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Agalactie contagieuse

L'agalactie contagieuse est l'une des principales maladies des élevages laitiers de brebis et de chèvres du pourtour méditerranéen, Tunisie et Maghreb compris. Elle est due à des bactéries du groupe des mycoplasmes, des micro-organismes min...

De quoi s'agit-il ?

L'agalactie contagieuse est l'une des principales maladies des élevages laitiers de brebis et de chèvres du pourtour méditerranéen, Tunisie et Maghreb compris.

Elle est due à des bactéries du groupe des mycoplasmes, des micro-organismes minuscules et fragiles à l'extérieur, mais qui se transmettent très bien d'un animal à l'autre dans un troupeau.

Son nom vient du signe le plus marquant : la chute, parfois brutale et définitive, de la production de lait.

À retenir

Maladie économiquement majeure des élevages laitiers de petits ruminants en région méditerranéenne. Une chute de lait inexpliquée chez plusieurs femelles doit toujours faire penser à elle.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Chute rapide de la production laitière, jusqu'au tarissement complet d'un ou des deux quartiers de la mamelle.

Lait modifié : plus clair, grumeleux, jaunâtre, parfois franchement altéré.

Mamelle chaude, gonflée et douloureuse au début, puis dure et atrophiée : le quartier ne redonnera plus de lait.

Fièvre et abattement en phase aiguë, appétit diminué.

Articulations gonflées et douloureuses, surtout aux membres : la femelle boite, hésite à se déplacer, reste couchée.

Atteinte des yeux : rougeur, larmoiement, œil qui devient blanchâtre ; certains animaux perdent la vue, parfois de façon réversible.

Avortements chez une partie des femelles gestantes.

Chez les jeunes : arthrites, atteinte oculaire, mortalité possible.

Dans les troupeaux atteints depuis longtemps, la maladie s'installe sous une forme discrète, avec des animaux porteurs sans signe apparent qui contaminent les autres à chaque mise bas.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

La maladie est provoquée par des mycoplasmes, dont Mycoplasma agalactiae est le représentant principal chez la brebis. D'autres espèces de mycoplasmes donnent un tableau voisin chez la chèvre.

Ces bactéries colonisent la mamelle, les articulations et les yeux après être passées dans le sang.

Des animaux guéris en apparence restent porteurs et excrètent la bactérie par intermittence, notamment dans le lait, pendant de longs mois : ce sont eux qui entretiennent la maladie dans le troupeau.

Élevages laitiers de brebis et de chèvres, en particulier avec traite mécanique mal réglée ou mal désinfectée.

Achats d'animaux sans quarantaine ni statut sanitaire connu.

Mélange de troupeaux sur les parcours, transhumance, marchés et rassemblements.

Mises bas groupées dans des locaux surpeuplés.

Allaitement des jeunes au lait cru de mélange, qui diffuse la bactérie à toute une génération.

Hygiène de traite insuffisante : pas de désinfection des trayons, même linge pour toutes les femelles.

Transmission

Par le lait : de la mère au jeune qui tète, et d'une femelle à l'autre par la machine à traire ou les mains du trayeur.

Par contact direct entre animaux, par les sécrétions oculaires et nasales.

Par le milieu et le matériel : litière, cornadis, gobelets trayeurs, linges de traite utilisés d'une femelle à l'autre.

Par l'introduction d'animaux achetés porteurs sans signe visible : c'est le mode d'entrée le plus fréquent dans un troupeau sain.

Le passage par le colostrum et le lait cru contamine très tôt les agneaux et les chevreaux.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Le vétérinaire examine la mamelle quartier par quartier, les articulations et les yeux, et fait le point sur la courbe de lait du troupeau.

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Le diagnostic de certitude passe par le laboratoire : analyse de lait, de liquide articulaire ou de sécrétions oculaires, recherche directe de la bactérie ou analyse de sang pour la recherche d'anticorps.

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Il est important de faire ces prélèvements avant tout traitement antibiotique, sous peine de résultats ininterprétables.

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Le raisonnement se fait à l'échelle du troupeau, pas seulement de l'animal présenté : le vétérinaire cherche combien de femelles sont concernées et par où la maladie est entrée.

Traitement

Le traitement repose sur des antibiotiques actifs sur les mycoplasmes, prescrits et suivis par le vétérinaire. Les familles habituellement utilisées sont les tétracyclines et les macrolides ; toutes les familles d'antibiotiques ne sont pas efficaces sur ces bactéries particulières.

Un traitement précoce améliore nettement les chances de sauver la production laitière ; commencé tard, il calme l'infection sans rendre le lait perdu.

Les anti-inflammatoires sont utiles chez les animaux très douloureux, notamment en cas d'arthrite.

Un point essentiel à comprendre : le traitement ne débarrasse pas toujours l'animal de la bactérie. Des femelles traitées restent porteuses et contaminantes.

Les animaux atteints doivent être isolés et traits en dernier, avec un matériel désinfecté ensuite.

Les délais d'attente pour le lait et la viande doivent être scrupuleusement respectés : votre vétérinaire vous les indique.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

N'introduire que des animaux issus de troupeaux au statut connu, et respecter une quarantaine avant tout mélange.

Soigner l'hygiène de traite : mains propres ou gants, désinfection des trayons, un linge par femelle, nettoyage et désinfection de la machine à traire, entretien et réglage réguliers.

Traire les femelles malades ou suspectes en dernier.

Éviter le lait cru de mélange pour l'allaitement des jeunes ; le colostrum d'une mère atteinte ne doit pas être distribué aux autres.

Isoler rapidement toute femelle qui perd son lait, boite ou présente un œil malade, et appeler le vétérinaire.

Réformer les femelles porteuses chroniques, qui entretiennent la contamination année après année.

Nettoyer et désinfecter les locaux, en particulier avant la période des mises bas.

Vaccination

Des vaccins existent et sont utilisés dans plusieurs pays du bassin méditerranéen. Ils réduisent la fréquence et la gravité des cas, sans garantir une protection totale ni éliminer le portage.

Leur disponibilité et leur intérêt dépendent des souches présentes localement : c'est le vétérinaire, qui connaît la situation de votre région et de votre troupeau, qui juge de leur utilité et du calendrier.

La vaccination ne remplace jamais l'hygiène de traite et la maîtrise des achats : elle vient en complément.

Complications possibles

Perte définitive d'un ou des deux quartiers de la mamelle : la femelle ne produira plus de lait, ce qui conduit le plus souvent à la réforme.

Cécité définitive chez une partie des animaux atteints aux yeux.

Arthrites chroniques avec boiteries persistantes et amaigrissement.

Avortements et jeunes chétifs.

Mortalité chez les agneaux et chevreaux atteints précocement.

Installation durable de la maladie dans le troupeau, avec des rechutes à chaque période de mise bas.

Quand consulter un vétérinaire

Plusieurs femelles perdent leur lait en peu de temps ou donnent un lait grumeleux.

Une mamelle est chaude, dure et douloureuse.

Des animaux boitent avec des articulations gonflées.

Des yeux rouges, larmoyants ou blanchâtres apparaissent chez plusieurs animaux.

Des avortements surviennent dans le troupeau : ne les considérez jamais comme banals, faites-les analyser.

Des agneaux ou chevreaux meurent avec des articulations gonflées.

Pronostic

Le pronostic dépend beaucoup de la précocité de la prise en charge.

Traitées tôt, certaines femelles récupèrent une partie de leur production ; traitées tard, la plupart perdent définitivement le ou les quartiers atteints.

La mortalité reste faible chez l'adulte, mais l'impact économique est lourd : lait perdu sur toute la lactation, réformes anticipées, jeunes pénalisés.

À l'échelle du troupeau, l'assainissement est un travail de fond, qui repose sur l'hygiène de traite, la maîtrise des achats et l'élimination des porteuses chroniques.

Questions fréquentes

Ma brebis a perdu son lait d'un seul côté : est-ce définitif ?

C'est possible. Quand le quartier devient dur et atrophié, il ne redonne généralement plus de lait. C'est pour cette raison qu'il faut appeler le vétérinaire dès la chute de production, et non attendre de voir.

Le lait des femelles atteintes est-il dangereux ?

Il ne doit pas être consommé ni donné aux jeunes : il contient la bactérie et diffuse la maladie à toute la génération suivante. Le lait cru n'est de toute façon jamais recommandé, et les délais d'attente après traitement doivent être respectés.

Une femelle guérie peut-elle contaminer les autres ?

Oui. Des animaux redevenus normaux en apparence continuent d'excréter la bactérie par intermittence, surtout par le lait. Ce portage silencieux explique les rechutes du troupeau à chaque saison de mise bas.

Comment la maladie est-elle entrée chez moi ?

Le plus souvent par un animal acheté, porteur sans aucun signe visible. Viennent ensuite les mélanges sur les parcours, les rassemblements et le matériel de traite partagé. Une quarantaine à l'achat est la mesure la plus rentable.

EN BREF

AgentBactérie
EspèceMouton, Chèvre
VaccinDisponible
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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