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Botulisme

Le botulisme n'est pas une infection ordinaire : l'animal ne s'infecte pas, il avale un poison déjà fabriqué. Ce poison est produit par une bactérie qui se développe dans les matières en décomposition, en l'absence d'air. La source est pres...

De quoi s'agit-il ?

Le botulisme n'est pas une infection ordinaire : l'animal ne s'infecte pas, il avale un poison déjà fabriqué. Ce poison est produit par une bactérie qui se développe dans les matières en décomposition, en l'absence d'air.

La source est presque toujours un cadavre : un rongeur, un oiseau, un chat mort pris dans une balle de fourrage ou dans un ensilage, ou un animal mort tombé dans un point d'eau. Le poison diffuse alors dans le fourrage ou dans l'eau autour du cadavre.

Une fois avalé, il bloque la commande des muscles. L'animal s'affaiblit, ne peut plus avaler, puis plus se lever, et finit par ne plus respirer, tout en restant parfaitement conscient.

À retenir

Urgence de troupeau. Devant plusieurs animaux paralysés sans fièvre, retirez immédiatement le fourrage et l'eau distribués et appelez le vétérinaire : chaque heure gagnée protège les animaux qui n'ont pas encore été exposés.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Faiblesse progressive, qui commence le plus souvent par l'arrière-train : l'animal traîne les pattes, titube, marche comme s'il était ivre.

Il reste en arrière du lot, puis se couche et ne se relève plus, alors qu'il reste éveillé et suit du regard.

Difficulté à avaler : l'aliment et l'eau ressortent par la bouche ou par le nez, salivation abondante, langue molle qui pend parfois.

Mâchoire relâchée, paupières tombantes, queue inerte.

Appétit souvent conservé au début : l'animal cherche à manger mais n'y parvient pas, ce qui est très évocateur.

Pas de fièvre : la température reste normale, ce qui distingue le botulisme des maladies infectieuses.

Respiration de plus en plus difficile à mesure que les muscles respiratoires sont touchés, puis mort.

Plusieurs animaux du même lot sont atteints dans un délai rapproché, en général quelques heures à quelques jours après un même repas.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

Ingestion du poison déjà formé dans un aliment ou une eau contaminés.

Cadavre de rongeur, d'oiseau, de chat ou d'autre animal ramassé avec le fourrage lors de la récolte et enfermé dans une balle ou dans un silo.

Ensilage mal conservé, insuffisamment acide ou mal tassé, qui permet à la bactérie de se développer.

Point d'eau souillé par un cadavre : mare, citerne ouverte, abreuvoir non couvert.

Déchets, fumier de volaille ou litière d'élevage avicole épandus ou accessibles aux animaux.

Mâchonnement d'os et de restes de cadavres par des animaux qui manquent de minéraux : ce comportement anormal expose directement au poison.

Distribution d'ensilage ou de balles enrubannées mal conservées, éventrées ou stockées longtemps.

Récolte de parcelles où pullulent les rongeurs.

Points d'eau ouverts, mares, citernes accessibles aux animaux sauvages.

Proximité d'un élevage de volailles ou épandage de fumier de volaille.

Carence minérale poussant les animaux à mâchonner des os ou des carcasses.

Cadavres laissés sur place ou enfouis superficiellement à proximité des pâtures.

Transmission

Il n'y a pas de contagion d'un animal à l'autre : un mouton malade ne contamine ni ses voisins, ni la bergerie, ni l'éleveur.

La seule voie est l'ingestion du poison présent dans un aliment ou une eau contaminés.

C'est pour cette raison que le nombre de cas suit la distribution : tous les animaux qui ont mangé au même endroit sont exposés, ceux d'un autre lot ne le sont pas.

Identifier l'aliment ou l'abreuvoir en cause et le retirer immédiatement protège les animaux qui ne sont pas encore atteints. C'est la mesure la plus utile de toute la prise en charge.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Le vétérinaire suspecte la maladie devant plusieurs animaux paralysés, sans fièvre, qui restent conscients.

2

Il écarte les autres causes de paralysie ou de décubitus : hypocalcémie, listériose, tétanos, atteintes de la moelle, intoxications, carences.

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La mise en évidence du poison au laboratoire est difficile et souvent négative, y compris dans des cas réels : un résultat négatif n'exclut pas la maladie.

4

L'enquête compte donc autant que les analyses : il faut examiner le fourrage distribué, ouvrir les balles suspectes, inspecter les silos et les points d'eau à la recherche d'un cadavre.

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Conservez des échantillons du fourrage et de l'eau distribués les jours précédents : ils sont précieux pour l'enquête.

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La déclaration et la conduite à tenir doivent être discutées avec le vétérinaire, notamment pour la destination des animaux et des produits.

Traitement

Il n'existe pas de traitement capable de défaire la paralysie une fois qu'elle est installée : le poison a déjà bloqué la commande des muscles, et la récupération dépend de la régénération lente des terminaisons nerveuses.

La priorité absolue est de retirer immédiatement la source pour tous les autres animaux : arrêter la distribution du fourrage suspect, condamner l'abreuvoir, retirer le cadavre.

Les animaux atteints reçoivent des soins de soutien décidés par le vétérinaire : mise au calme sur litière épaisse, retournement régulier, abreuvement et alimentation adaptés à un animal qui déglutit mal, protection contre les escarres.

Ne forcez jamais un animal qui ne déglutit pas à boire à la bouteille : le liquide passe dans les poumons.

Un sérum spécifique existe dans certains pays ; il n'agit que très tôt, avant l'installation de la paralysie, et sa disponibilité est limitée. Sa mise en œuvre relève du vétérinaire.

Quand l'atteinte est avancée, la question de l'euthanasie doit être posée avec le vétérinaire pour éviter une agonie par asphyxie.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

La prévention repose entièrement sur la qualité des fourrages et la propreté de l'eau.

Inspecter les balles et l'ensilage à l'ouverture : une odeur anormale, une zone noircie, la présence d'un cadavre ou de restes de rongeur imposent d'écarter tout le lot, sans hésitation.

Ne pas distribuer un ensilage mal conservé, mal tassé ou éventré depuis plusieurs jours.

Faucher en laissant une hauteur de coupe suffisante et limiter les populations de rongeurs dans les parcelles et les stocks.

Couvrir et nettoyer les points d'eau, contrôler régulièrement les abreuvoirs, empêcher l'accès des animaux aux mares et aux citernes ouvertes.

Ramasser et éliminer sans délai tout animal mort, dans l'élevage comme dans les pâtures ; ne jamais laisser une carcasse à proximité des zones de pâture ou d'abreuvement.

Ne pas épandre de fumier de volaille sur les parcelles destinées au pâturage ou à la fauche, et ne jamais laisser les animaux y accéder.

Corriger les carences minérales avec le vétérinaire : un animal correctement complémenté ne cherche pas à mâchonner des os.

Vaccination

Des vaccins contre certaines formes de botulisme existent et sont utilisés dans les pays où la maladie est fréquente.

Ils ne protègent que contre les types de poison qu'ils contiennent : ils ne remplacent en aucun cas la qualité des fourrages et la propreté des points d'eau.

Leur disponibilité varie selon les pays et les périodes. Seul votre vétérinaire peut dire si une vaccination est indiquée et accessible dans votre région, et pour quels animaux.

Complications possibles

Mort par paralysie des muscles de la respiration, qui est l'issue la plus fréquente dans les formes déclarées.

Pneumonie par passage d'aliment ou de liquide dans les poumons chez un animal qui ne déglutit plus.

Escarres et lésions musculaires chez les animaux restés longtemps couchés.

Pertes en série dans un lot tant que la source n'a pas été retirée.

Récupération lente et incomplète chez les rares animaux qui survivent aux formes légères.

Quand consulter un vétérinaire

Plusieurs animaux titubent ou se couchent en même temps sans avoir de fièvre : appelez immédiatement.

Un animal cherche à manger mais n'arrive pas à avaler, ou l'eau lui ressort par le nez.

Sa langue pend, sa mâchoire est molle, sa queue est inerte.

Il est couché, incapable de se lever, mais reste éveillé et attentif.

Vous découvrez un cadavre de rongeur ou d'oiseau dans une balle de fourrage ou dans un abreuvoir : retirez immédiatement l'aliment ou l'eau et appelez, même si aucun animal n'est encore malade.

Pronostic

Sombre dès que la paralysie est installée : la majorité des animaux atteints meurent, même soignés.

Les formes légères, chez des animaux ayant avalé peu de poison, peuvent récupérer lentement, sur plusieurs semaines, avec des soins attentifs.

À l'échelle du troupeau, tout se joue sur la rapidité avec laquelle la source est identifiée et retirée : les animaux qui n'ont pas encore mangé l'aliment contaminé peuvent être entièrement épargnés.

Questions fréquentes

Mes moutons sont paralysés mais n'ont pas de fièvre : est-ce possible ?

Oui, et c'est justement caractéristique. Le botulisme n'est pas une infection de l'organisme mais un empoisonnement : la température reste normale et l'animal reste conscient alors qu'il ne peut plus bouger. C'est un élément important à signaler au vétérinaire.

Le troupeau voisin risque-t-il d'être contaminé ?

Non, la maladie ne se transmet pas d'un animal à l'autre. Le risque ne concerne que les animaux qui ont consommé le même aliment ou la même eau. En revanche, si le fourrage vient d'un lot partagé, il faut prévenir sans attendre ceux qui en ont reçu.

Faut-il jeter toute la balle de fourrage où j'ai trouvé un cadavre ?

Oui, et sans hésitation. Le poison diffuse dans le fourrage autour du cadavre et rien ne permet de délimiter la zone contaminée à l'œil. L'économie d'une balle ne vaut pas la perte d'un lot d'animaux.

La cuisson détruit-elle le danger dans la viande ?

Ne raisonnez pas ainsi. La viande et le lait d'un animal malade ne doivent pas être consommés et l'animal mort doit être éliminé selon les règles. Demandez la conduite à tenir à votre vétérinaire plutôt que de prendre un risque pour votre famille.

EN BREF

AgentBactérie
EspèceMouton, Chèvre
VaccinDisponible
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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