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Dictyocaulose
La dictyocaulose est une maladie des poumons provoquée par un ver rond, fin et blanchâtre, qui s'installe directement dans les bronches du mouton et de la chèvre. Les vers adultes vivent dans les grosses voies respiratoires, où ils irritent...
De quoi s'agit-il ?
La dictyocaulose est une maladie des poumons provoquée par un ver rond, fin et blanchâtre, qui s'installe directement dans les bronches du mouton et de la chèvre.
Les vers adultes vivent dans les grosses voies respiratoires, où ils irritent la muqueuse et déclenchent une toux permanente. Le mucus et les débris qu'ils provoquent bouchent progressivement les petites bronches.
C'est une maladie du pâturage humide : elle apparaît après les pluies, sur les parcelles de bas-fond, autour des abreuvoirs et sur les zones irriguées.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Toux sèche et répétée, d'abord après un effort ou quand on fait bouger le lot, puis présente au repos. Elle gagne peu à peu plusieurs animaux du même groupe.
Animaux qui s'essoufflent vite : ils restent en arrière quand le troupeau se déplace, s'arrêtent en côte, soufflent à la rentrée.
Respiration rapide, parfois avec le cou tendu et les naseaux ouverts dans les formes sévères.
Écoulement du nez, d'abord clair, qui devient épais et jaunâtre lorsqu'une infection bactérienne s'ajoute.
Baisse de croissance chez les agneaux, amaigrissement chez les adultes, laine terne.
De la fièvre apparaît quand les poumons se surinfectent ; en l'absence de surinfection, la température peut rester normale malgré une toux importante.
Dans les formes graves, l'animal reste debout, refuse de se coucher pour mieux respirer, et peut mourir d'asphyxie ou de bronchopneumonie.
Une partie du troupeau tousse peu ou pas du tout tout en portant des vers : la toux visible ne mesure jamais l'ampleur réelle du problème.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
Les vers adultes vivent dans les bronches et y pondent des œufs. Les œufs remontent avec le mucus, sont avalés par l'animal et repartent dans les crottes, où ils éclosent.
Sur la parcelle, les larves quittent la crotte et gagnent l'herbe environnante dès qu'il y a de l'humidité : rosée du matin, pluie, irrigation. Les animaux les avalent en pâturant.
Une fois avalées, les larves traversent la paroi de l'intestin, passent par les ganglions et le sang, gagnent les poumons et remontent dans les bronches, où elles deviennent adultes.
Le cycle est direct : aucun escargot ni aucun autre animal n'est nécessaire, ce qui explique la rapidité avec laquelle une parcelle se charge.
Des larves peuvent se mettre en pause dans l'organisme pendant la saison sèche puis repartir toutes ensemble au retour des pluies, ce qui donne l'impression d'une maladie surgie de nulle part.
Les lésions des bronches ouvrent la porte aux bactéries qui vivent normalement dans le nez et la gorge : c'est cette surinfection qui tue le plus souvent, pas le ver lui-même.
Agneaux et jeunes animaux de première saison de pâturage, dont l'immunité n'est pas encore construite.
Périodes qui suivent les pluies, automne et hiver doux, parcelles irriguées, bas-fonds, abords des points d'eau.
Chargement élevé et pâturage ras, qui obligent les animaux à brouter au ras du sol là où sont les larves.
Mélange de classes d'âge sur la même parcelle : les adultes contaminent les jeunes.
Bergeries humides et mal ventilées, poussière, surpeuplement, qui aggravent l'atteinte respiratoire.
Animaux mal nourris ou déjà porteurs d'autres parasites digestifs.
Achats sans quarantaine, foires et regroupements.
Transmission
La contamination se fait par l'herbe souillée, jamais par contact direct d'un animal à l'autre, et ces vers ne se transmettent pas à l'être humain.
Les zones humides, les bords d'abreuvoirs, les bas-fonds et les parcelles irriguées concentrent les larves.
Les animaux adultes qui toussent peu sont souvent les porteurs qui ensemencent la parcelle pour les agneaux.
Un animal acheté sans quarantaine introduit la maladie sur une exploitation jusque-là indemne.
Les larves survivent mal à la sécheresse et au plein soleil, mais bien dans la boue, les crottes tassées et les zones ombragées humides.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire commence par l'histoire du troupeau : quels animaux toussent, depuis quand, sur quelle parcelle, après quel épisode de pluie. Ce contexte oriente déjà beaucoup.
Il ausculte les poumons et examine plusieurs animaux du lot, pas seulement celui qui tousse le plus.
Une analyse de crottes particulière permet de rechercher les larves dans les excréments. Attention : ce n'est pas la même technique que la recherche des œufs de vers digestifs, il faut préciser au laboratoire qu'on suspecte un ver pulmonaire, sinon l'examen passe à côté.
Un résultat négatif n'écarte pas la maladie : pendant la phase où les larves migrent vers les poumons, les vers ne pondent pas encore, et c'est souvent le moment où les animaux vont le plus mal.
L'examen d'un animal mort est décisif : en ouvrant la trachée et les bronches, les vers sont visibles à l'œil nu, mêlés à une mousse et à un mucus abondants. Ne faites pas disparaître un animal mort sans en parler au vétérinaire.
Le vétérinaire écarte enfin les autres causes de toux du mouton, notamment les maladies respiratoires infectieuses et les affections pulmonaires chroniques, qui demandent une conduite différente.
Traitement
Le traitement repose sur des antiparasitaires internes actifs sur les vers pulmonaires. Plusieurs familles existent, mais toutes ne se valent pas sur ce parasite : le choix de la famille, de la forme et du moment revient au vétérinaire.
Aucune dose ni aucun rythme ne doit être décidé de sa propre initiative. Le sous-dosage laisse survivre une partie des vers et sélectionne les plus résistants.
Le traitement se raisonne à l'échelle du lot : les animaux qui toussent ne sont que la partie visible du problème, les autres du même groupe pâturent la même parcelle.
Quand une surinfection bactérienne est installée, avec fièvre et jetage purulent, un antibiotique peut être nécessaire en complément, sur prescription. Donné seul, sans antiparasitaire, il ne fait que masquer temporairement le problème.
Les animaux les plus atteints ont besoin d'un local propre, sec et bien ventilé, sans poussière, d'eau à volonté et d'une alimentation de qualité. Éviter les déplacements et les manipulations brutales, qui peuvent suffire à faire décompenser un animal en détresse respiratoire.
La mort de vers en grand nombre dans les bronches peut aggraver temporairement la gêne respiratoire dans les infestations massives : c'est une raison de plus pour que le vétérinaire encadre le traitement plutôt que de traiter à l'aveugle.
Les délais d'attente pour la viande et pour le lait figurent sur la notice de chaque produit, varient d'une molécule à l'autre et doivent être respectés à la lettre. Certains produits sont interdits chez les femelles dont le lait est consommé.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Éviter les parcelles humides et les bas-fonds aux périodes à risque, en particulier avec les agneaux.
Faire tourner les parcelles et ne pas laisser les animaux raser l'herbe.
Réserver les parcelles les plus saines, par exemple après une fauche ou une culture, aux jeunes animaux de première saison.
Séparer autant que possible les agneaux des adultes, qui sont les principaux semeurs de larves.
Assainir les abords des abreuvoirs : réparer les fuites, empierrer ou déplacer les points d'eau, éviter les zones de boue permanente.
Mettre en quarantaine tout animal acheté et demander l'avis du vétérinaire avant de le lâcher au pâturage.
Assurer une bonne ventilation et une litière sèche en bergerie : un poumon déjà abîmé par les vers supporte très mal l'ammoniac et la poussière.
Nourrir correctement le troupeau : un animal en bon état encaisse beaucoup mieux la même charge de parasites.
Surveiller la toux à la rentrée du troupeau ou après un déplacement du lot : c'est le moment où elle s'entend le mieux.
Complications possibles
Bronchopneumonie par surinfection bactérienne, principale cause de mortalité dans cette maladie.
Lésions pulmonaires durables : certains animaux gardent une toux et un essoufflement à l'effort même après élimination des vers.
Retard de croissance des agneaux, qui ne se rattrape pas complètement.
Amaigrissement des adultes, baisse de la production laitière, mauvaise reprise après la lactation.
Aggravation d'autres maladies respiratoires chroniques du troupeau, qui se cumulent sur les mêmes poumons.
Mortalité brutale par asphyxie dans les infestations massives d'agneaux.
Quand consulter un vétérinaire
Plusieurs animaux d'un même lot toussent, surtout après une période de pluie ou sur une parcelle humide.
Un animal souffle après quelques pas, reste en arrière du troupeau ou refuse de se coucher.
Un jetage épais ou jaunâtre apparaît, avec de la fièvre.
Les agneaux ne grandissent plus alors que l'alimentation est correcte.
Un animal respire vite, la bouche ouverte ou le cou tendu : c'est une urgence.
La toux revient dès l'arrêt d'un traitement antibiotique : il faut chercher une cause parasitaire.
Un animal meurt après quelques jours de toux : demandez un examen, il oriente la conduite pour tout le lot.
Pronostic
Les animaux traités tôt, avant l'installation d'une surinfection, récupèrent bien et reprennent leur croissance.
Les formes avancées, avec bronchopneumonie et détresse respiratoire, gardent un pronostic réservé, et certains survivants conservent des séquelles pulmonaires définitives.
À l'échelle du troupeau, tout dépend de la gestion du pâturage : sans changement sur les parcelles humides, la maladie revient à chaque saison des pluies malgré les traitements.
Questions fréquentes
Mes moutons toussent, j'ai fait un antibiotique et cela recommence : pourquoi ?
Parce que l'antibiotique agit sur les bactéries qui se sont installées, pas sur les vers logés dans les bronches. Tant que les vers sont là, l'irritation continue et la toux revient. C'est la confusion la plus fréquente sur cette maladie : demandez au vétérinaire une recherche de vers pulmonaires.
L'analyse de crottes est revenue négative, est-ce que cela exclut les vers du poumon ?
Non. D'une part la recherche des larves pulmonaires demande une technique particulière qu'il faut demander explicitement au laboratoire. D'autre part, pendant la phase où les larves migrent vers les poumons, les vers ne pondent pas encore : l'analyse est alors négative alors que les animaux vont mal.
Est-ce que je peux attraper cette maladie en soignant mes moutons ?
Non. Ce ver pulmonaire est propre aux ruminants et ne se transmet pas à l'être humain. La contamination des animaux se fait uniquement en avalant les larves présentes sur l'herbe.
Faut-il traiter tout le lot ou seulement ceux qui toussent ?
Les animaux qui toussent ne sont que la partie visible : les autres du même lot ont pâturé la même parcelle. La décision de traiter le lot entier, une partie seulement, et à quel moment, se prend avec le vétérinaire en fonction des examens et de la saison.
Références
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
ANSES — Agence nationale de sécurité sanitaire (France)
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 août 2026
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