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Colisepticémie de l'agneau
La colisepticémie est une infection généralisée de l'agneau nouveau-né par une bactérie banale du milieu, Escherichia coli. Contrairement aux diarrhées de l'agneau, où la bactérie reste dans l'intestin, ici elle passe dans le sang et se rép...
De quoi s'agit-il ?
La colisepticémie est une infection généralisée de l'agneau nouveau-né par une bactérie banale du milieu, Escherichia coli.
Contrairement aux diarrhées de l'agneau, où la bactérie reste dans l'intestin, ici elle passe dans le sang et se répand dans tout l'organisme : articulations, enveloppes du cerveau, yeux, organes profonds.
Une cause domine largement toutes les autres : le défaut de colostrum. Un agneau qui n'a pas bu assez de colostrum dans ses premières heures de vie n'a aucune défense contre les microbes qui l'entourent, et la moindre bergerie sale devient dangereuse pour lui.
À retenir
Urgence des premiers jours de vie. Un agneau froid qui ne tète plus doit être vu le jour même. La cause est presque toujours un défaut de colostrum associé à une litière chargée : c'est là qu'il faut agir, avant la prochaine campagne d'agnelage.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Agneau qui cesse de téter, reste couché, ne suit plus sa mère et ne réagit plus quand on l'approche.
Bouche humide et froide, salivation, museau froid au toucher : c'est le signe qui a donné son nom populaire à la maladie.
Ventre gonflé et distendu, l'agneau paraît ballonné alors qu'il ne tète plus.
Agneau froid au toucher, gencives collantes, peau qui reste plissée quand on la pince : signes de déshydratation.
Diarrhée dans une partie des cas, mais elle peut manquer complètement.
Agneau qui reste couché et ne se relève plus, puis mort en quelques heures.
Chez les agneaux qui survivent quelques jours, l'infection se fixe : articulations gonflées et chaudes avec boiterie, œil trouble, tête penchée, tremblements ou convulsions si les enveloppes du cerveau sont touchées.
Un nombril gros, humide ou douloureux oriente vers une porte d'entrée par le cordon.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La bactérie est présente partout dans le milieu : litière, sol de la bergerie, mamelles souillées, mains et matériel.
Elle pénètre par la bouche, par le nombril encore ouvert, plus rarement par une plaie.
Chez un agneau correctement abreuvé de colostrum, les anticorps de la mère neutralisent la bactérie. Chez un agneau qui n'a pas bu de colostrum, ou qui en a bu trop tard, rien ne s'y oppose.
Les causes de défaut de colostrum sont nombreuses : agneau né faible, portée nombreuse, brebis mal nourrie qui ne monte pas en lait, brebis à mamelle douloureuse ou mal conformée, agnelage difficile, agneau adopté ou orphelin, froid qui empêche l'agneau de se lever pour téter.
La charge microbienne du local joue ensuite le rôle d'amplificateur : plus la litière est sale et ancienne, plus la dose de bactéries reçue est élevée.
Le froid et l'humidité aggravent tout, en épuisant les réserves de l'agneau.
Défaut de colostrum : c'est de très loin le premier facteur, présent dans la grande majorité des cas.
Agneaux de portées multiples, agneaux nés faibles ou petits, orphelins et agneaux adoptés.
Brebis mal nourries en fin de gestation, qui produisent peu de colostrum et de mauvaise qualité.
Brebis primipares, brebis à mamelle abîmée ou douloureuse.
Agnelage difficile, agneau qui met du temps à se lever.
Litière humide, ancienne, chargée ; bergerie surpeuplée ; agnelages groupés dans un local unique.
Nombril non désinfecté à la naissance.
Froid, courants d'air, humidité, agneau qui se refroidit avant d'avoir tété.
Matériel de biberonnage mal nettoyé, sondes réutilisées sans hygiène.
Transmission
La contamination vient du milieu, pas d'un agneau malade à un autre au sens strict : chaque agneau se contamine sur la litière, la mamelle ou le matériel.
La pression microbienne monte au fil de la campagne d'agnelage dans un même local : les agneaux nés en fin de période sont plus exposés.
Les mains et les tétines de biberon mal nettoyées transportent efficacement la bactérie d'un agneau à l'autre.
Les bactéries en cause dans cette forme du nouveau-né ne présentent pas de risque particulier pour l'homme, mais l'hygiène des mains reste une règle de base quand on manipule des animaux et leurs déjections.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire examine l'agneau, prend sa température, palpe le nombril, les articulations et le ventre, et recherche des signes nerveux ou oculaires.
Il fait le point sur ce qui s'est passé à la naissance : l'agneau a-t-il tété, quand, combien, la brebis avait-elle du colostrum, comment le nombril a-t-il été traité.
Des analyses de sang peuvent évaluer si l'agneau a bien reçu les anticorps du colostrum : c'est une information très utile à l'échelle du troupeau, car elle révèle un problème général de conduite plutôt qu'un accident isolé.
Des prélèvements peuvent être envoyés au laboratoire pour identifier la bactérie et tester sa sensibilité aux antibiotiques, ce qui est particulièrement utile lorsque plusieurs traitements ont déjà échoué.
En cas de mortalité répétée, le vétérinaire peut pratiquer une autopsie : elle distingue cette maladie des autres causes de mortalité des premiers jours, notamment la dysenterie de l'agneau et l'hypothermie, dont la prévention n'est pas la même.
Le vétérinaire évalue aussi le local d'agnelage, la litière et la conduite des mises bas : c'est souvent là que se trouve la solution.
Traitement
C'est une urgence : un agneau atteint se dégrade en quelques heures.
Le traitement repose sur des antibiotiques prescrits par le vétérinaire, choisis en fonction de la situation de l'élevage et, si nécessaire, des résultats du laboratoire.
Les soins de soutien pèsent autant que l'antibiotique : réchauffer l'agneau progressivement, le réhydrater, le mettre à l'abri, lui redonner de l'énergie. Un agneau froid ne digère pas : le réchauffer avant de lui donner à boire est essentiel, et la façon de le faire doit être expliquée par le vétérinaire.
Un anti-inflammatoire peut être associé sur prescription, en particulier quand les articulations sont touchées.
Si le défaut de colostrum est en cause et que l'agneau est encore très jeune, le vétérinaire peut proposer un apport de colostrum ou une alternative adaptée : c'est une décision qui se prend vite, la fenêtre est courte.
Les agneaux qui développent une atteinte des articulations ou du cerveau répondent mal et gardent souvent des séquelles.
N'utilisez pas de restes d'antibiotiques d'un épisode précédent : le produit peut être inadapté, et l'agneau n'a pas le temps qu'on se trompe.
Les délais d'attente doivent être demandés au vétérinaire.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Tout se joue sur le colostrum. Chaque agneau doit boire du colostrum dans ses premières heures de vie, et il faut le vérifier plutôt que le supposer : un agneau qui n'a pas tété doit être aidé.
Pour cela, une brebis correctement nourrie en fin de gestation est indispensable : c'est elle qui fabrique le colostrum, en quantité et en qualité.
Surveiller particulièrement les portées multiples, les agneaux nés faibles, les orphelins et les agneaux de primipares.
Désinfecter le nombril à la naissance, selon le produit et la méthode indiqués par le vétérinaire.
Pailler abondamment et souvent, curer entre les lots, ne pas laisser une litière se charger pendant toute la campagne.
Séparer les brebis qui ont agnelé des brebis en attente, limiter la densité dans le local.
Maintenir les agneaux au sec et à l'abri des courants d'air ; un agneau qui a froid ne tète pas.
Nettoyer et désinfecter systématiquement biberons, tétines et sondes entre chaque agneau.
Se laver les mains avant de manipuler les nouveau-nés.
Attention : la vaccination clostridiale des brebis, indispensable par ailleurs, ne protège pas contre cette maladie. Ici, ce sont l'hygiène et le colostrum qui font tout.
Complications possibles
Mort de l'agneau en quelques heures dans la forme septicémique.
Arthrites persistantes, articulations gonflées, agneaux qui boitent et ne rattrapent jamais leur croissance.
Atteinte des enveloppes du cerveau, avec signes nerveux et pronostic très sombre.
Atteinte de l'œil, avec cécité définitive de l'œil touché.
Agneaux survivants chétifs, à la traîne, souvent réformés en fin de compte.
Pertes répétées et croissantes sur toute la campagne d'agnelage si l'hygiène du local et la conduite du colostrum ne changent pas.
Quand consulter un vétérinaire
Un agneau de quelques jours cesse de téter, reste couché et ne réagit plus : appelez immédiatement, cela se compte en heures.
Sa bouche est froide et humide et son ventre est gonflé.
Un agneau est froid, la peau reste plissée quand on la pince.
Une articulation est gonflée et chaude chez un agneau, ou il boite.
Un agneau tremble, penche la tête ou convulse.
Le nombril est gros, humide ou douloureux.
Plusieurs agneaux meurent dans les mêmes jours de vie : faites examiner le local et la conduite des agnelages, pas seulement les animaux.
Pronostic
Un agneau traité dans les toutes premières heures, réchauffé et réhydraté, peut s'en sortir.
Un agneau déjà couché, froid et qui ne réagit plus a un pronostic très sombre malgré le traitement.
Les formes qui touchent les articulations, l'œil ou le cerveau laissent des séquelles et donnent rarement de bons animaux.
À l'échelle du troupeau, le pronostic est excellent : c'est une maladie qui recule très vite dès que la prise de colostrum est assurée et que le local d'agnelage est propre et bien paillé.
Questions fréquentes
Mon agneau a la bouche froide et mouillée et le ventre gonflé, que faire ?
Appelez le vétérinaire sans attendre, cela se joue en heures. En attendant, mettez l'agneau au sec, à l'abri du courant d'air, et réchauffez-le progressivement. Ne lui donnez pas de lait tant qu'il est froid : un agneau refroidi ne le digère pas. Le vétérinaire vous indiquera la bonne façon de procéder.
Le vaccin que je fais à mes brebis avant l'agnelage ne protège-t-il pas contre ça ?
Non. Les vaccins clostridiaux protègent contre les entérotoxémies et les autres clostridioses, pas contre cette infection. Ils restent indispensables, mais ici la protection vient du colostrum et de la propreté du local d'agnelage.
Comment savoir si mes agneaux ont bu assez de colostrum ?
En les surveillant à la naissance plutôt qu'en le supposant : un agneau qui a bu a le ventre rond et se lève facilement. Le vétérinaire peut aussi faire une prise de sang sur quelques agneaux pour vérifier s'ils ont bien reçu les anticorps. C'est un contrôle très instructif quand on perd des agneaux chaque année.
Pourquoi j'en perds de plus en plus au fil de la saison d'agnelage ?
Parce que la litière se charge en microbes au fil des semaines. Les agneaux nés à la fin reçoivent une dose bien plus forte que les premiers. Curer entre les lots, pailler abondamment et séparer les brebis qui ont agnelé de celles qui attendent casse cette montée en charge.
Références
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 août 2026
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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