelez sans attendre.
Pronostic
Prise tôt, l'actinobacillose répond en général bien au traitement : la langue retrouve sa souplesse et l'animal recommence à s'alimenter en quelques jours à quelques semaines.
Les formes anciennes, avec des tissus durcis et étendus, guérissent moins bien et peuvent laisser une gêne durable.
La correction du fourrage en cause conditionne l'absence de nouveaux cas dans le troupeau.
Questions fréquentes
Est-ce contagieux pour les autres vaches ?
Non, pas au sens habituel. La bactérie est déjà présente dans la bouche des bovins sains et ne provoque la maladie qu'après une blessure. Si plusieurs animaux sont atteints en même temps, c'est le fourrage piquant ou la pâture à chardons qu'il faut incriminer, pas une contagion.
Quelle différence avec la « grosse mâchoire » ?
La grosse mâchoire, ou actinomycose, atteint l'os de la mâchoire, qui se déforme durablement. L'actinobacillose touche les tissus mous, langue et ganglions. Les deux se ressemblent de loin mais ne se traitent pas de la même façon, d'où l'importance de l'examen vétérinaire.
Puis-je percer la grosseur moi-même ?
Non. Ouvrir une grosseur sans précaution diffuse l'infection dans les tissus voisins et retarde la guérison. Certaines masses siègent près de vaisseaux importants. Ce geste, quand il est utile, se fait par le vétérinaire.
Le lait et la viande sont-ils consommables pendant le traitement ?
Des délais d'attente s'appliquent aux médicaments utilisés. Ils dépendent des produits prescrits et doivent être demandés au vétérinaire au moment de l'ordonnance, puis respectés strictement.
Références
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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