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Carence en zinc

Le zinc intervient dans la fabrication de la peau, de la laine, de la corne des onglons, dans la fertilité du mâle et dans les défenses immunitaires. Quand il manque, la peau s'épaissit et se couvre de croûtes sèches, la laine tombe par zon...

De quoi s'agit-il ?

Le zinc intervient dans la fabrication de la peau, de la laine, de la corne des onglons, dans la fertilité du mâle et dans les défenses immunitaires.

Quand il manque, la peau s'épaissit et se couvre de croûtes sèches, la laine tombe par zones, la corne devient de mauvaise qualité et les béliers deviennent peu fertiles.

Le tableau est très évocateur d'un problème de peau contagieux, et c'est là que se joue l'erreur la plus fréquente : on traite le troupeau contre la gale ou la teigne pendant des semaines sans résultat, alors que la réponse est dans le sac d'aliment.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Croûtes sèches et épaisses, d'abord autour des yeux, des naseaux, des oreilles, sous la mâchoire, puis au niveau des membres, du scrotum et de la mamelle.

Peau qui s'épaissit, se plisse, prend un aspect rugueux et parfois plus sombre, surtout dans les plis.

Laine qui se détache par plaques, se casse, laisse des zones nues ; les animaux se frottent contre les murs et les clôtures.

Démangeaisons présentes mais généralement modérées, ce qui aide à distinguer d'une gale.

Corne des onglons de mauvaise qualité, qui s'effrite, avec des boiteries qui traînent et qui répondent mal aux soins habituels.

Croissance ralentie chez les jeunes, animaux qui se déclassent.

Chez les béliers : testicules mous, diminués de volume, spermatozoïdes de mauvaise qualité, mauvais résultats de saillie. C'est parfois le seul signe visible sur une exploitation.

Salivation et lésions autour de la bouche chez certains animaux, avec baisse de la prise alimentaire.

Cicatrisation lente de toutes les plaies, y compris après tonte ou parage.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

Apport insuffisant en zinc dans la ration, en particulier sur des fourrages issus de sols pauvres ou sur des rations à base de céréales sans complément minéral.

Blocage de l'absorption du zinc par d'autres éléments : excès de calcium, apport important de fer ou d'aliments riches en fibres, certaines eaux de forage. C'est la cause la plus fréquente et la plus trompeuse, car la ration paraît correcte sur le papier.

Besoins fortement augmentés chez les jeunes en croissance, les femelles en lactation et les béliers en préparation de saison.

Maladies digestives et parasitisme, qui réduisent l'absorption.

Une prédisposition héréditaire à mal absorber le zinc existe chez certains animaux et se transmet à la descendance ; elle donne des formes sévères qui reviennent dès l'arrêt de la complémentation.

Rations sans complément minéral et oligo-éléments formulé pour les ovins.

Excès de calcium dans la ration, notamment par apport de carbonate ou par des fourrages très riches, qui bloque l'absorption du zinc.

Sols pauvres et fourrages produits sur place, sans analyse.

Jeunes en croissance, brebis en lactation, béliers en préparation de lutte.

Animaux en bâtiment sur ration sèche pendant de longues périodes.

Parasitisme digestif associé.

Animaux issus d'une lignée déjà touchée : la répétition des cas dans la même famille doit alerter.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Le vétérinaire commence par écarter les causes contagieuses de lésions de peau chez le mouton, qui sont fréquentes et ressemblent beaucoup : gale, teigne, ecthyma, photosensibilisation. Un raclage cutané et un prélèvement pour recherche de champignons sont réalisés à cette occasion.

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Il examine plusieurs animaux du lot et localise précisément les lésions : la répartition autour de la tête, sur les membres et sur le scrotum est très évocatrice.

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Une prise de sang permet de mesurer le zinc, mais son interprétation est délicate ; le vétérinaire la complète par l'analyse de la ration et des fourrages, en cherchant surtout les éléments qui bloquent l'absorption.

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Chez les béliers, un examen de la semence documente l'impact sur la fertilité et donne un critère de suivi.

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Un essai de complémentation contrôlé, décidé avec le vétérinaire, apporte souvent la réponse la plus claire : les lésions cutanées s'améliorent en quelques semaines lorsque la carence est bien la cause.

Traitement

La correction repose sur un apport de zinc sous une forme et à une quantité déterminées par le vétérinaire, généralement par un complément minéral spécifique ovins.

Aucun dosage ne doit être improvisé : le zinc en excès crée à son tour des déséquilibres, notamment avec le cuivre, dont le mouton est déjà très sensible aux variations.

Il est indispensable de corriger en même temps ce qui bloque l'absorption : réduire les excès de calcium, revoir la source d'eau, adapter la ration. Sans cela, la complémentation reste sans effet et l'éleveur conclut à tort que le diagnostic était faux.

Les lésions de peau demandent des soins locaux et de l'hygiène ; les surinfections bactériennes installées peuvent nécessiter un traitement prescrit.

Les boiteries liées à une mauvaise corne s'améliorent lentement, le temps qu'une corne de meilleure qualité repousse : il faut compter plusieurs mois.

Chez les béliers, la fertilité met du temps à revenir, car la fabrication de la semence demande des semaines. Un bélier carencé pendant la préparation de la lutte ne sera pas récupéré à temps pour la saison.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Distribuer en permanence un complément minéral et oligo-éléments prévu pour les ovins, et vérifier qu'il est consommé.

Faire analyser les fourrages et l'eau en cas de problèmes de peau répétés dans le troupeau, en regardant aussi les éléments qui bloquent l'absorption et pas seulement le zinc lui-même.

Éviter les excès de calcium et les apports minéraux non raisonnés, qui font plus de mal que de bien.

Renforcer la couverture des besoins avant la lutte chez les béliers et pendant la croissance des jeunes.

Maîtriser le parasitisme digestif.

Écarter de la reproduction les animaux qui refont des lésions dès l'arrêt de la complémentation, car une forme héréditaire est possible.

Ne pas traiter à répétition contre la gale ou la teigne sans diagnostic : c'est une dépense inutile et un retard de prise en charge.

Complications possibles

Infertilité durable des béliers, avec une saison de reproduction perdue.

Surinfection bactérienne des zones de peau abîmées.

Boiteries persistantes par mauvaise qualité de corne, avec risque de piétin plus élevé.

Croissance ralentie et animaux déclassés à la vente.

Laine perdue ou dévalorisée.

Sensibilité accrue à toutes les infections, le zinc participant aux défenses immunitaires.

Mauvaise cicatrisation des plaies de tonte, de parage et des interventions.

Quand consulter un vétérinaire

Plusieurs animaux présentent des croûtes autour des yeux, du nez et sur les membres.

La laine tombe par plaques et les traitements contre la gale ou la teigne n'ont rien changé.

Des boiteries reviennent sans cesse malgré les parages et les soins.

Vos béliers ont de mauvais résultats de saillie ou des testicules diminués de volume.

Des agneaux ne grandissent pas et présentent en plus des lésions de peau.

Les lésions réapparaissent dès que vous arrêtez le complément minéral : parlez-en au vétérinaire, une forme héréditaire est possible.

Pronostic

La réponse à la complémentation est en général rapide et nette sur la peau : c'est même un des éléments qui confirment le diagnostic.

La corne des onglons et la fertilité des béliers demandent beaucoup plus de temps : plusieurs mois pour la première, plusieurs semaines pour la seconde.

Les formes liées à un défaut héréditaire d'absorption reviennent à chaque arrêt de la complémentation : ces animaux ne doivent pas être gardés pour la reproduction.

À l'échelle du troupeau, le pronostic est bon dès lors que la ration est corrigée en tenant compte des éléments qui bloquent l'absorption.

Questions fréquentes

J'ai traité contre la gale sans résultat, que faire ?

C'est une situation classique. Des croûtes autour des yeux, du nez, sur les membres et le scrotum, avec des démangeaisons modérées et une laine qui tombe, orientent vers une carence en zinc plutôt que vers un parasite. Le vétérinaire fera un raclage pour écarter la gale et regardera la ration.

Mon aliment contient du zinc, la carence est-elle possible quand même ?

Oui, et c'est fréquent. Un excès de calcium, une eau riche en fer ou certains fourrages empêchent l'absorption du zinc pourtant présent. C'est pour cela qu'on analyse la ration entière et l'eau, pas seulement la teneur en zinc.

Mon bélier a de mauvais résultats de saillie, le zinc peut-il être en cause ?

Oui, c'est un signe connu de carence en zinc, parfois le seul visible dans un troupeau. Un examen de la semence et un bilan de la ration se font idéalement plusieurs semaines avant la lutte, car la fertilité met du temps à revenir.

Puis-je acheter du zinc et le donner moi-même ?

Non. Le zinc en excès déséquilibre d'autres oligo-éléments, en particulier le cuivre, auquel le mouton est très sensible. La correction se fait sur prescription, avec une forme et une quantité adaptées à votre ration.

EN BREF

AgentAutre
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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