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Cénurose

La cénurose, que les éleveurs appellent le tournis, est causée par la forme larvaire d'un ténia du chien qui vient se loger dans le cerveau du mouton. La larve forme une poche remplie de liquide qui grossit lentement et comprime le cerveau....

De quoi s'agit-il ?

La cénurose, que les éleveurs appellent le tournis, est causée par la forme larvaire d'un ténia du chien qui vient se loger dans le cerveau du mouton.

La larve forme une poche remplie de liquide qui grossit lentement et comprime le cerveau. Selon l'endroit où elle s'installe, l'animal tourne toujours du même côté, penche la tête, perd la vue d'un œil ou finit par ne plus se lever.

C'est une maladie entièrement liée à la présence des chiens autour du troupeau : sans chien infesté, il n'y a pas de cénurose.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Au début, quelques semaines après la contamination, certains animaux présentent une phase discrète : abattement, animal qui s'isole, parfois de la fièvre. Dans les infestations massives, des morts peuvent survenir à ce stade.

Puis vient une longue période sans rien de visible, qui peut durer des mois.

Les signes typiques apparaissent ensuite et s'aggravent lentement : l'animal tourne en rond, toujours dans le même sens, tête penchée sur le côté.

Il marche en titubant, bute dans les obstacles, s'appuie contre un mur et pousse.

Il perd souvent la vue d'un œil, du côté opposé à la poche.

Il s'écarte du troupeau, ne suit plus, maigrit parce qu'il n'arrive plus à pâturer normalement.

À un stade avancé : convulsions, paralysie, animal couché qui ne se relève plus.

Chez les jeunes, on peut parfois sentir sous les doigts un ramollissement de l'os du crâne, en regard de la poche.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

Le responsable n'est pas un ver du mouton mais un ténia qui vit dans l'intestin du chien.

Le chien s'infeste en mangeant la tête, la cervelle ou la carcasse d'un mouton porteur de la poche parasitaire, par exemple des déchets de tuerie ou un animal mort laissé au champ.

Une fois adulte dans l'intestin du chien, le ténia libère des œufs dans ses excréments.

Les moutons avalent ces œufs avec l'herbe ou l'eau souillées. Les embryons passent dans le sang, gagnent le cerveau et y forment lentement la poche.

Le cycle ne peut donc s'accomplir qu'en passant alternativement par le chien et par le mouton : c'est exactement la même logique que pour le ténia responsable du kyste hydatique, un parasite bien plus grave puisqu'il atteint l'homme.

Présence de chiens non vermifugés autour du troupeau ou dans la bergerie.

Habitude de donner aux chiens des têtes, des abats ou des restes d'abattage d'ovins.

Carcasses d'animaux morts laissées accessibles aux chiens et aux chiens errants.

Abattage familial sans élimination correcte des déchets, tueries informelles.

Zones de parcours fréquentées par des chiens errants.

Animaux jeunes, de quelques mois à deux ans, qui sont les plus touchés.

Transmission

Un mouton malade ne contamine pas ses congénères, ni l'éleveur.

La contamination se fait uniquement en avalant les œufs présents dans les excréments d'un chien infesté, déposés sur les pâtures, autour des bergeries, des points d'eau et des lieux de distribution du fourrage.

Les chiens de troupeau, les chiens de ferme et les chiens errants qui rôdent autour des tueries et des dépôts de carcasses entretiennent la chaîne.

Les œufs résistent longtemps dans le milieu extérieur et se dispersent avec la pluie et le vent.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Le vétérinaire réalise un examen nerveux complet : sens de rotation, position de la tête, vision de chaque œil, réactions et démarche. Ces éléments lui indiquent souvent la zone du cerveau concernée, donc l'emplacement probable de la poche.

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Il palpe le crâne à la recherche d'une zone ramollie chez les jeunes animaux.

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Il écarte les autres causes de troubles nerveux du mouton, qui sont nombreuses et se ressemblent : carences, intoxications, abcès du cerveau, maladies infectieuses, autres parasites. Certaines sont urgentes et se traitent, d'où l'importance de ne pas conclure au tournis à la seule vue d'un animal qui tourne.

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L'examen du cerveau après la mort confirme le diagnostic et, surtout, alerte sur la présence du cycle sur l'exploitation : il faut alors s'occuper des chiens sans attendre.

Traitement

Aucun antiparasitaire donné au mouton ne détruit de façon fiable une poche déjà installée dans le cerveau.

Lorsque la poche est unique, superficielle et bien localisée, un vétérinaire peut la retirer chirurgicalement. L'intervention demande du matériel et de l'expérience ; les résultats sont bons quand l'animal est encore en état et que la localisation s'y prête.

Lorsque la poche est profonde, multiple, ou que l'animal est déjà couché et amaigri, la chirurgie n'est pas envisageable et l'euthanasie évite une agonie longue.

Quoi qu'il arrive, la tête et la carcasse d'un animal atteint ne doivent jamais être données aux chiens : c'est ainsi que le cycle repart pour les années suivantes. Les déchets doivent être détruits ou éliminés selon les règles en vigueur.

La véritable réponse à un cas de cénurose n'est pas le traitement de l'animal malade : c'est la vermifugation des chiens et la gestion des déchets d'abattage sur l'exploitation, avec le vétérinaire.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Ne jamais donner aux chiens de tête, de cervelle, d'abats ni de carcasse d'ovin ou de caprin, crus, quelle que soit l'apparence de l'animal.

Ramasser rapidement les animaux morts au pâturage et les faire éliminer selon la réglementation, plutôt que de les laisser accessibles.

Vermifuger régulièrement les chiens de troupeau et de ferme avec un produit actif sur les ténias, prescrit par le vétérinaire, et ramasser leurs excréments autour des bâtiments quand c'est possible.

Limiter la présence des chiens errants autour des bergeries, des points d'eau et des lieux d'abattage.

Encadrer l'abattage familial : les déchets doivent être détruits, jamais jetés aux chiens.

Ces mêmes gestes protègent aussi la famille d'une maladie bien plus grave, le kyste hydatique, transmis à l'homme par les œufs d'un autre ténia du chien : c'est la meilleure raison de ne pas négliger la vermifugation des chiens.

Se laver les mains après avoir touché un chien et avant de manger, et laver les légumes du potager si des chiens y ont accès.

Complications possibles

Aggravation progressive et inévitable en l'absence d'intervention : l'animal cesse de s'alimenter, maigrit et meurt.

Chutes, blessures et noyades dans les points d'eau chez des animaux qui ne voient plus ou ne se dirigent plus.

Perte définitive de la vue.

Animal couché, escarres et fin de vie pénible.

Maintien du cycle sur l'exploitation si les chiens et les déchets d'abattage ne sont pas gérés, avec de nouveaux cas chaque année.

Quand consulter un vétérinaire

Un animal tourne en rond toujours du même côté ou garde la tête penchée.

Il pousse contre les murs ou bute dans les obstacles.

Il semble ne plus voir d'un côté.

Il s'écarte du troupeau, ne suit plus, maigrit.

Il présente des convulsions ou reste couché sans se relever : consultez sans attendre, d'autres maladies nerveuses graves mais traitables donnent les mêmes signes.

Plusieurs jeunes animaux présentent des troubles nerveux à quelques semaines d'intervalle : il faut examiner l'ensemble du troupeau et la gestion des chiens.

Pronostic

Sans intervention, l'évolution se fait toujours vers la mort de l'animal.

Une chirurgie réalisée par un vétérinaire sur une poche bien localisée, chez un animal encore en état, donne de bons résultats et permet une récupération souvent spectaculaire.

À l'échelle du troupeau, le pronostic est excellent si l'éleveur casse le cycle : chiens vermifugés et déchets d'abattage jamais donnés aux chiens font disparaître la maladie de l'exploitation.

Questions fréquentes

Le tournis est-il contagieux entre moutons ?

Non. Un mouton atteint ne contamine aucun autre mouton. La contamination vient uniquement des excréments d'un chien porteur du ténia : c'est donc sur le chien qu'il faut agir.

Puis-je donner la tête d'un mouton abattu à mes chiens ?

Non, jamais. C'est exactement le geste qui entretient la maladie : le chien avale la poche parasitaire, développe le ténia et sème ensuite des œufs sur les pâtures. Le même geste transmet aussi le ténia responsable du kyste hydatique chez l'homme.

Quel rapport avec le kyste hydatique ?

Le mécanisme est identique : un ténia du chien, des œufs dans ses excréments, une larve qui s'installe dans un organe. La différence est que, pour le kyste hydatique, la larve peut se développer chez l'être humain, avec des conséquences graves. Vermifuger ses chiens et ne jamais leur donner d'abats crus protège donc à la fois le troupeau et la famille.

Peut-on soigner un mouton qui tourne avec un vermifuge ?

Non. Aucun vermifuge donné au mouton n'élimine de façon fiable une poche installée dans le cerveau. Seule une chirurgie, quand la poche est bien localisée et l'animal encore en état, peut le sauver. Le vétérinaire jugera de la possibilité d'intervenir.

Mon animal tourne en rond : est-ce forcément le tournis ?

Non. Plusieurs maladies du mouton donnent des signes nerveux très proches, dont certaines se traitent bien si on intervient vite. Un examen vétérinaire est indispensable avant de conclure.

EN BREF

AgentParasite
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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