Accueil Animalia Santé animale Maladies animales Colibacillose du veau

Maladie bactérienne Vache Vaccin disponible

Colibacillose du veau

La colibacillose est une infection due à certaines souches de la bactérie Escherichia coli. Cette bactérie vit normalement dans l'intestin des bovins ; seules quelques souches particulières rendent le veau malade. C'est la cause de diarrhée...

De quoi s'agit-il ?

La colibacillose est une infection due à certaines souches de la bactérie Escherichia coli. Cette bactérie vit normalement dans l'intestin des bovins ; seules quelques souches particulières rendent le veau malade.

C'est la cause de diarrhée la plus précoce : elle frappe surtout dans les tout premiers jours de vie, souvent avant que le veau n'ait une semaine.

Deux formes coexistent. La forme digestive donne une diarrhée liquide très abondante. La forme septicémique, plus grave, correspond au passage de la bactérie dans le sang : le veau s'effondre parfois sans diarrhée marquée.

À retenir

Un veau très jeune abattu et froid, même sans diarrhée, doit faire penser à une infection généralisée. Ne pas attendre l'apparition de selles liquides pour appeler.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Forme digestive :

Diarrhée liquide, très abondante, souvent jaune pâle, apparaissant dans les premiers jours de vie.

Déshydratation rapide : yeux enfoncés, pli de peau persistant, bouche froide.

Le veau tète mal puis plus du tout, reste couché.

Forme septicémique :

Abattement brutal chez un veau très jeune, parfois sans diarrhée nette.

Refus complet de téter, corps et oreilles froids, muqueuses pâles ou grisâtres.

Fièvre au début, puis température qui chute — signe de gravité.

Dans les jours qui suivent, si le veau survit : articulations gonflées et douloureuses, nombril infecté, yeux troubles, parfois tête penchée et démarche anormale quand les méninges sont touchées.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

Des souches d'Escherichia coli particulières, capables de s'accrocher à la paroi de l'intestin du très jeune veau et d'y provoquer une fuite massive d'eau et de sels.

La forme septicémique survient surtout chez un veau dont les défenses sont insuffisantes : la bactérie franchit la barrière de l'intestin ou du nombril et gagne le sang.

Le point commun de ces deux formes est presque toujours le même : un veau qui n'a pas reçu assez d'anticorps par le colostrum, dans un environnement chargé en germes.

Absence ou retard de prise de colostrum : c'est le facteur déterminant, en particulier pour la forme septicémique.

Vêlage sur une litière souillée ou en plein air sur un sol boueux.

Nombril non désinfecté après la naissance.

Bâtiment surchargé, veaux d'âges mélangés, box réutilisé sans nettoyage.

Vêlage difficile ayant affaibli le veau.

Matériel d'alimentation (seaux, tétines, sondes) mal nettoyé.

Transmission

La bactérie est présente dans les selles des bovins et survit longtemps dans une litière humide.

Le veau l'avale en léchant les barrières, une mamelle souillée ou la litière, ou en buvant dans un seau mal lavé.

Elle peut aussi entrer par le nombril encore ouvert dans les heures qui suivent la naissance, d'où l'importance de la propreté du sol de vêlage.

Les mains, les bottes et le matériel de l'éleveur transportent la bactérie d'un box à l'autre.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Le vétérinaire distingue d'abord la forme digestive de la forme septicémique : le traitement et l'urgence ne sont pas les mêmes.

2

Il évalue la déshydratation, prend la température, palpe le nombril et les articulations, examine les yeux.

3

Une prise de sang peut mesurer le niveau d'anticorps reçus par le colostrum : c'est un indicateur précieux à l'échelle du troupeau.

4

Une analyse de selles ou de sang permet d'identifier la souche en cause et de tester sa sensibilité aux antibiotiques, ce qui évite un traitement inefficace.

5

En cas de mortalité répétée, l'autopsie oriente la prévention pour les vêlages suivants.

Traitement

La réhydratation reste la base du traitement de la forme digestive : elle compense les pertes d'eau et de sels et doit être commencée tôt, selon les indications du vétérinaire.

Contrairement aux diarrhées virales, la colibacillose relève d'un traitement antibiotique dans plusieurs situations, en particulier lorsqu'une septicémie est suspectée. Le choix de la molécule appartient au vétérinaire, idéalement guidé par un antibiogramme.

Un veau qui ne tient plus debout, froid, ne peut plus absorber les liquides par la bouche : il a besoin d'une perfusion.

Des soins de soutien accompagnent le traitement : anti-inflammatoire, réchauffement, litière sèche, isolement.

Le traitement doit être conduit jusqu'au bout : un arrêt dès l'amélioration favorise les rechutes et les résistances.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Le colostrum est la meilleure protection : donné le plus tôt possible après la naissance, issu d'une vache saine, recueilli proprement. Le vétérinaire précise le volume et le rythme adaptés.

Désinfecter le nombril dès la naissance, avec un produit adapté conseillé par le vétérinaire.

Vêler dans un local propre, paillé, désinfecté entre deux vaches.

Laver la mamelle avant la première tétée.

Nettoyer et désinfecter systématiquement seaux, tétines et sondes.

Éviter le mélange des âges et le surpeuplement ; nettoyer et laisser sécher les box entre deux veaux.

S'occuper des veaux malades en dernier et changer de gants ou se laver les mains entre deux animaux.

Vaccination

Des vaccins administrés à la vache gestante, en fin de gestation, existent contre les souches d'Escherichia coli responsables de la diarrhée du très jeune veau ; ils sont souvent associés aux valences rotavirus et coronavirus.

La protection passe uniquement par le colostrum : un veau qui ne le boit pas rapidement ne bénéficie d'aucune protection, même si sa mère a été vaccinée.

Le vétérinaire décide de l'intérêt de la vaccination selon les agents mis en évidence dans l'élevage et fixe le calendrier des injections.

Complications possibles

Septicémie : passage de la bactérie dans le sang, avec risque de mort rapide.

Arthrites : une ou plusieurs articulations gonflées, chaudes, douloureuses, laissant parfois une boiterie durable.

Infection du nombril, abcès profonds.

Atteinte des méninges : tête penchée, démarche titubante, convulsions.

Atteinte des yeux, parfois définitive.

Retard de croissance chez les veaux qui guérissent tardivement.

Quand consulter un vétérinaire

Un veau de moins d'une semaine a une diarrhée liquide abondante : appelez le jour même.

Il refuse de téter, il est froid, ses oreilles pendent : c'est une urgence, la septicémie va vite.

Ses muqueuses sont pâles ou grisâtres.

Son nombril est gros, chaud ou douloureux.

Une articulation gonfle ou il boite dans les jours qui suivent une diarrhée.

Plusieurs veaux nouveau-nés meurent en peu de temps : faites analyser, ne traitez pas à l'aveugle.

Pronostic

La forme digestive prise tôt et bien réhydratée guérit habituellement.

La forme septicémique est beaucoup plus grave : elle laisse peu de temps et le pronostic dépend de la rapidité de la prise en charge.

Les veaux qui développent des arthrites ou une atteinte nerveuse gardent souvent des séquelles.

À l'échelle du troupeau, la maîtrise passe par le colostrum et l'hygiène du vêlage bien plus que par les traitements.

Questions fréquentes

Pourquoi mon veau est-il malade alors que la mère est en bonne santé ?

Parce que la bactérie vit normalement dans l'intestin des adultes sans les rendre malades. C'est le veau, dont les défenses dépendent entièrement du colostrum, qui est vulnérable dans ses premiers jours.

Faut-il désinfecter le nombril de tous les veaux ?

Oui, c'est un geste simple et très rentable. Le nombril reste une porte ouverte pendant plusieurs jours, et c'est une voie d'entrée fréquente vers le sang, les articulations et le foie.

La colibacillose se transmet-elle à l'homme ?

Les souches responsables de la diarrhée du veau ne sont pas celles qui rendent l'homme malade. Cela ne dispense pas de se laver les mains après avoir soigné un animal : d'autres germes présents dans les mêmes selles, eux, peuvent nous atteindre.

Puis-je réutiliser un antibiotique qui avait marché l'an dernier ?

Non. Les souches changent d'un élevage et d'une année à l'autre, et un antibiotique mal choisi retarde la guérison tout en favorisant les résistances. Le vétérinaire s'appuie sur un antibiogramme quand c'est possible.

EN BREF

AgentBactérie
EspèceVache
VaccinDisponible
Transmissible à l'humainNon

Besoin d'un vétérinaire ?

Retrouvez un praticien près de chez vous sur TunisieVet, avec ses spécialités, ses horaires et ses coordonnées.

Trouver un vétérinaire

Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

Publicité
Haut Centre d’aide
Inscription
Suivez TunisieVet sur Facebook
Conseils, adoptions et actus vétérinaires
S'abonner