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Carence en phosphore

Le phosphore est, avec le calcium, le matériau de l'os. Il participe aussi à la production d'énergie dans chaque cellule et au bon fonctionnement du rumen. Quand la ration en manque durablement, l'organisme puise dans le squelette pour main...

De quoi s'agit-il ?

Le phosphore est, avec le calcium, le matériau de l'os. Il participe aussi à la production d'énergie dans chaque cellule et au bon fonctionnement du rumen.

Quand la ration en manque durablement, l'organisme puise dans le squelette pour maintenir le taux sanguin : l'os se vide de sa matière et devient mou et fragile. On parle d'ostéomalacie chez l'adulte et de rachitisme chez l'animal en croissance.

Le signe qui frappe le plus les éleveurs n'est pas une boiterie mais un comportement bizarre : les animaux se mettent à mâcher la terre, à ronger les os, le bois, les cordes, les pierres, à lécher les murs. Ce besoin irrésistible s'appelle le pica, et chez le mouton au pâturage il doit immédiatement faire penser au phosphore.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Comportements alimentaires anormaux : animaux qui mâchent la terre, rongent les os et les carcasses trouvées au pâturage, mordent le bois, les cordes, les os de petits animaux. C'est souvent le tout premier signe.

Boiteries qui apparaissent progressivement sur plusieurs animaux, sans blessure ni piétin.

Démarche raide, dos voussé, animaux qui se déplacent avec précaution et refusent de courir.

Difficulté à se lever, animaux qui restent couchés plus longtemps que d'habitude.

Croissance qui stagne chez les jeunes, articulations qui paraissent grosses, membres qui se déforment dans les formes de rachitisme.

Amaigrissement, appétit médiocre, animaux qui trient et laissent des refus.

Baisse de la production laitière chez les femelles en lactation.

Mauvaise fertilité, retours en chaleur répétés, saison de reproduction décevante.

Fractures survenant pour un rien : lors d'une contention, d'un transport, d'une bousculade à l'auge.

Dans les formes avancées : animaux couchés qui ne se relèvent plus.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

Sols et fourrages naturellement pauvres en phosphore, situation fréquente sur les parcours et les terrains dégradés.

Alimentation reposant longtemps sur la paille, les chaumes et des fourrages grossiers, très pauvres en phosphore.

Déséquilibre entre calcium et phosphore : un apport important de calcium sans phosphore, par exemple par certains fourrages ou compléments mal choisis, aggrave la situation même si le phosphore n'est pas absent.

Besoins fortement augmentés en fin de gestation, en lactation et pendant la croissance : c'est là que la carence bascule en maladie visible.

Manque de vitamine D associé, qui empêche l'utilisation correcte du calcium et du phosphore, chez des animaux peu exposés au soleil ou sur fourrages anciens.

Parasitisme et maladies digestives, qui réduisent l'absorption.

Conduite en parcours sur sols pauvres, sans complémentation minérale.

Longues périodes d'alimentation à la paille et aux fourrages grossiers, notamment en fin de saison sèche.

Brebis en fin de gestation et en lactation, agneaux en croissance.

Compléments minéraux mal choisis, apportant beaucoup de calcium et peu de phosphore.

Absence de complément minéral formulé pour les ovins.

Animaux en bâtiment sans exposition au soleil, sur fourrages anciens, ce qui ajoute un manque de vitamine D.

Parasitisme digestif associé.

Années de sécheresse, où la qualité des parcours s'effondre.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Le vétérinaire s'intéresse au comportement décrit par l'éleveur : le pica est un élément d'orientation majeur qu'il ne faut pas taire par crainte de paraître ridicule.

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Il examine plusieurs animaux du lot, apprécie la démarche, palpe les membres et les côtes, recherche des déformations et des zones douloureuses.

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Des prises de sang mesurent le phosphore et le calcium ; le vétérinaire les interprète ensemble, car c'est l'équilibre entre les deux qui compte, pas un chiffre isolé.

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Des radiographies, quand elles sont accessibles, montrent la fragilité de l'os.

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L'analyse de la ration et des fourrages est indispensable : c'est elle qui permettra de corriger durablement.

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Le vétérinaire écarte les autres causes de boiterie et de raideur chez le mouton : piétin, arthrites de l'agneau, carences en sélénium, traumatismes, maladies nerveuses. Beaucoup se traitent bien et il ne faut pas les confondre.

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Un point important : le fait que des animaux rongent des os ou des carcasses expose aussi au botulisme, maladie mortelle. Le vétérinaire abordera systématiquement ce risque.

Traitement

La correction repose sur un apport de phosphore adapté, sous forme de complément minéral spécifique ovins équilibré en calcium et phosphore, prescrit par le vétérinaire.

Le rapport entre calcium et phosphore compte autant que la quantité : ajouter du phosphore sans regarder le calcium peut créer un autre déséquilibre. C'est pourquoi le choix du produit ne s'improvise pas.

Un apport de vitamine D est parfois associé, sur prescription, chez des animaux peu exposés au soleil.

Les animaux les plus atteints, très douloureux ou avec des fractures, demandent une prise en charge individuelle : repos, litière profonde, accès facile à l'eau et à l'aliment, traitement de la douleur prescrit par le vétérinaire.

Les déformations osseuses déjà installées chez les jeunes ne se corrigent pas complètement.

Les animaux traités améliorent d'abord leur comportement et leur appétit ; la solidité de l'os met des semaines à revenir. Il faut donc continuer à manipuler ces animaux avec précaution pendant toute la période de récupération.

Attention aux compléments prévus pour d'autres espèces : chez le mouton, ceux destinés aux bovins apportent des quantités de cuivre dangereuses.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Mettre à disposition en permanence un complément minéral formulé pour les ovins, équilibré en calcium et en phosphore, et vérifier qu'il est consommé.

Renforcer les apports aux périodes critiques : fin de gestation, lactation, croissance des agneaux.

Faire analyser les fourrages sur les exploitations qui rencontrent des problèmes répétés de boiteries ou de mauvaise croissance.

Éviter d'apporter du calcium seul, sans phosphore, sur des rations déjà déséquilibrées.

Complémenter en priorité les troupeaux menés sur parcours pauvres ou nourris longtemps à la paille.

Ramasser les carcasses et les os au pâturage : ils attirent les animaux carencés et exposent au botulisme, qui tue.

Signaler au vétérinaire tout comportement de pica dans le troupeau : c'est un signal précoce et fiable.

Complications possibles

Fractures spontanées, notamment des côtes et des membres, lors de manipulations ordinaires.

Déformations définitives des membres chez les jeunes en croissance.

Animaux couchés qui ne se relèvent plus, avec escarres et fin de vie pénible.

Infertilité et saison de reproduction perdue.

Chute de la production laitière et agneaux mal élevés.

Botulisme, maladie mortelle contractée en rongeant des carcasses : c'est une complication indirecte mais bien réelle du pica, et elle justifie d'aborder la vaccination contre le botulisme avec le vétérinaire dans les zones concernées.

Pertes économiques durables par déclassement des animaux.

Quand consulter un vétérinaire

Vos animaux mâchent la terre, rongent des os, du bois ou des cordes : c'est un signe à ne jamais négliger.

Plusieurs animaux boitent ou ont une démarche raide sans blessure ni piétin.

Des animaux ont du mal à se lever ou restent couchés.

Un animal se fracture un membre lors d'une manipulation ordinaire.

Les agneaux ne grandissent pas et présentent de grosses articulations.

La fertilité du troupeau chute sans explication.

Vous trouvez des carcasses ou des os rongés au pâturage : parlez aussi du risque de botulisme au vétérinaire.

Pronostic

Corrigée avant les fractures, la carence répond bien : le comportement et l'appétit s'améliorent rapidement, et l'os se reconstitue en plusieurs semaines.

Les déformations osseuses des jeunes et les fractures anciennes laissent des séquelles définitives.

Les animaux couchés depuis longtemps ont un pronostic réservé.

À l'échelle du troupeau, le pronostic est bon car la cause est parfaitement corrigeable, à condition de traiter le déséquilibre de la ration et pas seulement les animaux malades.

Questions fréquentes

Mes moutons mangent de la terre et rongent des os, est-ce normal ?

Non, c'est un signal d'alerte. Ce comportement, appelé pica, évoque en premier lieu un manque de phosphore. Il est aussi dangereux en lui-même, car ronger une carcasse expose au botulisme, une maladie mortelle. Appelez le vétérinaire et ramassez les os du pâturage.

Mes moutons boitent mais je ne trouve rien aux onglons, est-ce possible ?

Oui. Une boiterie diffuse sur plusieurs animaux, avec une démarche raide et sans lésion des onglons, peut venir d'un os fragilisé par un manque de phosphore. Le vétérinaire fera la différence avec le piétin et les autres causes de boiterie.

Le calcium et le phosphore, est-ce la même chose ?

Non, et c'est un point clé. Ce sont deux éléments différents dont l'équilibre compte autant que la quantité. Ajouter du calcium seul sur une ration déjà pauvre en phosphore peut aggraver le problème. C'est pour cela qu'on choisit un complément adapté et non un produit au hasard.

Un bloc à lécher pour vaches peut-il dépanner ?

Non. Les compléments prévus pour les bovins contiennent beaucoup plus de cuivre que ce que le mouton supporte, et ce cuivre s'accumule dans son foie jusqu'à provoquer des morts brutales. Utilisez uniquement des produits portant la mention ovins.

EN BREF

AgentAutre
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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