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Maladie bactérienne Vache

Campylobactériose génitale bovine

La campylobactériose génitale bovine est une maladie vénérienne des bovins : elle se transmet à l'occasion de la saillie. La bactérie responsable s'installe dans l'appareil génital de la femelle et empêche l'embryon de se maintenir. La vach...

De quoi s'agit-il ?

La campylobactériose génitale bovine est une maladie vénérienne des bovins : elle se transmet à l'occasion de la saillie. La bactérie responsable s'installe dans l'appareil génital de la femelle et empêche l'embryon de se maintenir.

La vache n'a pas l'air malade. Ce que l'éleveur constate, c'est un troupeau qui ne prend pas : des femelles saillies plusieurs fois, des chaleurs qui reviennent à intervalles irréguliers, une saison de reproduction qui s'étale et un nombre de veaux nettement inférieur à l'attendu.

Le taureau est le réservoir silencieux de la maladie : il porte la bactérie dans les replis de son fourreau sans jamais montrer le moindre signe, et contamine les femelles à chaque saillie. C'est une maladie inscrite sur la liste de l'Organisation mondiale de la santé animale.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Chez la femelle : infertilité, retours en chaleurs répétés, souvent à des intervalles allongés et irréguliers.

Saison de reproduction qui s'étale anormalement, veaux naissant tardivement et de façon dispersée.

Baisse marquée du taux de gestation à l'échelle du troupeau : c'est le signe d'appel principal.

Écoulement vulvaire discret chez certaines vaches, souvent inaperçu.

Avortements, généralement peu nombreux et survenant plutôt en début ou en milieu de gestation.

Chez le taureau : aucun signe. Il reste en pleine forme, sa semence paraît normale et sa libido n'est pas modifiée.

Les génisses de première saillie, jamais exposées auparavant, sont souvent les plus touchées.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

L'infection est due à une bactérie qui colonise l'appareil génital.

Chez la femelle, l'inflammation de l'utérus et des trompes qui en résulte empêche l'embryon de s'implanter ou provoque sa mort précoce : la vache revient en chaleurs comme si elle n'avait jamais été fécondée.

Chez le taureau, la bactérie se maintient à la surface du fourreau sans provoquer de lésion, ce qui explique l'absence totale de signes.

Utilisation de la saillie naturelle, en particulier avec des taureaux âgés.

Introduction d'un taureau ou de femelles dont le statut sanitaire n'est pas connu.

Partage ou prêt de taureaux entre exploitations, pratique fréquente dans les élevages de petite taille.

Troupeaux constitués majoritairement de génisses ou de femelles jamais exposées.

Matériel de reproduction insuffisamment nettoyé et désinfecté entre les animaux.

Absence de suivi de reproduction permettant de détecter tôt la baisse de fertilité.

Transmission

La transmission se fait essentiellement lors de la saillie naturelle : le taureau porteur dépose la bactérie dans l'appareil génital de la femelle.

La bactérie survit longtemps dans les replis du fourreau du taureau, en particulier chez les taureaux âgés dont les replis sont plus profonds. Ces taureaux restent porteurs pendant des années.

La contamination peut aussi passer par du matériel de reproduction souillé, ou par de la semence collectée sur un taureau infecté et traitée sans les précautions requises.

Une femelle infectée peut contaminer un taureau sain, qui deviendra à son tour source d'infection pour tout le lot.

L'insémination artificielle avec de la semence issue de centres contrôlés interrompt cette chaîne de transmission.

Il n'y a pas de transmission par simple contact au pâturage, ni par l'eau ou les aliments.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Le diagnostic ne se fait pas à l'œil : il repose sur des prélèvements et des analyses de laboratoire, réalisés par le vétérinaire.

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Chez le taureau, un prélèvement du fourreau est l'examen de référence. Il doit souvent être répété, car la bactérie n'est pas retrouvée à chaque fois.

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Chez la femelle, des prélèvements de mucus génital peuvent être analysés, ainsi que les avortons et leurs enveloppes lorsqu'il y en a.

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Le vétérinaire écarte les autres causes de baisse de fertilité du troupeau : autres maladies de la reproduction, carences alimentaires, taureau simplement inapte, mauvaise détection des chaleurs.

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À l'échelle du troupeau, la reconstitution des dates de saillie et de retour en chaleurs est un élément clé de l'enquête.

Traitement

Le traitement relève du vétérinaire et se raisonne à l'échelle du troupeau, pas d'un animal isolé.

Des traitements antibiotiques, généraux ou appliqués localement sur le fourreau du taureau, peuvent être mis en œuvre sur prescription. Leur efficacité est variable, en particulier chez les taureaux âgés porteurs de longue date.

Dans bien des situations, la solution la plus sûre est la réforme du ou des taureaux porteurs et le passage à l'insémination artificielle avec de la semence issue de centres contrôlés.

Les femelles infectées finissent le plus souvent par éliminer la bactérie et retrouvent leur fertilité, à condition de ne pas être réinfectées : d'où l'importance de traiter d'abord le problème à la source.

Une période de repos sexuel du troupeau est parfois recommandée pour laisser aux femelles le temps de s'assainir.

Si un traitement médicamenteux est utilisé, le délai d'attente du lait et de la viande fixé par le vétérinaire s'applique et doit être respecté.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Privilégiez l'insémination artificielle avec de la semence provenant de centres contrôlés : c'est la mesure de prévention la plus efficace.

Si vous utilisez la saillie naturelle, n'introduisez que des taureaux dont le statut a été contrôlé, et préférez des taureaux jeunes.

Évitez les prêts et les échanges de taureaux entre exploitations, ainsi que la saillie par un taureau extérieur au troupeau.

Isolez et faites contrôler tout animal nouvellement acheté avant de l'intégrer à la reproduction.

Nettoyez et désinfectez systématiquement le matériel de reproduction et d'examen entre deux animaux, et utilisez des gants à usage unique.

Suivez les résultats de reproduction du troupeau : taux de gestation, nombre de saillies par gestation, étalement des vêlages. Une dégradation doit déclencher une enquête.

Dans certains pays, des vaccins existent pour les élevages fortement touchés : la question se discute avec le vétérinaire selon la réglementation locale et la situation de l'élevage.

Complications possibles

Chute durable de la productivité du troupeau : moins de veaux, vêlages étalés, lots hétérogènes.

Inflammation chronique de l'appareil génital chez certaines femelles, avec infertilité prolongée.

Réformes nombreuses pour infertilité, portant à tort sur des femelles saines mais réinfectées.

Diffusion de l'infection à d'autres élevages par le prêt de taureaux.

Perte économique majeure sur plusieurs campagnes de reproduction si le taureau porteur n'est pas identifié.

Quand consulter un vétérinaire

Vos femelles reviennent en chaleurs de façon répétée après plusieurs saillies.

Le taux de gestation du troupeau chute d'une campagne à l'autre.

Les vêlages s'étalent anormalement dans le temps.

Des avortements surviennent, en particulier chez plusieurs femelles.

Vous avez introduit un taureau ou emprunté un taureau extérieur, et la fertilité s'est dégradée ensuite.

Vos génisses de première saillie prennent nettement moins bien que les vaches plus âgées.

Pronostic

Au niveau individuel, la plupart des femelles guérissent spontanément et redeviennent fertiles si elles ne sont pas réexposées ; le délai peut cependant atteindre plusieurs mois et coûte une campagne de reproduction.

Au niveau du troupeau, l'assainissement est possible mais suppose d'agir sur la source : élimination ou traitement des taureaux porteurs, passage à l'insémination artificielle, contrôle des introductions.

Sans intervention, l'infection persiste d'année en année et les pertes se répètent.

Questions fréquentes

Mon taureau a l'air en pleine forme : peut-il quand même être responsable ?

Oui, et c'est la difficulté de cette maladie. Le taureau porteur ne montre aucun signe, sa semence paraît normale et sa libido est intacte. Seuls des prélèvements du fourreau permettent de le savoir.

L'insémination artificielle protège-t-elle vraiment ?

Oui, à condition que la semence provienne d'un centre contrôlé et que le matériel soit propre. C'est la mesure la plus efficace pour couper la transmission, qui se fait essentiellement par la saillie.

Puis-je attraper cette maladie en manipulant mes animaux ?

Cette infection génitale des bovins n'est pas considérée comme transmissible à l'être humain. Les précautions d'hygiène habituelles, gants et lavage des mains, restent recommandées lors de toute manipulation de l'appareil génital ou d'un avorton.

Faut-il réformer toutes les vaches qui ne prennent pas ?

Non, ce serait une erreur coûteuse. Beaucoup de ces femelles sont saines et redeviennent fertiles une fois la source d'infection éliminée. Le diagnostic doit être posé avant toute décision de réforme massive.

Références

WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)

MSD Veterinary Manual

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026

EN BREF

AgentBactérie
EspèceVache
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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