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Diarrhée virale bovine

La diarrhée virale bovine, souvent appelée BVD, est une maladie virale très répandue dans les élevages de bovins. Son nom est trompeur : la diarrhée n'est qu'une partie du problème, et bien souvent la maladie coûte cher sans provoquer d'épi...

De quoi s'agit-il ?

La diarrhée virale bovine, souvent appelée BVD, est une maladie virale très répandue dans les élevages de bovins. Son nom est trompeur : la diarrhée n'est qu'une partie du problème, et bien souvent la maladie coûte cher sans provoquer d'épidémie visible.

Le virus affaiblit les défenses immunitaires, perturbe la reproduction et fragilise les jeunes. On observe des retours en chaleur répétés, des avortements, des veaux chétifs et davantage de diarrhées et de pneumonies dans le troupeau.

Sa clé de compréhension tient en une notion : l'animal infecté permanent immunotolérant, souvent abrégé « IPI ». Si une vache est contaminée à un stade précoce de sa gestation, le veau peut naître infecté à vie sans jamais fabriquer de défenses contre ce virus. Il excrète alors des quantités énormes de virus en permanence.

À retenir

Maladie faisant l'objet de plans de surveillance et d'assainissement dans de nombreux pays. Les suspicions et les avortements doivent être signalés au vétérinaire, qui indiquera les démarches à suivre auprès des services vétérinaires.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Chez l'animal qui vient d'être contaminé, les signes sont souvent discrets : une fièvre passagère, une baisse d'appétit, un peu de jetage, parfois rien du tout.

Dans les formes plus marquées : diarrhée, salivation, petites plaies dans la bouche et sur le mufle, chute de la production laitière, abattement.

Dans le troupeau, ce sont surtout des signes indirects qui alertent : plus de diarrhées chez les veaux, plus de pneumonies, des animaux qui répondent mal aux traitements, des croissances décevantes.

Côté reproduction : retours en chaleur répétés, avortements à toutes les périodes de gestation, veaux mort-nés, veaux mal formés ou aveugles, veaux petits et sans vigueur.

La maladie des muqueuses est une forme particulière, mortelle, qui ne touche que les animaux infectés permanents : diarrhée abondante et persistante, ulcères de la bouche et entre les onglons, amaigrissement rapide.

Un animal infecté permanent peut aussi paraître normal pendant des mois, ou seulement rester petit et avoir un poil terne.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

La maladie est due au virus de la diarrhée virale bovine, un pestivirus qui existe sous plusieurs types.

Ce virus s'attaque aux cellules de l'immunité : il abaisse les défenses de l'animal, ce qui aggrave toutes les autres infections présentes dans l'élevage.

Lorsqu'une femelle est contaminée pendant la première partie de sa gestation, avant que le fœtus ne sache se défendre, ce dernier considère le virus comme faisant partie de lui-même. S'il survit, il naît infecté à vie : c'est l'animal infecté permanent.

Selon le moment de la contamination pendant la gestation, on observe une résorption de l'embryon, un avortement, une malformation, ou la naissance d'un veau infecté permanent.

Achat d'animaux, en particulier de femelles gestantes : une vache saine peut porter un veau infecté permanent et le mettre au monde dans votre élevage.

Absence de quarantaine et de dépistage à l'introduction.

Pâtures mitoyennes, rassemblements, marchés, prêt de taureau.

Grands troupeaux avec beaucoup de mouvements internes.

Réutilisation des aiguilles et du matériel entre animaux.

Transmission

Par contact direct entre bovins : les animaux infectés permanents excrètent le virus en continu dans les sécrétions du nez, la salive, les urines, les bouses, le lait.

Un animal récemment contaminé excrète aussi du virus, mais pendant une période courte.

De la mère au fœtus pendant la gestation : c'est ainsi que naissent les animaux infectés permanents.

Par la semence d'un taureau infecté.

Par le matériel souillé, les aiguilles réutilisées, le matériel de contention, les vêtements et les mains.

Les contacts entre troupeaux voisins par-dessus une clôture suffisent à faire passer le virus.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Le diagnostic ne peut pas se faire sur les seuls signes cliniques, trop variables. Le vétérinaire s'appuie sur le laboratoire.

2

La recherche d'anticorps sur le sang, ou sur le lait de tank en élevage laitier, indique si le troupeau a rencontré le virus.

3

La recherche du virus lui-même se fait par analyse de sang ou sur un petit fragment de peau prélevé à l'oreille, souvent lors de la pose de la boucle d'identification du veau.

4

Un animal chez qui on retrouve le virus doit être recontrôlé après quelques semaines : s'il est encore positif, c'est un infecté permanent.

5

En cas d'avortements ou de veaux malformés, le vétérinaire prélève aussi sur le fœtus et sur la mère.

Traitement

Il n'existe aucun traitement contre le virus lui-même.

Les animaux atteints reçoivent des soins de soutien : réhydratation, alimentation appétente, isolement au calme, et traitement des infections bactériennes qui s'ajoutent, sur prescription vétérinaire.

La maladie des muqueuses est toujours mortelle : aucun traitement ne la guérit, et la conduite à tenir se décide avec le vétérinaire.

Le vrai « traitement » de la BVD est celui du troupeau, pas de l'animal : identifier les infectés permanents et les retirer du cheptel. Tant qu'ils restent en place, tous les efforts de vaccination et d'hygiène sont largement neutralisés.

Un animal infecté permanent ne doit jamais être vendu à un autre éleveur : il transporterait l'infection.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Dépister les animaux à l'achat et les isoler jusqu'au résultat, en portant une attention particulière aux femelles gestantes et au veau qu'elles portent.

Rechercher et éliminer les animaux infectés permanents du troupeau : c'est la mesure la plus déterminante.

Éviter les contacts avec les troupeaux voisins : double clôture ou distance suffisante.

Une aiguille par animal, matériel nettoyé et désinfecté entre les lots.

Surveiller régulièrement le statut du troupeau, sur lait de tank ou sur des prises de sang d'animaux témoins, pour détecter rapidement une réintroduction.

N'utiliser que de la semence issue de centres contrôlés.

Vaccination

Des vaccins inactivés et des vaccins vivants atténués sont disponibles.

L'objectif principal de la vaccination est la protection du fœtus : il s'agit d'éviter la naissance de nouveaux animaux infectés permanents. Elle doit donc être en place avant la saillie ou l'insémination.

La vaccination ne remplace jamais la détection et le retrait des animaux infectés permanents : utilisée seule, elle donne des résultats décevants.

Le protocole, l'âge de la primovaccination et le rythme des rappels dépendent du type de vaccin et de la conduite du troupeau : ils sont fixés par le vétérinaire.

Complications possibles

Effondrement des résultats de reproduction : retours en chaleur, avortements, intervalles entre vêlages allongés.

Augmentation des diarrhées et des pneumonies des veaux, avec des traitements moins efficaces qu'attendu.

Maladie des muqueuses chez les animaux infectés permanents : toujours mortelle.

Aggravation des autres infections du troupeau, du fait de l'affaiblissement immunitaire.

Pertes économiques importantes et souvent sous-estimées, car étalées dans le temps.

Quand consulter un vétérinaire

Vous constatez plusieurs avortements, des retours en chaleur répétés ou des veaux mort-nés.

Un veau naît petit, tremblant, incapable de tenir debout ou visiblement mal formé.

Les diarrhées et les pneumonies des veaux se multiplient et répondent mal aux traitements habituels.

Un animal présente une diarrhée persistante avec des ulcères dans la bouche et un amaigrissement rapide.

Vous venez d'introduire des animaux, en particulier des femelles gestantes.

Vous souhaitez connaître le statut BVD de votre troupeau : c'est une démarche à engager avec votre vétérinaire, sans attendre un problème.

Pronostic

Un bovin adulte contaminé après la naissance guérit en général sans séquelle et développe une immunité durable.

Le pronostic est en revanche sans issue pour les animaux infectés permanents : ils meurent souvent jeunes, et ceux qui survivent restent une source de contamination pour tout le troupeau.

À l'échelle de l'élevage, l'assainissement est parfaitement réalisable : dépister, retirer les infectés permanents, protéger les entrées. Les troupeaux assainis constatent une nette amélioration de la fertilité et de la santé des veaux.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un animal « IPI » et pourquoi faut-il le retirer ?

C'est un bovin contaminé avant sa naissance, qui ne fabrique aucune défense contre ce virus et l'excrète en permanence, en grande quantité. Un seul suffit à entretenir l'infection dans tout un troupeau : tant qu'il reste en place, la vaccination et l'hygiène ne suffiront pas.

Cette maladie est-elle dangereuse pour l'homme ?

Non, ce virus n'infecte pas l'être humain et le lait ne présente pas de risque de ce fait. Les précautions habituelles restent valables : ne pas consommer le lait d'un animal sous traitement avant la fin du délai d'attente.

J'ai acheté une vache saine, comment ai-je pu introduire la maladie ?

Parce qu'une vache indemne peut porter un veau infecté avant sa naissance. Le veau naîtra infecté permanent dans votre élevage. C'est pourquoi le dépistage doit aussi concerner le veau à la naissance.

Je vaccine déjà : pourquoi continuer à dépister ?

Parce que la vaccination protège surtout le fœtus et limite les nouveaux cas, mais elle ne détecte ni n'élimine les animaux déjà infectés permanents. Les deux démarches sont complémentaires.

EN BREF

AgentVirus
EspèceVache
VaccinDisponible
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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