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Cétose de la vache laitière
Après le vêlage, une vache laitière produit beaucoup de lait alors qu'elle mange encore peu : elle dépense plus d'énergie qu'elle n'en avale. Pour combler ce déficit, elle puise dans ses réserves de graisse. Ces graisses sont transformées p...
De quoi s'agit-il ?
Après le vêlage, une vache laitière produit beaucoup de lait alors qu'elle mange encore peu : elle dépense plus d'énergie qu'elle n'en avale.
Pour combler ce déficit, elle puise dans ses réserves de graisse. Ces graisses sont transformées par le foie, mais quand elles arrivent en trop grande quantité, le foie ne les brûle plus complètement et fabrique des corps cétoniques, dont l'acétone. Ce sont eux qui donnent à la vache son odeur caractéristique.
La cétose est donc une maladie de l'énergie, pas un microbe. Elle touche surtout le premier mois et demi de lactation.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Baisse de la production laitière, souvent le premier signe, chez une vache pourtant en début de lactation.
Appétit capricieux : la vache trie sa ration, boude les concentrés et se tourne vers le fourrage grossier.
Amaigrissement rapide, creux au niveau des flancs et des hanches, poil piqué et terne.
Bouses plus rares, sèches et fermes.
Odeur particulière, douceâtre, rappelant le vernis à ongles ou la pomme trop mûre, perceptible dans l'haleine, sur la peau et parfois dans le lait.
Abattement, ruminations moins nombreuses, vache qui reste couchée plus longtemps que ses congénères.
Une forme nerveuse existe, moins fréquente : la vache lèche compulsivement les murs et les barrières, salive, marche en titubant, semble aveugle ou devient inhabituellement agitée. Ces crises vont et viennent.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La cause de fond est un déficit d'énergie au démarrage de la lactation : la production monte vite, l'ingestion suit trop lentement.
Une vache trop grasse au vêlage mange encore moins et mobilise davantage de graisses : elle entre en cétose plus facilement.
Toute maladie du début de lactation qui coupe l'appétit y conduit également : mammite, infection de l'utérus, déplacement de caillette, boiterie, fièvre de lait.
Une ration mal équilibrée, un manque de place à l'auge, un fourrage peu appétent ou un ensilage mal conservé réduisent l'ingestion et créent le même déficit.
Certains ensilages mal conservés contiennent des composés qui alimentent directement la production de corps cétoniques.
Vaches hautes productrices, dans les premières semaines après le vêlage.
État corporel excessif au vêlage : une vache engraissée pendant le tarissement est la candidate type.
À l'inverse, vaches maigres, mal alimentées en fin de gestation.
Transition alimentaire brutale entre la ration de tarissement et celle de lactation.
Fourrages de mauvaise qualité, ensilages échauffés ou moisis, manque d'eau propre.
Bâtiment surchargé, auge trop courte, vaches dominées qui n'accèdent pas à la ration.
Antécédent de cétose ou de fièvre de lait, vêlage de jumeaux.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire évalue l'état corporel, l'appétit, la production et recherche une maladie qui aurait coupé l'appétit : c'est le point clé, car la cétose est souvent secondaire à autre chose.
Il peut mettre en évidence les corps cétoniques par un test rapide sur le sang, le lait ou les urines. Le dosage sanguin est le plus fiable.
La palpation et l'auscultation du flanc permettent de rechercher un déplacement de caillette, très souvent associé.
Dans les troupeaux, un dépistage des vaches fraîchement vêlées permet de repérer les formes silencieuses avant qu'elles ne se compliquent : c'est une démarche de troupeau, à organiser avec le vétérinaire.
Un examen de l'utérus, de la mamelle et des pieds complète le bilan.
Traitement
L'objectif est de rendre du sucre disponible à la vache et de la faire remanger.
Le vétérinaire administre du glucose par voie veineuse pour un effet immédiat, et prescrit des précurseurs de sucre par voie orale, dont le propylène glycol, pour un effet prolongé.
Des corticoïdes ou d'autres médicaments peuvent être utilisés selon les cas ; ils sont soumis à prescription et à des délais d'attente pour le lait et la viande qu'il faut respecter à la lettre.
La maladie associée, quand il y en a une, est traitée en même temps : soigner la cétose sans traiter la mammite ou le déplacement de caillette qui l'a déclenchée ne sert à rien.
Côté conduite, proposez à la vache un fourrage de très bonne qualité, appétent, à volonté, de l'eau propre et fraîche, et un accès facile à l'auge sans concurrence.
N'augmentez pas brutalement les concentrés pour compenser : vous risquez de basculer la vache en acidose et d'aggraver la situation.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Tout se prépare pendant le tarissement et la transition.
Arrivez au vêlage avec des vaches ni grasses ni maigres : la notation de l'état corporel, faite régulièrement, est l'outil le plus simple et le plus efficace de l'élevage.
Réalisez la transition alimentaire progressivement sur les semaines qui précèdent et qui suivent le vêlage, pour que la panse et sa flore aient le temps de s'adapter.
Distribuez après le vêlage une ration dense en énergie mais équilibrée en fibres, avec un fourrage de bonne qualité pour soutenir l'ingestion.
Soignez l'accès à l'auge : assez de place pour toutes les vaches, ration distribuée plusieurs fois, refus repoussés régulièrement, eau propre en quantité.
Éliminez les fourrages échauffés, moisis ou mal conservés du lot des fraîchement vêlées.
Limitez le stress autour du vêlage : lots stables, pas de changement de bâtiment au dernier moment, litière propre.
Surveillez individuellement chaque vache fraîchement vêlée pendant le premier mois : appétit, production, bouses, état général. Une baisse de lait inexpliquée est un signal d'alerte.
Complications possibles
Le foie surchargé de graisses fonctionne moins bien, ce qui aggrave le cercle vicieux et affaiblit encore l'appétit.
Déplacement de caillette : la cétose et ce déplacement s'entretiennent mutuellement.
Baisse des défenses immunitaires, avec plus de mammites et d'infections de l'utérus.
Retard de reprise de la cyclicité, chaleurs discrètes, difficultés à obtenir une nouvelle gestation.
Perte de production sur toute la lactation, même après guérison apparente.
Dans les formes nerveuses, la vache peut se blesser ou blesser un intervenant pendant les crises.
Quand consulter un vétérinaire
Une vache fraîchement vêlée produit nettement moins de lait sans raison évidente.
Elle boude les concentrés et maigrit vite malgré une ration correcte.
Son haleine sent l'acétone ou la pomme trop mûre.
Elle lèche les murs, salive, titube ou semble ne plus voir : consultez sans attendre, la forme nerveuse impressionne et peut être dangereuse.
Elle est couchée et ne se relève pas.
Plusieurs vaches fraîchement vêlées présentent les mêmes signes : c'est un problème de ration, à traiter à l'échelle du troupeau.
Pronostic
Prise tôt et traitée, la vache remange en quelques jours et retrouve une production correcte, sans toujours rattraper le pic de lactation perdu.
Les rechutes sont fréquentes tant que le déficit d'énergie n'est pas comblé ou que la maladie associée n'est pas soignée.
Le pronostic est plus réservé quand le foie est déjà très chargé en graisses, chez les vaches qui étaient très grasses au vêlage.
La forme nerveuse répond en général bien au traitement, mais impose une surveillance rapprochée.
Questions fréquentes
Le lait d'une vache en cétose est-il consommable ?
Le lait d'une vache en cétose peut avoir un goût et une odeur anormaux, ce qui le rend impropre à la collecte. Surtout, dès qu'un traitement est administré, les délais d'attente indiqués par le vétérinaire doivent être respectés avant de remettre le lait dans le tank.
Pourquoi mes vaches les plus grasses tombent-elles malades les premières ?
Parce qu'une vache trop grasse mange moins autour du vêlage et mobilise davantage de graisses. Elle cumule donc les deux facteurs : moins d'entrées d'énergie et plus de graisses envoyées vers un foie déjà chargé.
Puis-je simplement augmenter la ration de concentré ?
Non, pas brutalement. Une hausse rapide des concentrés fait basculer la panse en acidose et fait chuter encore l'ingestion. L'augmentation doit être progressive et compensée par des fibres de qualité.
Une vache qui n'a l'air de rien peut-elle être en cétose ?
Oui, et c'est même le cas le plus fréquent. La forme silencieuse ne se voit pas à l'œil nu : elle se traduit par un peu moins de lait, une reprise en état difficile et davantage de mammites ou de problèmes de reproduction. Seul un test permet de la repérer.
Références
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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