Accueil › Animalia › Santé animale › Maladies animales › Braxy
Braxy
Le braxy, aussi appelé bradsot, est une clostridiose qui attaque la paroi de la caillette, le véritable estomac du mouton. Il est dû à Clostridium septicum, une bactérie du sol dont les spores sont avalées avec l'herbe et les aliments. La m...
De quoi s'agit-il ?
Le braxy, aussi appelé bradsot, est une clostridiose qui attaque la paroi de la caillette, le véritable estomac du mouton. Il est dû à Clostridium septicum, une bactérie du sol dont les spores sont avalées avec l'herbe et les aliments.
La maladie se déclare quand la paroi de la caillette est fragilisée, en particulier par l'ingestion d'aliments glacés ou très froids : herbe gelée au petit matin, givre, eau glacée, fourrage gelé. La bactérie profite de cette agression pour envahir la paroi, s'y multiplier et produire des toxines qui passent dans le sang.
Elle touche surtout les jeunes moutons de la première année, rarement les adultes.
À retenir
Mort subite du jeune mouton par temps froid. On n'intervient presque jamais à temps : c'est la vaccination et la gestion du pâturage matinal par temps de gel qui protègent le troupeau.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Le plus souvent, l'animal est trouvé mort au petit matin ou en rentrant du parcours, sans avoir montré de signe la veille.
Quand les signes sont observés, ils sont brefs et ne durent que quelques heures : abattement profond, animal qui reste en arrière du troupeau, refuse l'aliment et cesse de ruminer.
Fièvre élevée au début, souvent suivie d'un refroidissement quand l'animal s'affaiblit.
Douleur abdominale : l'animal grince des dents, se couche et se relève, tend le dos, le ventre est douloureux au toucher.
Ballonnement du flanc gauche.
Démarche incertaine, animal qui titube puis se couche et ne se relève plus.
Évolution vers le coma et la mort en quelques heures.
Le cadavre se dégrade très vite et se ballonne rapidement, ce qui rend l'autopsie tardive peu informative : d'où l'importance d'appeler le vétérinaire sans délai.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La bactérie vit dans le sol sous forme de spores extrêmement résistantes, et elle est présente dans le tube digestif d'animaux parfaitement sains.
Elle ne devient dangereuse que si la paroi de la caillette est lésée. C'est l'ingestion d'aliments glacés, de givre ou d'herbe gelée qui joue le plus souvent ce rôle, en abîmant la muqueuse.
D'autres agressions de la paroi peuvent ouvrir la voie : aliments grossiers, corps étrangers végétaux, changement brutal d'alimentation, parasitisme de la caillette.
Une fois installée dans la paroi, la bactérie se multiplie, provoque une inflammation nécrosante et libère des toxines qui gagnent le sang.
Les animaux affamés qui se jettent sur un fourrage gelé après une nuit de froid cumulent les deux facteurs : lésion de la paroi et remplissage brutal.
Jeunes moutons de la première année, non vaccinés.
Périodes de froid, gelées matinales, givre sur l'herbe, vagues de froid dans les zones d'altitude et de l'intérieur.
Animaux qui pâturent tôt le matin sur une herbe gelée, ou qui reçoivent un fourrage resté dehors et gelé.
Abreuvement à une eau très froide après une période de privation.
Troupeaux transhumants exposés à des changements brutaux de climat et de terrain.
Animaux affamés qui se remplissent d'un coup.
Parcelles et bergeries ayant déjà connu des cas.
Parasitisme digestif associé, qui fragilise la paroi de la caillette.
Transmission
Ce n'est pas une maladie contagieuse : un animal atteint ne transmet rien à ses voisins ni à l'homme.
La contamination se fait à partir du sol et des aliments souillés de terre, avalés en pâturant.
Les spores persistent des années dans le sol des parcelles et dans les bâtiments : une zone qui a connu des cas reste concernée.
Quand plusieurs animaux meurent la même nuit, c'est parce qu'ils ont tous subi les mêmes conditions, pas parce qu'ils se sont contaminés entre eux.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire s'appuie sur le contexte : âge des animaux, période froide, gelée dans les jours précédents, animaux trouvés morts sans signe.
L'autopsie précoce, pratiquée par le vétérinaire, est l'examen le plus utile : la paroi de la caillette est épaissie, hémorragique et nécrosée. Faite trop tard, elle devient difficile à interpréter car le cadavre se dégrade très vite.
N'ouvrez jamais un cadavre vous-même : plusieurs maladies donnent des morts subites, et le charbon bactéridien doit toujours être écarté par un professionnel avant toute manipulation.
Des prélèvements de paroi digestive peuvent être envoyés au laboratoire pour identifier la bactérie.
Le vétérinaire écarte les autres causes de mort subite du jeune mouton, en particulier les autres clostridioses et les intoxications : la conduite préventive à mettre en place n'est pas la même.
Traitement
L'évolution est trop rapide pour qu'un traitement soit efficace dans la plupart des cas : les animaux atteints meurent généralement avant ou malgré l'intervention.
Sur un animal repéré très tôt, encore debout, le vétérinaire peut tenter un traitement antibiotique associé à un anti-inflammatoire et à une réhydratation, sur prescription. Les résultats restent aléatoires.
L'essentiel de l'action porte sur le reste du troupeau : rentrer les animaux, attendre que le givre ait fondu avant de les sortir, distribuer un fourrage non gelé, donner de l'eau qui n'est pas glacée.
Aucun produit ne doit être administré de sa propre initiative : cela retarde l'appel au vétérinaire, qui seul peut décider d'une conduite à l'échelle du lot.
Les délais d'attente pour la viande et le lait s'appliquent à tout produit administré et doivent être demandés au vétérinaire.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
La vaccination clostridiale polyvalente est la mesure de fond, particulièrement pour les jeunes animaux et dans les zones où des cas sont déjà survenus.
Ne pas faire pâturer sur herbe gelée ou givrée : attendre le milieu de la matinée que le givre ait fondu.
Éviter de distribuer un fourrage qui a passé la nuit dehors et qui est gelé ; le rentrer ou le décongeler.
Ne pas laisser les animaux affamés se ruer sur l'aliment après une privation, en particulier par temps froid.
Proposer une eau qui ne soit pas glacée, casser la glace des abreuvoirs et renouveler l'eau.
Abriter les jeunes animaux pendant les vagues de froid et éviter les sorties matinales par grand gel.
Assurer une ration suffisante en hiver : un animal correctement nourri ne se jette pas sur ce qu'il trouve.
Maîtriser le parasitisme digestif.
Vaccination
Les vaccins clostridiaux polyvalents utilisés chez le mouton couvrent cette bactérie en même temps que les autres clostridioses : c'est le même produit qui protège contre plusieurs maladies du lot.
La protection s'obtient par une primo-vaccination en plusieurs injections, suivie de rappels réguliers. Une injection unique laisse les animaux mal protégés.
Dans les zones et les élevages à risque, les jeunes doivent être couverts avant l'entrée dans la période froide : c'est une vaccination qui s'anticipe, pas qui se rattrape.
La vaccination des brebis avant l'agnelage transmet une protection de courte durée aux agneaux par le colostrum ; elle ne dispense pas de vacciner ensuite les jeunes.
Le calendrier exact et le choix du vaccin relèvent du vétérinaire, en fonction du climat local et de la conduite du troupeau.
Respecter la chaîne du froid pour la conservation des vaccins.
Complications possibles
Mort de l'animal, très souvent avant toute possibilité d'intervention.
Pertes groupées sur un lot de jeunes pendant une même vague de froid.
Péritonite et infection généralisée chez les animaux qui survivent quelques heures de plus.
Réapparition d'un hiver à l'autre sur les mêmes parcelles si la vaccination n'est pas mise en place.
Quand consulter un vétérinaire
Un jeune mouton est trouvé mort après une nuit de gel : appelez le vétérinaire et n'ouvrez pas le cadavre.
Un animal est abattu, ne rumine plus et présente un ventre douloureux ou ballonné.
Plusieurs animaux d'un lot de jeunes meurent en quelques jours pendant une période froide.
Un animal titube et se couche sans se relever.
Avant l'hiver, si votre troupeau pâture des zones froides ou transhume : prenez conseil sur la vaccination pendant qu'il est encore temps.
Pronostic
Le pronostic individuel est très sombre : la maladie évolue en quelques heures et le traitement arrive presque toujours trop tard.
Le pronostic du lot est bon dès lors que la conduite hivernale est corrigée et que la vaccination est mise en place.
Dans les élevages vaccinés régulièrement, la maladie disparaît pratiquement.
Questions fréquentes
Mes moutons sont morts après une nuit de gel : est-ce le froid qui les a tués ?
Pas directement. Le froid a abîmé la paroi de leur estomac en leur faisant avaler de l'herbe ou du fourrage gelé, et une bactérie du sol en a profité pour envahir cette paroi. C'est la toxine de cette bactérie qui tue. La différence est importante : un abri seul ne suffit pas, il faut aussi vacciner.
Faut-il vraiment attendre que le givre ait fondu pour sortir les bêtes ?
Oui, c'est une des mesures les plus simples et les plus efficaces. Sortir en milieu de matinée, quand l'herbe n'est plus gelée, évite l'agression de la paroi de la caillette. Cela vaut aussi pour le fourrage laissé dehors toute la nuit.
Le vaccin contre l'entérotoxémie protège-t-il aussi contre le braxy ?
Les vaccins clostridiaux polyvalents utilisés en élevage ovin couvrent en général plusieurs de ces maladies à la fois. La composition varie selon les produits : demandez à votre vétérinaire ce que couvre exactement celui que vous utilisez.
Puis-je consommer un mouton trouvé mort le matin ?
Non. Aucun animal trouvé mort ne doit être consommé ni vendu, quelle que soit la cause supposée et même s'il paraît en bon état. Le cadavre doit être présenté au vétérinaire puis éliminé selon la réglementation.
Références
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 août 2026
EN BREF
Besoin d'un vétérinaire ?
Retrouvez un praticien près de chez vous sur TunisieVet, avec ses spécialités, ses horaires et ses coordonnées.
Trouver un vétérinaireCatégories
Espèces concernées
Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
Vous envisagez d'accueillir un animal ? Des chiens et des chats attendent une famille en Tunisie, et l'adoption est entièrement gratuite.
Annonces d'adoptionÀ découvrir
Maladies proches et contenus Animalia liés.
Rage
Virale · Vaccin disponible
Toxoplasmose
Parasitaire
Coccidiose
Parasitaire
Fièvre aphteuse
Virale · Vaccin disponible