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Chlamydiose abortive des petits ruminants

La chlamydiose abortive est l'une des principales causes d'avortement chez la brebis et la chèvre dans le monde, et elle est bien présente au Maghreb. Elle est due à une bactérie, Chlamydia abortus, qui se loge dans le placenta et provoque...

De quoi s'agit-il ?

La chlamydiose abortive est l'une des principales causes d'avortement chez la brebis et la chèvre dans le monde, et elle est bien présente au Maghreb.

Elle est due à une bactérie, Chlamydia abortus, qui se loge dans le placenta et provoque l'avortement dans les dernières semaines de gestation, ou la naissance de jeunes trop faibles pour survivre.

Sa marque de fabrique est l'avortement « en tempête » : dans un troupeau nouvellement contaminé, de nombreuses femelles peuvent avorter la même saison.

À retenir

Zoonose grave pour la femme enceinte : aucune intervention sur les agnelages, aucune manipulation d'avorton ou de placenta, aucune exception. Toute série d'avortements doit être analysée en laboratoire.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Avortements dans les dernières semaines de gestation, isolés ou en série selon l'ancienneté de l'infection dans le troupeau.

Naissance de jeunes morts, ou nés vivants mais faibles, incapables de téter, qui meurent dans les premiers jours.

Dans une même portée, un jeune peut naître vivant et l'autre mort.

Placenta d'aspect anormal, épaissi, avec des zones altérées : c'est un élément que le vétérinaire recherche.

Écoulement vulvaire brunâtre ou sanguinolent avant et après l'avortement, parfois pendant plusieurs jours.

La femelle ne paraît généralement pas malade par ailleurs : appétit conservé, pas de signe général marqué.

Les jeunes survivants d'une portée touchée sont souvent chétifs et prennent du retard.

Les femelles qui ont avorté sont ensuite protégées pour les gestations suivantes, mais peuvent continuer à excréter la bactérie lors des mises bas.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

La maladie est due à la bactérie Chlamydia abortus, qui ne peut se multiplier qu'à l'intérieur des cellules.

Après contamination, elle reste silencieuse dans l'organisme et se réactive lors de la gestation, en colonisant le placenta.

L'atteinte du placenta prive le jeune de ce dont il a besoin en fin de gestation : d'où l'avortement tardif ou la naissance d'un jeune non viable.

Une femelle contaminée en dehors de la gestation, ou en toute fin de gestation, avortera généralement l'année suivante : c'est ce décalage qui explique les vagues d'avortements à la saison suivante.

Achat de femelles de renouvellement sans connaissance du statut du troupeau d'origine.

Mises bas groupées dans un local commun, où une femelle qui avorte expose immédiatement toutes les autres.

Densité élevée en période d'agnelage, litière rarement renouvelée.

Absence d'isolement des femelles ayant avorté.

Mélange de troupeaux, transhumance, rassemblements.

Agnelages en bâtiment plutôt qu'au pâturage.

Troupeau jeune ou nouvellement constitué, où peu de femelles ont déjà rencontré la bactérie.

Transmission

Par les produits d'avortement et de mise bas : placenta, liquides, avortons, extrêmement riches en bactéries. C'est la source majeure.

Par ingestion d'aliments, de fourrage ou d'eau souillés, et par inhalation dans les locaux contaminés.

Par contact entre femelles dans le local de mise bas : une seule femelle qui avorte peut contaminer tout un lot.

Par les écoulements vulvaires qui persistent plusieurs jours après l'avortement.

Par l'introduction d'une femelle infectée sans signe apparent : c'est la porte d'entrée classique dans un troupeau indemne, souvent une antenaise achetée avant sa première mise bas.

Par le matériel, les bottes et les vêtements souillés passant d'un lot à l'autre.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Tout avortement doit être signalé au vétérinaire, et c'est une obligation sanitaire dans de nombreux pays. Plusieurs avortements rapprochés imposent une investigation immédiate.

2

Le vétérinaire prélève le placenta, l'avorton et du sang sur la mère, et envoie le tout au laboratoire. Le placenta est le prélèvement le plus informatif : conservez-le.

3

Il recherche simultanément les autres causes d'avortement des petits ruminants, car plusieurs d'entre elles se ressemblent sur le terrain et plusieurs sont transmissibles à l'être humain. Seule l'analyse permet de trancher.

4

Une analyse de sang sur plusieurs femelles aide à situer l'ampleur de l'infection dans le troupeau.

5

Conservez avortons et placentas dans un contenant fermé, avec des gants, à l'abri des chiens et des chats, en attendant la visite.

Traitement

Il n'existe pas de traitement qui débarrasse le troupeau de la bactérie.

En pleine vague d'avortements, le vétérinaire peut décider d'un traitement antibiotique, généralement de la famille des tétracyclines, pour limiter le nombre de nouveaux avortements pendant la fin de gestation. Son effet est partiel : il réduit les pertes sans stériliser les animaux ni supprimer l'excrétion de bactéries.

La prise en charge des femelles ayant avorté relève du vétérinaire : surveillance de l'utérus, prévention des infections après l'avortement.

Les mesures d'hygiène et d'isolement comptent davantage que le traitement pour arrêter la propagation.

Les délais d'attente pour le lait et la viande doivent être respectés.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Isoler immédiatement toute femelle qui avorte, et la garder à l'écart tant que les écoulements persistent.

Ramasser sans délai le placenta et l'avorton avec des gants, les placer dans un contenant fermé, les éliminer selon les consignes du vétérinaire. Ne jamais les laisser au sol, ne jamais les donner aux chiens ou aux chats.

Nettoyer et désinfecter la place utilisée, renouveler la litière du local de mise bas, éviter de balayer à sec.

Organiser les agnelages en petits lots, dans des locaux propres, plutôt qu'en un seul grand local encombré.

N'introduire que des femelles de renouvellement dont l'origine est connue, et respecter une quarantaine.

Réformer les femelles ayant avorté quand l'infection est confirmée et que le troupeau se reconstitue, selon la stratégie définie avec le vétérinaire.

Informer toutes les personnes de l'élevage du risque humain, et écarter strictement les femmes enceintes des agnelages.

Vaccination

Des vaccins existent et constituent le principal levier de maîtrise dans les troupeaux touchés. Ils réduisent nettement le nombre d'avortements et la quantité de bactéries rejetées.

Ils s'administrent avant la saillie, à des femelles non gestantes : vacciner pendant la gestation n'a pas de sens et n'est pas sans risque selon le type de vaccin.

Le choix du vaccin, le moment et les animaux concernés relèvent du vétérinaire, qui tient compte de la conduite de reproduction et de la situation locale.

La vaccination des femelles de renouvellement avant leur première saillie est particulièrement utile, car ce sont elles qui paient le plus lourd tribut.

Elle ne remplace pas l'isolement des femelles qui avortent ni l'hygiène des locaux de mise bas.

Complications possibles

Vagues d'avortements avec perte d'une part importante de la production de jeunes sur une saison.

Infections de l'utérus après l'avortement, avec risque pour la fertilité future.

Mortalité des jeunes nés faibles.

Contamination durable des locaux et du troupeau, avec des cas qui se répètent chaque année sur les nouvelles femelles.

Cas humains chez les personnes présentes aux agnelages, avec un risque grave chez la femme enceinte.

Quand consulter un vétérinaire

Une femelle avorte en fin de gestation : appelez le vétérinaire et conservez le placenta et l'avorton, manipulés avec des gants.

Plusieurs avortements surviennent en quelques jours ou quelques semaines : c'est une urgence sanitaire, pour le troupeau comme pour les personnes.

Des jeunes naissent morts ou trop faibles pour se lever et téter.

Une femelle présente un écoulement vulvaire brunâtre persistant après avoir avorté.

Des femelles de renouvellement avortent lors de leur première gestation.

Une femme enceinte de l'entourage a été en contact avec des agnelages ou des avortements : elle doit consulter son médecin sans attendre.

Transmission à l'humain

La chlamydiose abortive se transmet à l'être humain, et le danger concerne au premier chef les femmes enceintes.

La contamination se fait au contact des produits d'avortement et de mise bas — placenta, liquides, avortons — par les mains souillées portées au visage, ou par inhalation dans un local de mise bas contaminé.

Chez une femme enceinte, l'infection peut provoquer un avortement, un accouchement prématuré ou une infection généralisée grave, mettant en jeu sa vie et celle de l'enfant. Ce risque est réel et documenté.

La règle est donc simple et sans exception : une femme enceinte ne doit ni assister ni participer aux agnelages, ne doit jamais manipuler un avorton, un placenta ou une litière de mise bas, ne doit pas nettoyer les locaux concernés, et doit éviter d'y entrer pendant la période des mises bas. Elle doit également éviter tout contact avec les vêtements et les bottes de travail de l'élevage, qui rapportent la bactérie à la maison.

Pour toutes les autres personnes : gants systématiques pour manipuler avortons et placentas, jamais de contact à mains nues, lavage soigneux des mains, vêtements et bottes laissés à l'extérieur du logement, pas de consommation de lait cru.

Si une femme enceinte a été exposée, ou si une personne de l'élevage présente une fièvre inexpliquée, elle doit consulter un médecin en précisant son contact avec des brebis ou des chèvres, en particulier en période d'agnelage.

Plus largement, plusieurs des grandes causes d'avortement chez les petits ruminants sont transmissibles à l'être humain : c'est pourquoi une série d'avortements ne doit jamais être considérée comme une fatalité de saison. Il faut faire analyser, et se protéger en attendant les résultats.

Pronostic

Pour la femelle, le pronostic vital est généralement bon : elle se rétablit après l'avortement et devient immunisée pour ses gestations suivantes.

Les pertes portent sur les jeunes, et elles peuvent être très lourdes la première année où la maladie entre dans un troupeau.

Les années suivantes, ce sont surtout les jeunes femelles nouvellement mises à la reproduction qui avortent, ce qui entretient la maladie tant que rien n'est fait.

Avec la vaccination des femelles de renouvellement, l'isolement des animaux qui avortent et l'hygiène des locaux de mise bas, la situation se maîtrise en quelques saisons.

Questions fréquentes

Plusieurs brebis ont avorté cette année : est-ce normal en fin de gestation ?

Non, ce n'est jamais banal. Plusieurs avortements rapprochés dans un troupeau signalent presque toujours une maladie transmissible, et plusieurs de ces maladies passent à l'être humain. Faites analyser par votre vétérinaire et protégez-vous en attendant les résultats.

Ma fille ou ma femme enceinte peut-elle aider aux agnelages ?

Non, en aucun cas. Le risque d'avortement, d'accouchement prématuré et d'infection grave est réel. Une femme enceinte ne doit pas approcher les agnelages, ni manipuler avortons, placentas ou litières, ni entrer dans le local de mise bas, ni manipuler les vêtements de travail.

Pourquoi ce sont surtout mes jeunes femelles qui avortent ?

Parce que les femelles plus âgées ont déjà rencontré la bactérie et sont protégées, tandis que les jeunes mises à la reproduction pour la première fois y sont exposées sans défense. C'est pour cette raison que la vaccination des femelles de renouvellement avant la saillie est si utile.

La femelle qui a avorté peut-elle rester dans le troupeau ?

Elle doit d'abord être isolée tant qu'elle a des écoulements, car elle contamine les autres. Sa conservation ou sa réforme se décide ensuite avec le vétérinaire, en fonction des résultats d'analyse et de la stratégie retenue pour assainir le troupeau.

EN BREF

AgentBactérie
EspèceMouton, Chèvre
VaccinDisponible
Transmissible à l'humainOui

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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