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Dermatite digitée contagieuse ovine
La dermatite digitée contagieuse est une maladie du pied du mouton particulièrement douloureuse et particulièrement décourageante pour l'éleveur, parce qu'elle ne se comporte comme aucune autre. Elle est due à des bactéries en forme de spir...
De quoi s'agit-il ?
La dermatite digitée contagieuse est une maladie du pied du mouton particulièrement douloureuse et particulièrement décourageante pour l'éleveur, parce qu'elle ne se comporte comme aucune autre.
Elle est due à des bactéries en forme de spirale, appelées tréponèmes, qui s'installent dans la peau au-dessus de l'onglon et détruisent l'attache de la corne.
Son signe distinctif est le sens de progression. Le piétin part de la peau entre les onglons et décolle la corne du talon vers la pince. Ici, c'est l'inverse : la lésion commence au bourrelet, cette bande de peau juste au-dessus de la corne, sous la forme d'une ulcération rouge et saignante, puis descend et décolle toute la paroi de l'onglon depuis le haut.
À retenir
Ne parez pas les pieds atteints : le parage aggrave franchement cette maladie et la diffuse dans le troupeau. Si un troupeau ne répond pas aux traitements habituels du piétin, faites examiner les pieds par le vétérinaire avant de continuer.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Boiterie sévère, souvent brutale et bien plus douloureuse que celle du piétin : l'animal ne pose plus le pied, refuse de bouger, se déplace à genoux.
Un seul pied est le plus souvent atteint au début, parfois deux.
Lésion caractéristique au bourrelet, juste au-dessus de la corne : ulcération rouge vif, humide, saignante, très douloureuse au moindre contact.
Progression de haut en bas : la paroi de l'onglon se décolle depuis le bourrelet, et l'on peut soulever la corne vers le bas.
Dans les cas avancés, perte complète de la boîte de corne : l'onglon se détache, l'animal marche sur la chair à vif.
Odeur désagréable, différente de celle du piétin.
Peau entre les onglons souvent normale ou peu atteinte au début, ce qui est un indice important pour la distinguer du piétin.
Amaigrissement rapide, animaux qui ne suivent plus, qui restent couchés et ne s'alimentent plus correctement.
Boiteries qui ne répondent pas aux pédiluves et aux traitements habituels du piétin, et qui s'aggravent après un parage.
Dans un troupeau atteint, plusieurs animaux touchés successivement, avec une progression qui inquiète.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
Des bactéries en forme de spirale, les tréponèmes, sont impliquées dans les lésions. Elles s'installent dans la peau du bourrelet et détruisent progressivement l'attache de la corne.
Elles profitent de toute atteinte préexistante du pied : scald, piétin, blessure, peau ramollie par l'humidité.
L'humidité prolongée et les milieux souillés favorisent leur survie et leur transmission.
Le parage aggrave les lésions : en ouvrant la corne et en mettant la chair à nu, il donne aux bactéries un accès direct aux tissus. C'est un point contre-intuitif mais bien établi, et il explique beaucoup d'échecs de traitement.
Ces bactéries survivent dans la litière, dans la boue et sur le matériel de parage.
Les traitements locaux seuls atteignent mal les bactéries installées en profondeur dans la peau, ce qui explique la mauvaise réponse aux pédiluves.
Achat d'animaux sans quarantaine ni examen des pieds : c'est la voie d'entrée principale.
Présence de piétin ou de scald dans le troupeau, qui fragilise les pieds.
Milieux humides et boueux, litière détrempée, surdensité.
Parage systématique du troupeau avec un matériel non désinfecté entre les animaux.
Parage agressif des pieds atteints, qui aggrave et diffuse la maladie.
Regroupements d'animaux, foires, pâturages communs, prêts de béliers.
Absence d'isolement des animaux boiteux, qui contaminent les zones de passage.
Transmission
C'est une maladie contagieuse, qui se transmet d'un animal à l'autre par le sol souillé, la litière, la boue et les zones de passage obligé.
Le matériel de parage non désinfecté entre les animaux est un vecteur reconnu : parer plusieurs pieds avec la même pince sans désinfection diffuse la maladie dans tout le troupeau.
L'introduction d'animaux achetés est la principale voie d'entrée dans une exploitation indemne. Comme les lésions débutantes sont discrètes, un animal peut paraître sain à l'achat.
Les zones humides et boueuses, les couloirs et les abords des abreuvoirs concentrent la contamination.
Il n'y a pas de risque pour l'homme.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
L'examen du pied par le vétérinaire est indispensable, car c'est le diagnostic qui commande le traitement, et un traitement de piétin appliqué ici ne donnera rien.
Le vétérinaire recherche le point de départ de la lésion : au bourrelet, au-dessus de la corne, et non entre les onglons. Ce seul élément oriente très fortement.
Il vérifie le sens du décollement : de haut en bas dans cette maladie, du talon vers la pince dans le piétin.
Il examine plusieurs animaux du lot, y compris ceux qui boitent peu, pour repérer les lésions débutantes et évaluer l'ampleur du problème.
Il écarte le piétin, l'abcès du pied, le scald, la fourbure et les corps étrangers.
Des prélèvements de laboratoire peuvent être réalisés dans les situations douteuses ou lorsqu'un troupeau ne répond à aucun traitement.
Une visite d'élevage complète, avec examen des pieds sur un échantillon représentatif, est le meilleur investissement dans un troupeau où les boiteries résistent : elle évite des mois de traitements inefficaces.
Traitement
Le traitement repose principalement sur un antibiotique administré par voie générale, prescrit par le vétérinaire. C'est ce qui différencie le plus cette maladie du piétin, où le traitement local et les pédiluves occupent une place centrale.
Le choix de la molécule, la voie et la durée relèvent entièrement du vétérinaire, et le traitement doit être conduit jusqu'à son terme : un arrêt précoce entraîne des rechutes.
Un traitement local peut être associé, sur prescription, mais il ne suffit pas seul.
Un anti-inflammatoire soulage une douleur qui est ici très importante, et permet à l'animal de recommencer à se déplacer et à manger.
Ne parez pas les pieds atteints. C'est la consigne la plus importante et la plus contre-intuitive de cette fiche : le parage ouvre la corne, met la chair à nu et aggrave franchement les lésions. Si un parage minimal est nécessaire, il est décidé et réalisé par le vétérinaire.
Isolez les animaux atteints sur une aire propre et sèche, à l'écart des zones de passage du troupeau, le temps du traitement.
Désinfectez systématiquement le matériel de parage entre chaque animal, y compris sur les animaux sains.
Les pédiluves donnent des résultats décevants dans cette maladie, contrairement au piétin : ne comptez pas dessus et n'insistez pas au détriment du bon traitement.
Demandez au vétérinaire les délais d'attente pour la viande et le lait des produits utilisés et respectez-les.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
La quarantaine des animaux achetés est la mesure numéro un : isolement à l'écart du troupeau, examen des pieds de chaque animal par le vétérinaire, et intégration seulement après contrôle.
Éviter les prêts de béliers et les regroupements d'animaux d'origines différentes.
Désinfecter le matériel de parage entre chaque animal, sans exception : c'est un vecteur reconnu.
Isoler immédiatement tout animal boiteux, sur une aire propre, plutôt que de le laisser circuler et contaminer les couloirs.
Maintenir les pieds au sec : drainage, empierrement des abords d'abreuvoirs, litière abondante et renouvelée.
Maîtriser le scald et le piétin, qui préparent le terrain.
Surveiller le troupeau et réagir à la première boiterie qui ne se comporte pas comme d'habitude, plutôt que d'attendre que plusieurs animaux soient atteints.
Dans un troupeau atteint, établir un plan écrit avec le vétérinaire : identification des animaux traités, isolement, calendrier, et décision sur les animaux à réformer.
Réformer les animaux qui rechutent malgré des traitements bien conduits : ils entretiennent la maladie dans le troupeau.
Vaccination
Il n'existe pas de vaccin contre cette maladie.
Les vaccins disponibles dans certains pays contre le piétin ne protègent pas contre elle : c'est une confusion à éviter, car elle conduit à croire le troupeau protégé alors qu'il ne l'est pas. Parlez-en à votre vétérinaire avant d'engager un programme de vaccination des pieds.
Complications possibles
Perte complète de la boîte de corne, avec un animal qui marche sur la chair à vif : douleur extrême et convalescence très longue.
Déformation permanente de l'onglon repoussé, avec boiterie chronique.
Atteinte de l'articulation et de l'os sous-jacents dans les formes profondes.
Amaigrissement sévère et rapide, chute de la fertilité et de la production.
Animaux couchés en permanence, avec escarres et myiases en saison chaude.
Diffusion progressive à l'ensemble du troupeau si les animaux atteints ne sont pas isolés et si le matériel de parage n'est pas désinfecté.
Coût considérable en traitements, en temps et en animaux réformés.
Quand consulter un vétérinaire
Une boiterie est nettement plus douloureuse que d'habitude et l'animal ne pose plus du tout le pied.
Une lésion rouge et saignante apparaît juste au-dessus de la corne, au bourrelet.
La corne se décolle depuis le haut, ou un onglon se détache complètement.
Les boiteries de votre troupeau ne répondent pas aux pédiluves ni aux traitements habituels du piétin : faites examiner les pieds, il peut s'agir d'une autre maladie.
La boiterie s'aggrave après un parage.
Plusieurs animaux sont atteints successivement malgré vos efforts.
Vous venez d'acheter des animaux et des boiteries inhabituelles apparaissent : appelez rapidement, l'origine est probablement là.
Pronostic
Bon lorsque le diagnostic est posé tôt et que le traitement par voie générale est conduit correctement et jusqu'au bout : les lésions cicatrisent et l'onglon repousse.
Réservé dans les formes avancées avec perte de la boîte de corne : la repousse prend des mois et l'onglon reste souvent déformé.
Mauvais lorsque l'articulation est atteinte ou lorsque l'animal rechute malgré des traitements bien menés.
À l'échelle du troupeau, la maîtrise demande de la rigueur et du temps : quarantaine, isolement des boiteux, désinfection du matériel et réforme des cas chroniques. Les troupeaux qui appliquent ce plan s'en sortent, ceux qui se contentent de pédiluves s'épuisent.
Questions fréquentes
Comment la distinguer du piétin ?
Par le point de départ et le sens de progression. Le piétin commence entre les onglons et décolle la corne du talon vers la pince. Celle-ci commence au bourrelet, juste au-dessus de la corne, sous forme d'une plaie rouge saignante, et décolle la paroi de haut en bas. Elle est aussi bien plus douloureuse. Le vétérinaire doit confirmer, car les traitements sont très différents.
Pourquoi me dit-on de ne pas parer ?
Parce que le parage aggrave franchement cette maladie : il ouvre la corne, met la chair à nu et donne aux bactéries un accès direct aux tissus. C'est exactement l'inverse du réflexe habituel devant un pied malade, et c'est pour cela que tant de troupeaux s'aggravent malgré les soins. Si un parage est nécessaire, il est décidé par le vétérinaire.
Mes pédiluves ne donnent rien, que faire ?
C'est un signal fort. Cette maladie répond mal aux pédiluves, contrairement au piétin, et demande un traitement par voie générale prescrit par le vétérinaire. Un troupeau dont les boiteries résistent à tout doit être examiné pied par pied avant de continuer à dépenser en pédiluves inefficaces.
Un onglon complètement détaché va-t-il repousser ?
Oui, la corne repousse, mais cela prend de longs mois et l'animal souffre beaucoup pendant ce temps. L'onglon reformé reste souvent déformé. C'est une situation qui demande un traitement vétérinaire, une litière profonde, un anti-inflammatoire et une vraie réflexion sur l'avenir de l'animal.
Références
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 août 2026
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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