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Adénomatose pulmonaire ovine
L'adénomatose pulmonaire ovine, connue sous le nom de jaagsiekte, est une maladie particulière : c'est un cancer du poumon provoqué par un virus, et donc transmissible d'un mouton à l'autre. Le virus fait proliférer les cellules qui tapisse...
De quoi s'agit-il ?
L'adénomatose pulmonaire ovine, connue sous le nom de jaagsiekte, est une maladie particulière : c'est un cancer du poumon provoqué par un virus, et donc transmissible d'un mouton à l'autre.
Le virus fait proliférer les cellules qui tapissent les alvéoles pulmonaires. Le poumon se remplit peu à peu de tissu tumoral et d'un liquide clair et abondant, ce qui réduit d'autant la surface disponible pour respirer.
Les signes n'apparaissent qu'après une longue période silencieuse, généralement chez des moutons adultes de deux à quatre ans et plus.
À retenir
Maladie toujours mortelle, sans traitement ni vaccin, et sans test de dépistage fiable sur animal vivant. La détresse respiratoire terminale impose de décider à temps, avec le vétérinaire.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Amaigrissement progressif chez un adulte qui garde son appétit.
Essoufflement croissant : l'animal reste en arrière du troupeau, se fatigue vite, respire de plus en plus rapidement, y compris au repos.
Écoulement nasal liquide, clair, abondant, non purulent. Il augmente nettement lorsque la tête est abaissée : c'est un élément d'orientation utilisé sur le terrain.
Toux occasionnelle, bruits humides à la respiration.
Absence de fièvre, sauf si une infection bactérienne s'ajoute.
Dans les stades avancés : animal qui reste couché, s'épuise au moindre déplacement, respire la bouche ouverte.
Les animaux atteints continuent souvent de manger jusqu'à un stade avancé, ce qui retarde l'inquiétude de l'éleveur.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La maladie est due à un rétrovirus spécifique du mouton, qui transforme les cellules de la paroi des alvéoles pulmonaires en cellules tumorales.
La tumeur qui en résulte est diffuse : elle envahit progressivement les deux poumons plutôt que de former une masse unique.
La production abondante de liquide dans les voies respiratoires accompagne cette prolifération.
Entre la contamination et l'apparition des signes, il s'écoule le plus souvent plusieurs années : un animal contaminé jeune ne montre rien pendant très longtemps.
Achat d'animaux adultes sans connaissance du statut du troupeau d'origine.
Élevage en bâtiment avec forte densité et longue période de confinement.
Troupeaux comptant beaucoup d'animaux âgés.
Cohabitation prolongée d'animaux atteints non repérés avec le reste du troupeau, faute de signes visibles à un stade précoce.
Transmission
Par voie respiratoire, entre moutons en contact étroit : le liquide et les sécrétions émis par un animal atteint contiennent le virus.
La promiscuité en bâtiment, l'hivernage prolongé et la forte densité augmentent nettement la diffusion.
Une transmission par le colostrum et le lait est également possible de la mère à l'agneau.
L'introduction d'un animal infecté mais sans signe apparent est la façon habituelle dont le virus entre dans un troupeau indemne.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire suspecte la maladie devant un adulte qui maigrit et s'essouffle sans fièvre, avec un écoulement nasal clair et abondant.
L'examen des poumons et l'observation de l'animal tête baissée orientent le diagnostic sur le terrain.
Il n'existe pas d'analyse de sang fiable pour dépister les animaux vivants : c'est ce qui rend cette maladie difficile à maîtriser, contrairement à d'autres.
Des examens d'imagerie peuvent être réalisés dans certaines structures.
L'autopsie d'un animal mort ou réformé donne le diagnostic le plus sûr et permet de savoir à quoi s'en tenir pour le reste du troupeau.
Le vétérinaire écarte les autres causes de difficulté respiratoire chronique du mouton adulte, dont le Maedi-Visna, qui donne un tableau proche.
Traitement
Il n'existe aucun traitement : ni médicament antiviral, ni chirurgie, ni chimiothérapie applicable en élevage.
Les antibiotiques n'ont d'intérêt que pour traiter une infection bactérienne surajoutée, sur prescription vétérinaire ; ils n'agissent en rien sur la tumeur.
L'évolution est inexorable une fois les signes apparus.
La décision d'abréger les souffrances d'un animal en détresse respiratoire se prend avec le vétérinaire ; laisser suffoquer un animal n'est pas acceptable.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Éviter l'introduction d'animaux d'origine inconnue ; privilégier les troupeaux dont l'historique respiratoire est connu et sans cas de dépérissement chronique.
Éliminer rapidement les animaux qui présentent les signes évocateurs : ils sont les principales sources de virus pour le troupeau.
Limiter la densité et améliorer la ventilation des bâtiments, en particulier pendant l'hivernage.
Réduire les contacts prolongés entre lots et éviter les regroupements inutiles.
Dans les troupeaux gravement touchés, une conduite en lots séparés selon l'âge, discutée avec le vétérinaire, limite la diffusion aux jeunes générations.
Faire autopsier les animaux morts de troubles respiratoires chroniques : c'est le seul moyen de savoir si la maladie est présente.
Complications possibles
Détresse respiratoire progressive aboutissant à la mort.
Pneumonies bactériennes surajoutées, qui accélèrent la dégradation.
Amaigrissement extrême et épuisement.
Diffusion silencieuse dans le troupeau pendant les années précédant l'apparition des premiers cas visibles.
Pertes économiques par mortalité d'adultes et réformes de reproducteurs.
Quand consulter un vétérinaire
Un mouton adulte s'essouffle et maigrit alors qu'il continue de manger.
Un liquide clair coule abondamment des naseaux, surtout lorsque la tête est baissée.
Un animal reste systématiquement en arrière du troupeau ou refuse de se déplacer.
Plusieurs adultes dépérissent avec des signes respiratoires sur une même période.
Un animal est mort de troubles respiratoires chroniques : demandez une autopsie plutôt que d'écarter le cadavre sans savoir.
Pronostic
Le pronostic est fatal pour l'animal atteint : une fois les signes installés, l'évolution se fait vers la détresse respiratoire en quelques semaines à quelques mois.
Aucune récupération n'est possible, aucun traitement ne modifie le cours de la maladie.
À l'échelle du troupeau, la situation dépend du nombre d'animaux déjà infectés, invisible faute de test de dépistage : quand les premiers cas apparaissent, d'autres animaux sont généralement déjà contaminés.
La maîtrise passe par l'élimination rapide des cas, la vigilance à l'achat et la réduction de la promiscuité.
Questions fréquentes
Ce cancer est-il contagieux ?
Oui, et c'est ce qui le distingue de la plupart des cancers. Il est provoqué par un virus qui se transmet entre moutons, surtout par voie respiratoire en bâtiment. Un animal atteint contamine ses congénères.
Existe-t-il un test pour dépister mes animaux ?
Il n'existe pas d'analyse de sang fiable utilisable en routine sur animal vivant. C'est la principale difficulté de cette maladie. Le diagnostic repose sur les signes cliniques et, de façon certaine, sur l'autopsie.
Est-ce la même chose que le Maedi-Visna ?
Non, ce sont deux maladies virales distinctes, même si elles donnent toutes deux un essoufflement et un amaigrissement chez l'adulte. L'écoulement nasal clair et abondant oriente vers le jaagsiekte. Les deux peuvent coexister dans un troupeau, et seul le vétérinaire peut faire la part des choses.
La viande d'un animal atteint est-elle dangereuse ?
Ce virus ne se transmet pas à l'être humain. Un animal en dépérissement doit néanmoins passer par les circuits réglementaires normaux et l'inspection sanitaire ; demandez conseil à votre vétérinaire avant toute décision.
Références
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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