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Carence en vitamine A

La vitamine A ne se trouve pas telle quelle dans l'herbe : le mouton la fabrique à partir du carotène, le pigment orange des végétaux verts. L'herbe fraîche et les fourrages bien conservés en sont riches. Elle est indispensable à la vision,...

De quoi s'agit-il ?

La vitamine A ne se trouve pas telle quelle dans l'herbe : le mouton la fabrique à partir du carotène, le pigment orange des végétaux verts. L'herbe fraîche et les fourrages bien conservés en sont riches.

Elle est indispensable à la vision, à la qualité des muqueuses qui tapissent les voies respiratoires et digestives, à la croissance de l'os et à la reproduction.

Le foie constitue une réserve qui tient plusieurs mois : c'est pour cela que la carence n'apparaît jamais tout de suite, mais après une longue période sans verdure. Sécheresses prolongées, hivers passés uniquement à la paille et aux fourrages vieillis, années sans repousse en sont les circonstances typiques dans les élevages méditerranéens.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Difficulté à se diriger en fin de journée ou à l'entrée du bâtiment : les animaux hésitent, butent, se cognent aux obstacles, restent en arrière alors qu'ils circulent normalement en plein soleil.

À un stade plus avancé : perte de la vue, y compris de jour, animaux qui se perdent et ne suivent plus le troupeau.

Larmoiement, yeux qui coulent, cornée qui devient trouble ou sèche d'aspect.

Laine terne, sèche, peau qui pèle.

Agneaux dont la croissance stagne, malgré une ration apparemment correcte.

Écoulement nasal, toux, épisodes respiratoires à répétition dans le troupeau : les muqueuses fragilisées se défendent mal contre les microbes.

Diarrhées qui traînent chez les jeunes.

Chez les brebis : avortements, agneaux mort-nés ou faibles, parfois agneaux nés avec des malformations, notamment des yeux.

Chez les béliers : baisse de la fertilité.

Des signes nerveux peuvent apparaître chez les jeunes par atteinte des nerfs, avec démarche incertaine et convulsions dans les formes sévères.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

Longue période sans végétaux verts : sécheresse prolongée, pâturages grillés, alimentation reposant sur la paille, les chaumes et des fourrages stockés depuis longtemps.

Les fourrages perdent leur carotène avec le temps, la chaleur et le soleil : un foin de deux ans, jauni, n'apporte plus grand-chose, même s'il paraît sain.

Rations à base de céréales et de sous-produits sans complément vitaminique.

Réserves du foie déjà entamées à l'entrée dans la période difficile, notamment chez des animaux ayant peu pâturé l'année précédente.

Besoins augmentés chez les jeunes en croissance, les femelles gestantes et en lactation.

Maladies du foie et parasitisme, qui réduisent le stockage et l'utilisation de la vitamine.

Années de sécheresse et fins de saison sèche prolongées, situation courante dans les élevages du Maghreb et des zones arides.

Alimentation hivernale ou estivale reposant sur la paille et des fourrages anciens, sans verdure ni complément.

Foins récoltés tardivement, très jaunis, ou stockés à l'air libre et au soleil.

Engraissement en bâtiment sur ration sèche pendant plusieurs mois.

Jeunes en croissance et brebis gestantes.

Absence totale de complémentation vitaminique dans la conduite du troupeau.

Parasitisme et maladies du foie associés.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Le vétérinaire s'intéresse d'abord à l'historique alimentaire : depuis combien de temps les animaux n'ont-ils pas eu accès à des végétaux verts, quels fourrages sont distribués, depuis quand sont-ils stockés.

2

Il réalise un examen des yeux sur plusieurs animaux et teste leur capacité à se déplacer en faible lumière, ce qui est bien plus révélateur qu'un examen en plein jour.

3

Il écarte les autres causes de troubles visuels et oculaires chez le mouton : maladies infectieuses des yeux, atteintes nerveuses, autres carences, intoxications. Plusieurs d'entre elles sont urgentes et se traitent.

4

Des prises de sang mesurent la vitamine A sur plusieurs animaux du lot ; le dosage sur le foie d'un animal mort ou abattu est encore plus fiable.

5

L'analyse des fourrages complète l'évaluation et permet de décider d'une correction durable de la ration.

Traitement

La correction repose sur un apport de vitamine A, prescrit par le vétérinaire, par voie injectable pour un effet rapide chez les animaux déjà atteints, ou par un complément adapté à toute la ration.

Aucune quantité ni aucun rythme ne doivent être décidés seul : la vitamine A se stocke dans le foie et un apport excessif prolongé devient toxique, avec des atteintes osseuses et hépatiques.

Remettre de la verdure ou des fourrages riches en carotène dans la ration est la mesure de fond, quand la saison le permet.

Les animaux qui ont déjà des lésions de la cornée nécessitent des soins oculaires spécifiques.

La récupération est spectaculaire quand l'atteinte concerne seulement la vision de faible lumière : les animaux se redirigent normalement en quelques jours.

En revanche, une perte de vue installée depuis longtemps, avec atteinte du nerf de l'œil, ne se récupère pas : le traitement empêche l'aggravation mais ne rend pas la vue.

Les agneaux nés avec des malformations ne peuvent pas être corrigés après coup.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Anticiper les périodes sans verdure : c'est le seul vrai levier, car la carence met des mois à s'installer et laisse donc le temps d'agir.

Soigner la récolte et le stockage des fourrages : fauche au bon stade, séchage rapide, stockage à l'abri du soleil. Un foin vert reste bien plus riche qu'un foin jauni.

Prévoir une complémentation vitaminique pendant les longues périodes de ration sèche, sur conseil vétérinaire, notamment pour les jeunes en croissance et les brebis gestantes.

Donner accès, quand c'est possible, à un peu de fourrage vert ou de repousse, même en petite quantité.

Surveiller le comportement du troupeau au crépuscule : des animaux qui hésitent à l'entrée du bâtiment sont un signal d'alerte très précoce et gratuit.

Maîtriser le parasitisme et l'état du foie.

Ne pas injecter de vitamines de sa propre initiative : les surdosages répétés sont dangereux.

Complications possibles

Cécité définitive lorsque le nerf de l'œil est atteint.

Ulcères et opacités de la cornée, parfois avec perte de l'œil.

Épisodes respiratoires à répétition, muqueuses fragiles ouvrant la porte aux infections.

Avortements, agneaux mort-nés, agneaux nés avec des malformations, notamment oculaires.

Retard de croissance durable chez les jeunes.

Mortalité des animaux les plus atteints et pertes économiques importantes sur une saison sèche.

Quand consulter un vétérinaire

Des animaux se cognent, hésitent ou se perdent en faible lumière alors qu'ils circulent normalement de jour.

Un ou plusieurs animaux semblent ne plus voir : consultez sans attendre, une partie des causes se traite.

Les yeux coulent ou paraissent troubles chez plusieurs animaux du lot.

Votre troupeau n'a pas eu accès à de la verdure depuis plusieurs mois et les jeunes ne grandissent plus.

Des agneaux naissent morts ou avec des anomalies visibles.

Des épisodes respiratoires reviennent régulièrement sans cause infectieuse identifiée.

Pronostic

Les formes débutantes, limitées à la vision en faible lumière, se corrigent très bien et rapidement.

Les atteintes anciennes du nerf de l'œil sont définitives : la vue ne revient pas, même après correction de la ration.

Les conséquences sur la reproduction et sur la croissance des agneaux d'une saison sont, elles aussi, irrattrapables.

À l'échelle du troupeau, le pronostic dépend surtout de l'anticipation : une carence corrigée avant les signes ne coûte rien, une carence installée coûte une saison.

Questions fréquentes

Mes moutons ne voient plus le soir mais très bien le jour, est-ce grave ?

C'est le tout premier signe d'un manque de vitamine A, et c'est une bonne nouvelle de le repérer à ce stade : la correction fonctionne très bien tant que le nerf de l'œil n'est pas touché. Parlez-en au vétérinaire sans attendre que la vue baisse en plein jour.

Mon foin a l'air correct, peut-il quand même manquer de vitamine A ?

Oui. Un fourrage peut être sain et propre tout en ayant perdu presque tout son carotène. Le foin jauni, récolté tard ou stocké longtemps au soleil, en apporte très peu. La couleur verte est un meilleur indicateur que l'aspect général.

Puis-je injecter des vitamines à mes moutons pour être tranquille ?

Non, pas de votre propre initiative. La vitamine A se stocke dans le foie et devient toxique en cas d'apports excessifs répétés. La complémentation se décide avec le vétérinaire, en fonction de la ration et de la durée de la période sans verdure.

Après combien de temps sans herbe verte le problème apparaît-il ?

Il faut en général plusieurs mois, car le foie constitue des réserves. C'est ce qui explique que la carence se déclare en fin de saison sèche ou après un long hiver en bâtiment, et non dès les premières semaines de ration sèche.

EN BREF

AgentAutre
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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