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Border disease
La border disease, ou maladie des frontières, est une maladie virale des ovins provoquée par un virus proche de celui de la diarrhée virale bovine. Son nom vient de la région où elle a été décrite pour la première fois, mais elle existe auj...
De quoi s'agit-il ?
La border disease, ou maladie des frontières, est une maladie virale des ovins provoquée par un virus proche de celui de la diarrhée virale bovine.
Son nom vient de la région où elle a été décrite pour la première fois, mais elle existe aujourd'hui dans la plupart des pays d'élevage ovin.
Le virus n'attaque pas la brebis adulte, qui reste en bonne santé : il attaque le fœtus. Selon le stade de gestation auquel la brebis est infectée, l'agneau meurt et est résorbé, la brebis avorte, ou l'agneau naît vivant mais anormal.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Ce qui frappe d'abord, c'est un mauvais résultat de campagne sans maladie visible : beaucoup de brebis vides, des retours en chaleur répétés, un faible nombre d'agneaux nés.
Avortements à différents stades, agneaux momifiés, agneaux mort-nés.
Agneaux qui tremblent en permanence, surtout de l'arrière-train et de la tête, tremblements qui s'accentuent quand ils s'excitent et disparaissent quand ils dorment.
Toison anormale : poils longs, drus et frisés sur la tête, le cou et le dos, très différents de la laine normale.
Agneaux qui titubent, tombent, ont du mal à téter et à suivre leur mère.
Agneaux de taille anormalement petite, avec parfois des membres et une tête mal proportionnés.
Retard de croissance persistant chez des agneaux qui, plus grands, restent chétifs, maigrissent et font des diarrhées à répétition.
Les brebis adultes, elles, ne montrent rien : elles ne sont pas malades, et c'est ce qui rend la maladie difficile à soupçonner.
Certains agneaux atteints s'améliorent avec l'âge et perdent leurs tremblements : ils gardent malgré tout le virus si l'infection a eu lieu très tôt.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
Le virus se multiplie chez les animaux infectés et se transmet d'un mouton à l'autre.
Chez une brebis non gestante, l'infection passe presque toujours inaperçue et laisse une immunité durable.
Chez une brebis gestante, le virus traverse le placenta et atteint le fœtus. Tout dépend alors du moment.
Infection très précoce : le fœtus meurt et disparaît, ou naît porteur du virus à vie, parce que son système de défense, encore immature, a appris à considérer le virus comme faisant partie de lui-même. C'est l'agneau infecté permanent.
Infection à un stade intermédiaire : le cerveau et la peau se développent mal, ce qui donne les agneaux tremblants à toison anormale.
Infection tardive : l'agneau se défend et naît souvent normal.
Les agneaux infectés permanents excrètent d'énormes quantités de virus toute leur vie, par la salive, les crottes, l'urine et les écoulements. Un seul d'entre eux suffit à infecter un troupeau entier.
Achat d'animaux, en particulier de femelles gestantes, sans quarantaine ni examen.
Prêt ou emprunt de béliers entre exploitations, pratique très répandue.
Regroupement de troupeaux, pâturages communs, transhumance, foires.
Contact entre ovins et bovins sur les mêmes parcelles ou dans les mêmes bâtiments.
Troupeau jamais exposé auparavant : toutes les brebis sont alors sensibles en même temps, et l'introduction du virus provoque une campagne catastrophique.
Conservation, sans le savoir, d'agneaux infectés permanents pour le renouvellement : ce sont souvent des animaux petits et chétifs, mais pas toujours.
Transmission
La transmission se fait par contact direct entre animaux, par les sécrétions du nez et de la bouche, l'urine, les crottes et les produits de mise bas.
La source principale est l'animal infecté permanent, qui répand du virus en continu sans jamais paraître contagieux.
Une brebis gestante infectée transmet le virus à son agneau, ce qui perpétue la chaîne d'une génération à l'autre.
L'achat d'un animal infecté permanent, ou d'une brebis gestante porteuse d'un fœtus infecté, est le mode d'introduction le plus fréquent dans un troupeau indemne.
Les bovins peuvent héberger des virus très proches et les partager avec les ovins lorsqu'ils pâturent ensemble ou se côtoient en bâtiment.
Cette maladie ne se transmet pas à l'être humain.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire suspecte la maladie devant l'association de mauvais résultats de reproduction et d'agneaux tremblants à toison anormale, mais la confirmation demande obligatoirement des analyses.
Des prises de sang sur un échantillon de brebis permettent de voir si le troupeau a rencontré le virus et à quelle période.
La recherche du virus lui-même, sur les agneaux suspects, identifie les animaux infectés permanents. C'est l'examen décisif, car c'est sur eux que tout repose.
Un animal trouvé porteur du virus doit être recontrôlé après un intervalle défini par le vétérinaire, afin de distinguer une infection passagère d'une infection permanente.
Les avortons et les placentas peuvent être analysés : gardez-les au frais, dans un sac fermé, sans les manipuler à mains nues.
Le vétérinaire écarte en parallèle les autres causes de troubles de la reproduction et d'avortements en série, en particulier la brucellose, la fièvre Q, la chlamydiose abortive et la toxoplasmose.
Devant des agneaux qui tremblent, il élimine aussi les autres causes possibles, notamment les carences et les intoxications, qui ne demandent pas du tout la même conduite.
Traitement
Il n'existe aucun traitement du virus lui-même : ni antibiotique ni antiparasitaire n'ont d'effet sur lui.
Les agneaux atteints ne peuvent recevoir que des soins de confort : chaleur, aide à la tétée, colostrum de qualité, protection contre le froid et l'humidité. Les cas légers s'améliorent parfois avec le temps.
Les agneaux les plus atteints, qui ne tiennent pas debout et ne tètent pas, souffrent : l'euthanasie doit être envisagée avec le vétérinaire.
La véritable réponse n'est pas médicale mais organisationnelle : identifier les animaux infectés permanents et les sortir définitivement du troupeau. Tant qu'ils restent, le virus continue de circuler malgré tous les soins.
Un animal reconnu infecté permanent ne doit jamais être vendu comme reproducteur : ce serait transmettre le problème à un autre élevage.
La stratégie complète, du dépistage au renouvellement, se construit avec le vétérinaire sur plusieurs campagnes.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Mettre en quarantaine tout animal acheté, sans exception, et faire contrôler les animaux destinés à la reproduction avant de les introduire.
Être particulièrement vigilant avec les femelles gestantes achetées : elles peuvent être saines et porter un agneau infecté permanent, qui n'apparaîtra qu'à la naissance.
Ne pas emprunter de bélier sans savoir d'où il vient et sans avis du vétérinaire.
Éviter le contact entre ovins et bovins lorsque c'est possible, notamment en bâtiment.
Repérer et éliminer les agneaux infectés permanents dès qu'ils sont identifiés : c'est la mesure qui casse le cycle.
Ne pas garder pour le renouvellement les agneaux chétifs et retardés issus d'une campagne à problèmes sans les avoir fait contrôler.
Dans un troupeau indemne, la règle la plus efficace reste de ne rien introduire sans contrôle.
Surveiller ses résultats de reproduction d'une année sur l'autre : une chute inexpliquée du nombre d'agneaux est souvent le premier signal.
Vaccination
Il n'existe pas de vaccin spécifiquement dédié à cette maladie disponible partout, et la question de la vaccination ne doit être abordée qu'avec le vétérinaire.
La maîtrise repose donc sur le dépistage, l'élimination des animaux infectés permanents et la maîtrise stricte des introductions.
Dans certains troupeaux, le vétérinaire peut discuter d'une exposition contrôlée des jeunes femelles avant la lutte. Cette approche est délicate, elle ne s'improvise jamais et peut se retourner contre l'éleveur si elle est mal conduite.
Complications possibles
Campagne de reproduction très fortement dégradée : brebis vides, avortements, agneaux perdus.
Maintien silencieux du virus dans le troupeau pendant des années à cause des animaux infectés permanents.
Agneaux infectés permanents fragiles, qui font des diarrhées et des pneumonies à répétition et meurent souvent avant l'âge adulte.
Sensibilité accrue de ces agneaux à toutes les autres maladies, car leurs défenses fonctionnent mal.
Diffusion vers d'autres exploitations lors de la vente d'animaux de renouvellement.
Découragement de l'éleveur devant des résultats qui ne s'améliorent pas malgré une bonne alimentation et de bons soins.
Quand consulter un vétérinaire
Des agneaux naissent en tremblant, avec une toison anormalement poilue sur la tête et le cou.
Une campagne d'agnelage donne beaucoup moins d'agneaux que prévu, avec des brebis vides inexpliquées.
Des brebis reviennent en chaleur plusieurs fois après la saillie.
Des avortements ou des agneaux momifiés apparaissent dans le troupeau.
Des agneaux restent chétifs, ne grandissent pas et font des diarrhées à répétition malgré une bonne conduite.
Vous venez d'introduire des animaux et les résultats de reproduction se dégradent la campagne suivante.
Pronostic
Les brebis adultes ne sont pas en danger : elles restent en bonne santé et, une fois infectées, sont protégées pour les gestations suivantes.
Les agneaux tremblants légèrement atteints peuvent s'améliorer avec l'âge, mais gardent souvent un retard de croissance.
Les agneaux infectés permanents ont un avenir sombre : ils restent fragiles, tombent malades sans arrêt et meurent le plus souvent jeunes.
À l'échelle du troupeau, le pronostic est bon si les animaux infectés permanents sont identifiés et éliminés : le virus disparaît alors avec eux. S'ils restent, la maladie s'installe pour des années.
Questions fréquentes
Mes agneaux tremblent : est-ce forcément cette maladie ?
Non. Plusieurs causes font trembler un agneau, notamment des carences et des intoxications, et certaines se corrigent facilement. L'association tremblements et toison anormalement poilue sur la tête et le cou est très évocatrice, mais seules des analyses permettent de conclure.
Pourquoi éliminer un agneau qui a l'air d'aller mieux ?
Parce qu'un agneau infecté très tôt dans la gestation garde le virus toute sa vie, même quand ses tremblements disparaissent. Rien ne le distingue ensuite d'un animal normal, et il continue de contaminer le troupeau chaque jour. C'est lui, et pas la brebis, qui entretient la maladie.
Puis-je vendre ces animaux plutôt que de les éliminer ?
Un animal reconnu porteur permanent ne doit jamais partir comme reproducteur : vous transmettriez le problème à un autre élevage, et il vous reviendrait tôt ou tard. La destination de ces animaux se décide avec le vétérinaire.
Mes vaches peuvent-elles contaminer mes brebis ?
Des virus très proches circulent chez les bovins et peuvent passer aux ovins lorsqu'ils se côtoient. Séparer les deux espèces, en particulier en bâtiment, fait partie des précautions à prendre lorsqu'on veut assainir un troupeau.
Références
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
ANSES — Agence nationale de sécurité sanitaire (France)
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 août 2026
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